Mulcair prépare son départ… discrètement

Thomas Mulcair quittera officiellement ses fonctions «cet été» — la date n’est pas précisée —, après quoi il gagnera ses nouveaux bureaux à l’Université de Montréal.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Thomas Mulcair quittera officiellement ses fonctions «cet été» — la date n’est pas précisée —, après quoi il gagnera ses nouveaux bureaux à l’Université de Montréal.

Que fait Thomas Mulcair sur ses derniers milles en politique fédéral ? Il siège peu à la Chambre des communes, réalise des missions internationales avec d’autres députés et prépare sa sortie de piste en réglant des dossiers locaux.

Depuis que Jagmeet Singh a été élu chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), le 1er octobre 2017, Thomas Mulcair s’est fait on ne peut plus discret à Ottawa. Il n’a été présent en Chambre que pour 17 des 102 votes tenus à la Chambre des communes (soit 6 journées de vote), selon les registres du Parlement.

En comparaison, l’ancien premier ministre conservateur Stephen Harper avait participé à près de 80 % des votes tenus entre l’élection des libéraux, en octobre 2015, et son départ de la vie politique, à la fin août 2016. M. Harper avait été toutefois globalement quasi invisible sur la colline, participant aux votes, mais s’éclipsant de la Chambre par une porte qui donne sur un corridor dérobé.

Quand Stéphane Dion a quitté la chefferie du Parti libéral du Canada, en décembre 2008, il avait pour sa part simplement — et discrètement — repris son travail de député. Il est revenu aux avant-postes quand Justin Trudeau en a fait son ministre des Affaires étrangères, poste qu’il a occupé jusqu’en janvier 2017.

« Il fallait laisser la nouvelle équipe bien asseoir sa présence, sa vision et son autorité », justifie Thomas Mulcair, rencontré vendredi à son bureau de circonscription.

« Depuis la fin octobre, j’ai pu faire une partie de mon travail que je n’avais jamais pu faire auparavant : les missions internationales de la Chambre, dit celui qui est député depuis 2007. J’en ai fait plusieurs, je repars bientôt. Je continue de contribuer comme je peux, et je suis actif dans le comté. »

Professeur

M. Mulcair quittera officiellement ses fonctions « cet été » — la date n’est pas précisée —, après quoi il gagnera ses nouveaux bureaux à l’Université de Montréal. Il enseignera dans un programme de maîtrise en environnement et développement durable, de même qu’à la maîtrise en affaires publiques et internationales.

À quelques mois de la fin d’une carrière politique de plus de 20 ans, Thomas Mulcair se dit parfaitement serein… notamment parce qu’il a eu le temps d’encaisser la gifle que lui ont infligée les militants néodémocrates en avril 2016. Réunis en congrès national, 52 % des militants avaient alors demandé que le parti tienne une course à la direction. Élu chef en 2012, M. Mulcair a assuré l’intérim jusqu’à l’élection de Jagmeet Singh.

« Dans mon cas, c’est un peu plus facile [de partir] parce que j’ai eu un temps de transition, confiait Thomas Mulcair vendredi. Je suis en train de tout régler pour que la personne qui sera [dans ce bureau] puisse continuer à offrir un bon service. J’ai beaucoup plus de chance que quelqu’un pour qui la décision est prise par l’électorat… »

Le futur professeur ne restera d’ailleurs pas si loin de la politique : il indique avoir accepté des offres de médias pour commenter la politique provinciale québécoise et fédérale.