1,3 milliard pour «protéger la biodiversité» et les espèces en péril

Le parc national de Banff, en Alberta. Le gouvernement fédéral s’engage à protéger au moins 17 % du territoire canadien d’ici 2020, alors que ce taux atteint présentement 10,6 %.
Photo: Robyn Beck Agence France-Presse Le parc national de Banff, en Alberta. Le gouvernement fédéral s’engage à protéger au moins 17 % du territoire canadien d’ici 2020, alors que ce taux atteint présentement 10,6 %.

Le gouvernement fédéral promet de mieux protéger les milieux naturels, mais aussi les espèces menacées, et ce, en injectant plusieurs centaines de millions de dollars dans le cadre du budget présenté mardi.

Globalement, Ottawa a prévu une enveloppe totalisant 1,3 milliard de dollars sur cinq ans. Ces investissements doivent servir à « augmenter la capacité » de protéger les espèces en péril, « élargir les nouvelles réserves nationales de faune » et bonifier la capacité de « gestion » des aires protégées, dont les parcs nationaux.

Le gouvernement promet également d’optimiser la mise en oeuvre de la Loi sur les espèces en péril, qui accuse depuis plusieurs années des retards majeurs en ce qui a trait à l’implantation des mesures de protection des espèces menacées.

Territoire protégé

Le fédéral s’engage en outre à protéger au moins 17 % du territoire canadien d’ici 2020, alors que ce taux atteint présentement 10,6 %. Pour y parvenir, le budget du ministre des Finances, Bill Morneau, annonce que le gouvernement travaillera à la mise en place d’un nouveau « Fonds de la nature » d’un milliard de dollars, mais financé à hauteur de 500 millions de dollars par Ottawa. Le reste du financement doit provenir d’entreprises, d’organismes à but non lucratif, des provinces et des territoires, selon des modalités qui restent à préciser.

En matière de protection de la « vie marine », le fédéral reconnaît que les baleines sont par ailleurs « essentielles à la santé des écosystèmes », en plus d’être un élément « important » de l’industrie touristique.

Le gouvernement déboursera donc 167,4 millions de dollars sur cinq ans afin de financer des travaux de recherche sur les risques auxquels sont exposés ces animaux, mais aussi des mesures de protection. Le budget mentionne notamment les cas du béluga du Saint-Laurent, mais aussi la baleine noire de l’Atlantique Nord.

Le budget 2018 confirme en outre qu’un milliard de dollars sera injecté dans le nouveau système fédéral d’évaluation environnementale des projets industriels, qui doit remplacer l’Agence canadienne d’évaluation environnementale et l’Office national de l’énergie.

Budget salué

Des groupes environnementaux ont accueilli positivement mardi les investissements prévus en protection des milieux naturels. La Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) a salué l’octroi de 1,3 milliard de dollars pour la conservation, jugeant que cela représente un investissement « majeur » pour la création de nouveaux parcs nationaux et le rétablissement des espèces en péril. Même son de cloche du côté de la Fondation David Suzuki

« L’investissement historique annoncé aujourd’hui est un véritable tournant pour la conservation de la nature au Canada et il envoie un signal fort quant à la détermination du gouvernement fédéral à atteindre les cibles internationales de 2020, a aussi commenté Alain Branchaud, biologiste et directeur général de la SNAP Québec. Quelle belle occasion pour le Québec d’insuffler un nouvel élan dans ses efforts pour atteindre lui aussi 17 % d’aires protégées sur son territoire. »

Même si le gouvernement du Québec a prévu de protéger 17 % de son territoire d’ici 2020, ce taux atteint présentement 9,4 %. Qui plus est, M. Branchaud estime que les fonds prévus par Ottawa pourraient permettre d’accélérer la protection des écosystèmes du Saint-Laurent, notamment avec la création de la zone de protection marine du banc des Américains, au large de la Gaspésie.

Lacunes

Équiterre a pour sa part déploré l’absence de mesures budgétaires pour réduire le soutien financier fédéral à la production d’énergies fossiles, un engagement auprès du G20 datant de 2009.

« Notons que la plupart des pays du G7 ont déjà amorcé ou complété une revue de leurs subventions aux énergies fossiles. Le Canada, quant à lui, tarde toujours à publier la liste des subventions existantes et la feuille de route pour les éliminer d’ici 2025 », a souligné le groupe écologiste, dans son communiqué.

Équiterre a également déploré l’absence de financement pour la mise en oeuvre de « nouvelles mesures pour accélérer l’adoption des véhicules zéro émissions » au Canada. Le gouvernement Trudeau a promis l’an dernier la mise en oeuvre d’une stratégie nationale sur l’électrification des transports, le deuxième secteur en importance au pays en ce qui a trait aux émissions de gaz à effet de serre.