Martine Ouellet menace de poursuivre l’émission «La joute»

Selon les informations obtenues auprès de six sources distinctes, le célèbre avocat Guy Bertrand a été retenu par Mme Ouellet pour contester certains commentaires des participants.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Selon les informations obtenues auprès de six sources distinctes, le célèbre avocat Guy Bertrand a été retenu par Mme Ouellet pour contester certains commentaires des participants.

Furieuse des propos qui ont été tenus à son endroit sur les ondes de TVA, la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, a envoyé une mise en demeure à l’émission La joute, a appris Le Devoir. Son avocat réclame une rétractation en ondes des quatre panélistes.

Selon les informations obtenues auprès de six sources distinctes, le célèbre avocat Guy Bertrand a été retenu par Mme Ouellet pour contester certains commentaires des participants, Bernard Drainville, Paul Larocque, Luc Lavoie et Caroline St-Hilaire. La mise en demeure stipulerait, indique-t-on en coulisses, que leurs propos ont fait de la peine à Mme Ouellet, ainsi qu’à sa mère.

Me Bertrand a donc sommé cette semaine les panélistes de l’émission vedette du réseau TVA de lire en ondes un texte de son propre cru qui consisterait en une rétractation, a précisé une source au Devoir.

Québecor n’a pas répondu aux questions du Devoir. Me Bertrand n’a pas non plus voulu faire de commentaires. « Comme nous sommes liés par le secret professionnel, vous comprendrez que nous ne ferons aucun commentaire pour le moment », a-t-il écrit au Devoir mercredi soir. Le bureau de Martine Ouellet n’a pas souhaité réagir.

L’émission visée par la mise en demeure est celle du 8 mars dernier, jour où la chef du Bloc québécois avait annoncé la tenue d’un référendum sur la mission du Bloc, alors que le parti était déchiré à la suite du départ de sept de ses dix députés.

« Martine Ouellet entourée de sa garde rapprochée, de sa garde républicaine », disait Paul Larocque en guise d’introduction au segment de huit minutes de l’émission. « Martine Ouellet s’inspire de René Lévesque avec un “Martine-rendum” pour aller consulter les membres du Bloc », ajoutait-il.

Son collègue Bernard Drainville disait pour sa part que la question du référendum « va être rédigée pour obtenir le résultat qu’elle souhaite. […] Le problème fondamental, c’est la chef. Le problème fondamental, c’est le leadership. Et elle passe à côté ».

Caroline St-Hilaire ajoutait quant à elle que la chef bloquiste était « en train d’inventer une façon de poser des questions sans jamais poser la question et se remettre en question. Et la base du leadership, c’est un peu d’humilité et oser poser les bonnes questions ».

Luc Lavoie concluait que c’était « tellement stupide comme question » que c’en était « absurde ». Tous les quatre pensaient plutôt que la chef du Bloc québécois devait se soumettre à un vote de confiance — ce qu’elle a décidé de faire cette semaine.

Jusqu’à présent, aucun des panélistes n’a formulé d’excuses en ondes.

Guy Bertrand est l’un des fondateurs du Parti québécois et il s’était présenté à sa chefferie en 1985. Il avait changé d’allégeance au lendemain du référendum perdu, mais a réintégré le giron souverainiste par la suite. Il a qualifié sa période fédéraliste de 1996 à 2002 de « grand dérapage ».