La réflexion sur la rémunération des mères porteuses est nécessaire, selon Trudeau

Les femmes ministres du cabinet de Justin Trudeau sont elles-mêmes partagées.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Les femmes ministres du cabinet de Justin Trudeau sont elles-mêmes partagées.

Justin Trudeau veut débattre de la rémunération des mères porteuses au Canada. Son cabinet a beau être divisé sur la question, des groupes féministes ont beau se dire fort préoccupés, le premier ministre, lui, estime qu’une réflexion sur le sujet est inévitable.

« C’est un enjeu qui est extrêmement important et qui touche plusieurs familles — que ce soit des familles avec des problèmes de fertilité […] des couples de même sexe […] différentes situations. Je pense que c’est une réflexion que nous devons avoir en tant que société », a tranché M. Trudeau mercredi, en reconnaissant que les discussions allaient « certainement susciter de grandes émotions et de fortes opinions ».

Le député libéral de Montréal Anthony Housefather annonçait, la semaine dernière, qu’il déposera sous peu un projet de loi pour légaliser la rétribution des mères porteuses et des donneurs de sperme ou d’ovules.

Ce n’est pas une situation facile. C’est une situation complexe. Mais c’est quelque chose sur lequel il va falloir qu’on se penche.

 

Depuis, des groupes féministes se sont inquiétés que la rémunération de mères porteuses ne conduise à la marchandisation du corps des femmes et que la pratique place les plus vulnérables d’entre elles en position de soumission.

« C’est justement au coeur des discussions et des réflexions que nous devons avoir en tant que société », a répliqué le premier ministre aux préoccupations des organisations féministes.

« Ce n’est pas une situation facile. C’est une situation complexe. Mais c’est quelque chose sur lequel il va falloir qu’on se penche », a-t-il argué.

Cabinet divisé

Les femmes ministres du cabinet de Justin Trudeau sont elles-mêmes partagées.

Si la ministre de la Condition féminine, Maryam Monsef, et celle des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, n’ont pas d’emblée rejeté l’idée du député Housefather, d’autres se sont montrées plus réticentes.

La ministre de l’Emploi, Patty Hajdu, et sa collègue au Développement international, Marie-Claude Bibeau, y voient une pente glissante qui pourrait fragiliser davantage les femmes vulnérables.

La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, s’est quant à elle dite « ouverte au principe », mardi, mais a noté du même souffle qu’il faudrait que « le tout soit bien encadré, qu’il n’y ait pas de dérapage ».

La rémunération des mères porteuses et des donneurs de gamètes est interdite au Canada depuis 2004, passible d’une peine de prison pouvant atteindre 10 ans et d’une amende maximale de 500 000 $.Si un couple veut avoir recours à une mère porteuse canadienne, il ne peut pas la payer et peut uniquement lui rembourser ses dépenses légitimes.

Les couples canadiens peuvent, sinon, passer par les États-Unis pour y trouver une mère porteuse ou un donneur de sperme ou d’ovules.

Le président du Conseil du trésor, Scott Brison, et son conjoint ont eu recours à une mère porteuse de Los Angeles pour concevoir leurs jumelles en 2014.