Les pipelines divisent encore la famille NPD

Le chef du NPD, Jagmeet Singh
Photo: Patrick Doyle La Presse canadienne Le chef du NPD, Jagmeet Singh

Le congrès bisannuel du Nouveau Parti démocratique qui s’ouvre demain à Ottawa sera une fois de plus le théâtre d’un affrontement entre les centristes et les éléments les plus à gauche de la formation à propos de l’exploitation pétrolière. L’aile jeunesse du parti exhorte les militants à rejeter tout nouveau projet de pipeline tandis que le chef Jagmeet Singh dit qu’il faut concilier l’environnement avec la protection des travailleurs.

Dans une lettre publiée dans Le Devoir en page A 7, les Jeunes Néodémocrates du Québec (JNDQ) écrivent qu’« une opposition formelle aux pipelines est une position nécessaire pour que le NPD affirme un leadership environnemental dont manquent cruellement le premier ministre actuel et [la ministre de l’Environnement] Catherine McKenna. Rappelons à quel point l’opposition floue du NPD sur l’oléoduc Énergie Est lui avait été dommageable en 2015, tout particulièrement au Québec ».

Au nombre des résolutions qui seront débattues en fin de semaine, il y en a deux (appuyées par 13 associations de circonscriptions) qui demandent de s’opposer à l’expansion du pipeline Trans Mountain et une qui demande qu’aucun nouveau pipeline ne soit construit (appuyée par six circonscriptions).

Le chef Jagmeet Singh n’est pas enclin à les appuyer. « Il faut défendre l’environnement, mais, en même temps, il faut défendre les travailleurs. Tous les néodémocrates savent qu’on peut faire les deux, qu’il faut faire les deux », a-t-il déclaré mercredi. Selon lui, un projet peut aller de l’avant s’il crée des emplois locaux, respecte les droits autochtones et n’entrave pas l’atteinte des cibles de réduction de gaz à effet de serre.

Les tiraillements internes au NPD à propos du pétrole ne sont pas nouveaux et ont été étalés au grand jour après l’élection d’un gouvernement néodémocrate en Alberta. Au dernier congrès du NPD tenu à Edmonton en 2016, les militants s’étaient divisés au sujet du manifeste Bond en avant, un document campé résolument à gauche préconisant la fin de l’exploitation des ressources pétrolières. Plusieurs résolutions débattues en fin de semaine proposent d’ailleurs d’appuyer l’esprit du manifeste.

Ces jours-ci, le projet d’expansion du pipeline Trans Mountain divise la famille orange. La première ministre albertaine, Rachel Notley, défend ce pipeline, nécessaire pour exporter la ressource extraite dans sa province, tandis que son voisin, le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan, s’y oppose. Ce dernier a annoncé une étude sur l’impact qu’une fuite aurait sur la côte, ce qui est perçu comme un moyen de retarder le projet. En guise de représailles, Mme Notley a décidé de fermer la frontière de sa province aux vins de la Colombie-Britannique.

Le chef fédéral Jagmeet Singh s’oppose à Trans Mountain, mais il ne veut pas s’immiscer dans le conflit familial, répétant que Mme Notley et M. Horgan font tous deux ce qu’ils avaient promis aux électeurs et que le problème est du côté de Justin Trudeau, qui n’a toujours pas modifié les règles d’évaluation environnementale de ces projets. Le projet de loi à cette fin a été déposé la semaine dernière.