Langues officielles: le plan d’action prévoit 500 millions sur cinq ans

Le plan d’action sur les langues officielles jettera les bases d’une première stratégie nationale sur l’immigration francophone en milieu minoritaire.
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Le plan d’action sur les langues officielles jettera les bases d’une première stratégie nationale sur l’immigration francophone en milieu minoritaire.

Ottawa — Le plan d’action sur les langues officielles du gouvernement Trudeau prévoit 500 millions sur cinq ans. Environ les deux tiers de cette somme iront directement dans la poche des organismes dans les communautés de langue minoritaire.

Cet argent s’ajoute aux 2,2 milliards sur cinq ans qu’elles reçoivent déjà de façon permanente.

« C’est donc le plus gros investissement en langues officielles de notre histoire », a indiqué la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, mercredi en conférence de presse dans le gymnase de l’école Mauril-Bélanger à Ottawa, où étaient réunis des dizaines d’intervenants du milieu francophone.

Elle a dévoilé en compagnie du premier ministre Justin Trudeau son plan d’action 2018-2023, qui doit mettre fin à dix ans de stagnation financière pour les communautés de langue minoritaire. Le gouvernement Trudeau veut ainsi marquer le retour en force du fédéral comme défenseur des langues officielles.

« Ce n’est pas un secret que le français à l’extérieur du Québec a connu un recul dans les dernières années », a constaté M. Trudeau.

Trois piliers

Le plan de 53 pages donne dans le détail les montants qui seront versés pour le maintien des langues officielles. Il comprend trois piliers, soit le renforcement des communautés, un meilleur accès aux services en français et la promotion du bilinguisme.

Il prévoit notamment des sommes importantes pour la petite enfance et l’immigration francophone en milieu minoritaire, deux mesures qui visent à assurer la pérennité des communautés.

Le dernier budget fédéral prévoyait une enveloppe de 400 millions à compter de l’an prochain et 88,4 millions annuellement par la suite. La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) avait plutôt demandé 575 millions.

« Ça fait tellement longtemps qu’on n’a pas eu de nouvel investissement dans les programmes pour les communautés que, oui, je considère ça comme historique », a commenté le président de la FCFA, Jean Johnson, tout en affirmant qu’il demeurerait aux aguets pour s’assurer que l’argent sera réellement investi dans les communautés.

Le plan d’action sur les langues officielles jettera les bases d’une première stratégie nationale sur l’immigration francophone en milieu minoritaire, dont les détails seront dévoilés ultérieurement.

Ottawa veut augmenter à 4,4 % la proportion d’immigrants francophones à l’extérieur du Québec d’ici 2023. Il prévoit 40,8 millions sur cinq ans pour atteindre cette cible et s’assurer que les nouveaux arrivants peuvent obtenir les services d’intégration dont ils ont besoin en français.

Bilinguisme

Le gouvernement Trudeau espère que les anglophones hors Québec seront plus nombreux à parler français. Il s’est donné pour objectif de faire passer leur taux de bilinguisme de 6,8 à 9 % d’ici 2036.

Pour y parvenir, il consacrera 31,3 millions sur quatre ans à l’embauche de professeurs de français langue seconde et aux écoles d’immersion.

Les communautés anglophones du Québec ont aussi leur part du gâteau, particulièrement celles à l’extérieur de Montréal. Le gouvernement créera un nouveau fonds de 5,3 millions sur cinq ans qui leur sera destiné et qui servira à financer les services dont elles ont besoin.