Des propositions audacieuses au congrès du NPD

Le cahier de résolutions néodémocrates rendu public mardi contient pas moins de 398 propositions soumises par les militants.
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Le cahier de résolutions néodémocrates rendu public mardi contient pas moins de 398 propositions soumises par les militants.

Les idées soumises par les militants néodémocrates en vue de leur congrès s’ouvrant ce vendredi risquent de faire jaser. Certains proposent de rompre avec la monarchie britannique, d’autres de décriminaliser toutes les drogues, d’interdire les publicités télévisées de véhicules à essence et même d’imprimer de l’argent pour financer les infrastructures fédérales !

Le cahier de résolutions néodémocrates rendu public mardi contient pas moins de 398 propositions. Un très grand nombre d’entre elles perpétuent le credo traditionnel du NPD : établissement d’une assurance médicament, élargissement du système de santé pour inclure les soins dentaires et ceux en santé mentale, création de places en garderie abordables, réforme du mode de scrutin et lutte contre les paradis fiscaux.

D’autres résolutions, par contre, tranchent par leur nouveauté ou leur audace. Ainsi, les militants de Hull-Aylmer proposent qu’au décès d’Elizabeth II, le Canada rompe avec la monarchie et se dote d’un chef d’État qui soit citoyen canadien. Quelques autres résolutions en provenance du Québec plairont aux nationalistes québécois. Ainsi, on demande que le NPD reconnaisse comme une « erreur historique » le rapatriement de la Constitution sans l’accord du Québec, que le parti transfère au Québec l’ensemble des budgets fédéraux destinés aux artistes, qu’une déclaration de revenus unique gérée par le Québec soit instaurée, mais que cela n’entraîne aucune perte d’emploi à Revenu Canada.

La drogue est aussi au menu de ce congrès qui se tiendra jusqu’à dimanche à Ottawa. De la même manière que l’ont proposé les militants libéraux en vue de leur propre congrès en avril, les militants néodémocrates proposent que toutes les drogues soient décriminalisées afin de ne plus stigmatiser les personnes ayant un problème de dépendance. Dans la même veine, on propose d’augmenter le nombre de sites d’injection supervisée et d’effacer les dossiers judiciaires des personnes ayant été condamnées relativement au cannabis.

Des militants de Colombie-Britannique proposent d’interdire les publicités de voitures à essence à la télévision et, pour les autres médias, d’obliger l’ajout d’un avertissement à propos de la nocivité de ces véhicules pour la santé de la planète. Plusieurs résolutions proposent de détaxer les produits menstruels et de fournir gratuitement des moyens de contraception sur ordonnance. Une résolution propose pour sa part de hausser de 50 % les seuils d’immigration pour les porter à 450 000 entrées par année, une autre, de réduire la semaine de travail à 32 heures sans perte de salaire.

Prêts sans intérêt

Plusieurs résolutions mises en avant proposent que la Banque du Canada prête sans intérêt de l’argent aux gouvernements fédéral et provinciaux afin de financer les grands projets d’infrastructure. Ce mécanisme de création monétaire revient dans les faits à imprimer de l’argent. Les pays d’Amérique latine qui l’ont pratiqué ont souvent connu des épisodes d’hyperinflation. D’autres militants proposent qu’Ottawa crée une « banque d’État » dont le rôle serait notamment de « fournir des prêts, des lignes de crédit, des prêts à court terme et des cartes de crédit à tous les Canadiens qui n’ont pas fait faillite au cours des cinq dernières années ».

Le Devoir avait déjà fait état des résolutions proposées par le caucus socialiste du NPD, une nébuleuse de militants disséminés dans les instances du parti qui tentent de lui faire prendre un virage résolument à gauche. Certaines ont été retenues par les militants, dont la hausse du salaire minimum à 20 $ l’heure et la nationalisation de l’industrie des télécommunications.

Les 398 résolutions ne seront pas nécessairement ajoutées au programme néodémocrate. Les militants choisiront celles qui leur apparaissent prioritaires et en débattront en fin de semaine.

La question israélienne occupera beaucoup les militants, treize résolutions portant sur ce sujet. Il est proposé de reconnaître l’État de Palestine, de boycotter Israël, d’appuyer les actions de défi du blocus de Gaza, de demander à Israël de mettre fin aux colonies et de surveiller le traitement par Israël des prisonniers palestiniens mineurs.