Canada Carbon veut rétablir le dialogue avec les citoyens de Grenville-sur-la-Rouge

La minière réclame pas moins de 96 millions de dollars à la municipalité des Laurentides, un montant qui équivaut aux «profits» liés à une éventuelle réalisation de son projet. 
Photo: Wikimedia Commons La minière réclame pas moins de 96 millions de dollars à la municipalité des Laurentides, un montant qui équivaut aux «profits» liés à une éventuelle réalisation de son projet. 

La minière Canada Carbon, qui a lancé une action en justice contre Grenville-sur-la-Rouge, dit vouloir avant tout « rétablir le dialogue » avec les citoyens de la municipalité, qui ont élu l’an dernier un conseil municipal qui s’est opposé au projet de mine à ciel ouvert sur son territoire.

Concrètement, l’entreprise de Vancouver espère « rétablir le dialogue avec les résidants de Grenville-sur-la-Rouge, parce que le dialogue qui avait été lancé en 2017 a été stoppé au lendemain de l’élection du nouveau conseil municipal. Nous n’avons plus accès aux citoyens, que nous avions rencontrés lors de portes ouvertes », a expliqué mardi au Devoir le consultant Pierre Bouchard, qui vient d’être embauché par la minière.

Dans des documents soumis à la Cour supérieure, Canada Carbon affirme que le conseil municipal, qui a modifié le règlement de zonage en décembre dernier, a alors adopté une résolution « abusive » et « illégale » destinée à « bloquer son projet de mine ».

La minière réclame pas moins de 96 millions de dollars à la municipalité des Laurentides, un montant qui équivaut aux « profits » liés à une éventuelle réalisation du projet.

 

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Mais au-delà du montant réclamé, M. Bouchard a fait valoir que l’entreprise souhaite d’abord pouvoir poursuivre le développement de son projet. La minière veut donc que la Cour reconnaisse que l’ancien conseil municipal avait appuyé formellement le projet et qu’elle annule le changement de zonage voté par le conseil municipal, en faisant valoir que la résolution contient des « erreurs factuelles ».

Rencontre à Québec

Si les tribunaux lui donnent raison, la minière pourrait laisser tomber la réclamation de 96 millions en « dommages-intérêts ».

Canada Carbon voudrait alors « relancer le processus d’acceptabilité sociale », notamment en tenant des consultations auprès des citoyens. « Comment voulez-vous que les citoyens prennent une décision libre et éclairée s’ils ont juste une version des faits, qui est fausse par ailleurs ? » a demandé M. Bouchard.

« Ce n’est pas une histoire de comment une grande société minière se fraye un chemin dans une communauté qui n’en veut pas. Il s’agit plutôt d’une petite société minière proposant un petit projet minier ayant l’impact environnemental le plus bénin possible », a par ailleurs fait valoir l’entreprise dans une déclaration écrite.

Le conseil municipal de Grenville-sur-la-Rouge estime au contraire que la mine aura un impact nuisible sur le paysage de la région, en plus de menacer les ressources en eau potable et les infrastructures de la municipalité.

Le projet de mine, qui serait en exploitation pendant 10 à 15 ans, ne sera pas soumis à un examen du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement.

Le Devoir a par ailleurs appris que son maire, Tom Arnold, ira à Québec ce mercredi afin de rencontrer le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau. Le cabinet du ministre n’a toutefois pas donné de détails sur la teneur de cette rencontre.