L’ingérence étrangère dans les élections est une menace bien réelle, dit Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau, lundi, à Ottawa
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau, lundi, à Ottawa

Ottawa — Le premier ministre Justin Trudeau affirme que le Canada doit faire preuve de vigilance concernant la protection de l’intégrité de ses systèmes électoraux face aux menaces d’ingérence étrangère.

Il a tenu ces propos en conférence de presse, mercredi, à Toronto, en réponse aux questions sur l’influence du président russe Vladimir Poutine, qui a été réélu cette semaine pour un mandat de six ans.

Dans ses critiques les plus virulentes à ce jour contre le président russe, M. Trudeau a affirmé que M. Poutine se devait de commencer à jouer un rôle plus positif dans le monde sur plusieurs fronts — ceux à l’égard de l’Ukraine et de la Syrie, mais aussi du rôle présumé de Moscou dans l’attaque chimique contre un ex-espion russe au Royaume-Uni il y a deux semaines.

M. Trudeau a déclaré mercredi que l’usage massif des réseaux sociaux et l’ingérence d’acteurs étrangers constituaient la nouvelle réalité des élections.

Plusieurs avertissements ont été lancés récemment quant à une possible ingérence russe dans les élections fédérales de 2019 au Canada, notamment de la part de diplomates d’Europe de l’Est à Ottawa et d’un chercheur principal de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Le premier ministre a rappelé qu’il avait mandaté la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, de renforcer le système électoral canadien contre l’ingérence étrangère.

« Nous nous sommes grandement attardés au cours des dernières années au renforcement de nos institutions démocratiques […] pour reconnaître le nouvel environnement dans lequel nous tiendrons désormais les élections démocratiques, qui impliquent souvent un usage massif des médias sociaux, et le risque d’ingérence étrangère », a dit M. Trudeau.

« Nous devons nous assurer qu’elles sont maintenues à jour pour contrer l’ingérence étrangère », a-t-il poursuivi.

M. Trudeau a affirmé que le président Poutine se devait de changer son comportement.

« Que ce soit en reculant dans son engagement dans la Donbass ou en se retirant de la Crimée, ou en prenant la responsabilité pour des questions — les questions importantes que le Royaume-Uni a posées à la suite de l’incident du terrible empoisonnement il y a quelques semaines à Salisbury, ou celles autour de l’OTAN, de la Syrie, de l’Arctique », a affirmé le premier ministre.

La Chambre des communes a adopté à l’unanimité une motion cette semaine attribuant à la Russie la responsabilité d’une attaque au gaz innervant au Royaume-Uni, qualifiée d’odieuse.