Emplois d’été et droit à l’avortement: un député conservateur résiste

Alain Rayes, député de Richmond-Arthabaska et lieutenant québécois du chef conservateur Andrew Scheer, en octobre dernier
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Alain Rayes, député de Richmond-Arthabaska et lieutenant québécois du chef conservateur Andrew Scheer, en octobre dernier

Ottawa — Le gouvernement libéral de Justin Trudeau refusera les subventions pour les emplois d’été aux organismes qui s’en servent pour lutter contre le droit à l’avortement. Mais un député conservateur croit qu’il pourra contourner l’interdiction.

Alain Rayes, député de Richmond-Arthabaska et lieutenant québécois du chef conservateur, dit qu’il a reçu déjà deux plaintes dans son comté.

« Pas nécessairement des églises. Il y en a une qui est une fabrique qui engage des étudiants pour le travail d’été », a expliqué le député à son arrivée à la réunion du caucus du mercredi matin.

« Les pensées de notre premier ministre ne devraient pas teinter la Charte des droits et libertés au Canada », a critiqué le député conservateur.

M. Rayes dénonce donc la décision du gouvernement et promet d’y voir.

« Moi, de mon côté, à titre personnel, je ne tiendrai pas compte de cette question-là dans la sélection qu’on fera. […] Le mot d’ordre final appartient au député dans la sélection des [subventions aux] emplois d’été », a-t-il assuré.

« C’est une affirmation fausse », a rétorqué la ministre du Travail, Patty Hajdu.

Ce sont les fonctionnaires fédéraux qui soumettent une liste d’organismes à subventionner aux élus et sur cette liste, la ministre Hajdu y tient, il n’y aura pas de groupes qui luttent contre le droit à l’avortement. Le député, selon la ministre, n’a pas le pouvoir qu’il s’imagine avoir.

« Moi je vais laisser les choses aller », a pour sa part indiqué le député conservateur Gérard Deltell malgré son malaise avec l’imposition de cette « vision libérale ». Il dit n’avoir reçu aucune plainte dans sa circonscription.

Des groupes chrétiens se mobilisent

« Nous allons nous battre jusqu’en Cour suprême », a promis le président du Canada Christian College, Charles McVety, lors d’une conférence de presse mercredi.

Il estime que l’exclusion des groupes pro-vie du programme d’emplois d’été contrevient au droit à l’égalité inscrit dans la Charte canadienne des droits et libertés.

La Cour fédérale vient de rejeter une demande d’injonction de l’association Right to Life de Toronto. Le groupe pro-vie demandait que la nouvelle mesure d’exclusion soit suspendue.