Le Canada ne peut être exempté des tarifs

Selon le responsable du commerce à la Maison-Blanche, Peter Navarro, établir une exception pour un pays créerait une pente glissante. 
Photo: Andrew Harnik Associated Press Selon le responsable du commerce à la Maison-Blanche, Peter Navarro, établir une exception pour un pays créerait une pente glissante. 

Si les Canadiens espèrent encore être épargnés par les tarifs aux États-Unis, ils pourraient être déçus.

Un responsable à la Maison-Blanche a affirmé aux émissions d’affaires publiques à la télévision, dimanche, que le président Donald Trump a fait son nid : les tarifs sur l’aluminium et l’acier s’appliqueront à tous les pays, y compris le principal fournisseur des deux produits aux États-Unis : le Canada.

Le responsable du commerce à la Maison-Blanche, Peter Navarro, a affirmé qu’établir une exception pour un pays créerait une pente glissante, les autres pays réclamant le même traitement que celui qui serait réservé au Canada.

« Ce n’est pas sa décision », a dit M. Navarro, questionné sur Fox sur la possible exclusion d’un pays des mesures punitives.

« Dès l’instant où il exempte un pays, son téléphone commence à sonner avec des appels d’autres chefs d’État ou de gouvernement », a-t-il poursuivi.

Le haut responsable a ajouté plus de détails en entrevue à CNN : « Le Canada compte pour 40 % du marché [américain de l’aluminium]. Si vous exemptez le Canada, alors vous devez imposer de gros, gros tarifs à tout le reste du monde. Il s’agit ainsi d’une approche ciblée, équilibrée. »

Le haut responsable a cependant laissé une note d’espoir pour le Canada : même si aucun pays ne sera exclu, certains secteurs clés pourraient l’être. Des inquiétudes émanent notamment du secteur automobile au Canada, et des impacts possibles sur les allers et retours transfrontaliers de composantes des véhicules.

« Il y a une différence entre les exemptions et l’exclusion d’un pays », a dit M. Navarro à CNN.

Le Canada doit se retirer

Dans ce contexte, le Canada doit tout simplement quitter la table de renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain, estime le directeur québécois d’Unifor, Renaud Gagné, dont le syndicat représente des travailleurs des secteurs de l’automobile, de l’aluminium et de l’acier.

« Depuis le début des négociations, nous sommes attaqués dans le bois d’oeuvre, dans l’aéronautique; maintenant, nous sommes attaqués dans l’acier et l’aluminium […] il faut faire un coup d’éclat », a dit M. Gagné.