Le Bloc québécois doit se fier à ses membres, selon l’ancien ministre Gilbert Paquette

Gilbert Paquette a notamment été le président des Organisations unies pour l’indépendance et a appartenu au cabinet du défunt premier ministre René Lévesque.
Photo: Denis Chalifour Gilbert Paquette a notamment été le président des Organisations unies pour l’indépendance et a appartenu au cabinet du défunt premier ministre René Lévesque.

Un personnage bien connu au sein du mouvement souverainiste espère que l’actuelle crise au sein du Bloc québécois pourra être dénouée grâce à la tenue d’un éventuel référendum.

Gilbert Paquette, qui a notamment été le président des Organisations unies pour l’indépendance et qui a appartenu au cabinet du défunt premier ministre René Lévesque, estime qu’il est crucial pour cette formation politique de « retourner aux membres » pour pouvoir dénouer l’impasse.

Il ajoute que, de tout temps, la famille souverainiste a été scindée en deux grandes factions principales. De part et d’autre de la ligne de faille, il y a, rappelle M. Paquette, des « indépendantistes un peu plus attentistes et d’autres qui sont volontaristes ».

Il précise que ces derniers « veulent faire une promotion active et positive » de la souveraineté à l’instar de la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet. Or, selon Gilbert Paquette, il serait temps de déterminer si la plupart des bloquistes se rangent dans le même camp que leur leader.

« Dans le fond, ce qu’il faut demander aux membres c’est : êtes-vous d’accord pour que Mme Ouellet continue avec son orientation actuelle ? » résume-t-il. Il juge qu’il est urgent pour eux de répondre à une pareille question, car la bisbille au sein du Bloc québécois ne peut certes pas s’éterniser.

« Je pense qu’elle a des impacts négatifs sur l’ensemble du mouvement indépendantiste actuellement. Elle a aussi un effet énorme sur les appuis au Bloc québécois […]. Il faut vraiment corriger ça le plus rapidement possible », soutient M. Paquette.

Il martèle que si les membres de la seule formation souverainiste à Ottawa parviennent à s’entendre sur la mission première du parti, « le reste devrait débouler ». « Tout le monde sera capable de placer l’intérêt du Québec et celui du mouvement indépendantiste au-dessus des chicanes personnelles ou des modes de fonctionnement inadéquats, si on se met d’accord sur le rôle du Bloc », conclut-il, optimiste.

Vers un creux historique

Par ailleurs, la dissension au sein du Bloc québécois risque de faire disparaître le parti, selon un sondage Léger-Le Journal de Montréal publié samedi.

Si des élections se tenaient aujourd’hui, le Bloc obtiendrait à peine 12 % des votes au Québec, un creux historique pour la formation politique dirigée par Martine Ouellet. Un peu plus de la moitié des électeurs, 52 %, estiment que Mme Ouellet devrait démissionner comme chef, contre 15 % qui ne le souhaitent pas. Le tiers des répondants n’ont pas d’opinion.

Chez les partisans du Bloc, 37 % croient qu’elle devrait rester en poste, contre 36 % qui voudraient qu’elle quitte le parti.

Par ailleurs, le Parti libéral et le Parti conservateur seraient maintenant à égalité en tête, au pays, avec 38 % des intentions de vote, contre 14 % au Nouveau Parti démocratique.

Le récent voyage du premier ministre Justin Trudeau en Inde n’est pas étranger à cette baisse des libéraux, puisque 66 % des Canadiens l’ont vu comme un échec.

Le sondage a été réalisé du 5 au 8 mars auprès de 1536 Canadiens.