La Russie risque d’interférer dans les prochaines élections canadiennes

Janis Sarts, spécialiste de l’OTAN, prévient que la Russie essaiera probablement d’interférer dans les élections canadiennes en 2019.
Photo: Win McNamee Getty Images Agence France-Presse Janis Sarts, spécialiste de l’OTAN, prévient que la Russie essaiera probablement d’interférer dans les élections canadiennes en 2019.

Un spécialiste de l’OTAN prévient que la Russie essaiera probablement d’interférer dans les élections canadiennes en 2019 afin de déstabiliser l’alliance militaire, ce qui servirait les intérêts du Kremlin.

Les allégations d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine de 2016, en plus des tentatives présumées de Moscou de se mêler des scrutins en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en République tchèque, font du Canada une cible tout à fait logique, a estimé en entrevue Janis Sarts, directeur de l’organisme NATO Strategic Communications Centre of Excellence, établi en Lettonie.

La Russie s’intéresse au Canada, car sa déstabilisation « viendrait miner la cohésion » de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), et plus encore miner les politiques canadiennes en Europe, a-t-il expliqué.

Le gouvernement fédéral a demandé à la ministre des Institutions démocratiques, Karina Gould, de veiller à l’intégrité du scrutin. La porte-parole de Mme Gould, Jordan Owens, a précisé que le gouvernement canadien souhaite « une plus grande transparence » dans le financement des partis politiques, les collectes de fonds et la publicité électorale.

Ottawa aimerait aussi que les géants des réseaux sociaux « s’attaquent au problème de l’interférence étrangère dans les élections ». Le cas américain vient à l’esprit. « [Les entreprises] ont fait certains gestes, mais il faut en faire plus », a soutenu Mme Owens.

Relations déjà tendues

Les relations entre le Canada et la Russie sont actuellement à leur plus bas : le Canada commande un groupement tactique de l’OTAN en Lettonie, dans le cadre du contingent destiné à faire front devant l’annexion par Moscou de la Crimée et l’instabilité persistante dans l’est de ce pays.

Mais il existe un secteur où le Canada et la Russie s’entendent mieux qu’auparavant : l’Arctique. Les conservateurs de Stephen Harper n’avaient pas aimé que Moscou plante le drapeau russe au fond des mers du pôle Nord en 2007. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau, lui, est d’accord avec le Kremlin pour que cette région fasse l’objet d’une coopération entre les deux pays.

Mais selon M. Sarts, cette soi-disant ouverture de Moscou doit être prise avec un grain de sel. « Écoutez ce qu’on raconte sur l’Arctique en Russie même : ils prétendent plutôt que cette région leur appartient. On n’entend pas beaucoup parler de coopération. »

Le Strategic Communications Centre of Excellence de l’OTAN a été créé en 2014 pour lutter contre la désinformation russe à la suite de l’annexion de la Crimée. Il s’agit de l’un des trois organismes de recherche de l’OTAN, séparés du commandement militaire, qui luttent contre la guerre électronique russe.

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