L'ancien chef de La Meute réplique aux propos de Trudeau

Sylvain « Maïkan » Brouillette, lors d'une déclaration publique en marge du rassemblement de La Meute du 20 août dernier
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Sylvain « Maïkan » Brouillette, lors d'une déclaration publique en marge du rassemblement de La Meute du 20 août dernier

Les propos tenus lundi soir à Québec par Justin Trudeau font tiquer La Meute. Le premier ministre, qui a traité les membres du groupe nationaliste identitaire de « nonos », a été copieusement insulté par l’un des adhérents de premier plan de l’organisation, mardi.

Le premier ministre n’a pas manifesté de regret d’avoir déclenché l’escalade verbale qui se lit dans un message publié sur la page Facebook publique du regroupement par Sylvain « Maïkan » Brouillette, qui taxe Justin Trudeau — sans le nommer — de « trou de cul ».

Le membre du groupe aux positions proches de l’extrême droite a affublé le chef libéral de cette épithète sous prétexte qu’il « a fait des associations et des amalgames révoltants » entre La Meute et le drame de la mosquée de Québec survenu le 29 janvier 2017.

Dans le discours qu’il a livré dans la Vieille Capitale lors de la cérémonie de commémoration de l’attentat qui a fait six victimes, Justin Trudeau a pesté contre les « racistes », ces « nonos qui se promènent avec les pattes de chiens sur le t-shirt ».

C’est ce qui lui a valu la réplique de Sylvain « Maïkan » Brouillette — qui, selon ce que rapportait Vice News en décembre dernier, a abandonné son poste de chef de bande pour redevenir simple membre de La Meute. Il a été impossible de déterminer quelle est sa position hiérarchique actuelle.

« Un nono c’est quelqu’un qui voit une patte de chien au lieu de voir l’emblème du Québec surmonté de ses valeurs de démocratie, de làïcité (sic), de liberté et d’égalité », écrit-il dans sa tirade coiffée du titre « C’est quoi un nono ? ».

« Celui qui fait des associations et des amalgames révoltants entre la Meute et le drame de la grande mosquée de Québec est non seulement un nono, mais un trou de cul », peut-on lire sur la page Facebook qui compte près de 17 000 abonnés.

L’auteur du message soutient également qu’« un nono ce n’est pas quelqu’un qui s’affirme pour défendre ses valeurs », mais bien « quelqu’un qui acceuille (sic) en héro (sic) dans son bureau un criminel comme Joshua Boyle ».

Il fait référence à l’audience qu’a accordée Justin Trudeau dans son bureau du parlement à l’ancien otage des talibans en Afghanistan qui a été rapatrié au Canada en octobre dernier, et qui est depuis sous le coup de multiples accusations criminelles.

Il réserve aussi dans cette publication quelques mots à l’intention de Philippe Couillard. Sans le nommer, il accuse le premier ministre du Québec d’être un « nono » — dans son cas, pour avoir comparé « la colonisation du Canada avec l’immigration moderne ».

Dans son allocution devant la foule réunie pour souligner le premier anniversaire de la tragédie, le premier ministre québécois s’est demandé pourquoi certains citoyens se sentaient plus Québécois que d’autres alors que leurs ancêtres sont aussi des immigrants.

« On est tous venus d’ailleurs rejoindre les Premières Nations, il n’y a que la date qui change. Et cette date ne détermine pas notre niveau de citoyenneté », a fait valoir Philippe Couillard, lundi soir, à Québec.

Trudeau ne regrette pas

Du côté d’Ottawa, Justin Trudeau n’a exprimé mardi aucun regret d’avoir eu recours au terme « nonos ». En marge d’une annonce, il a au contraire promis qu’il serait « toujours là pour dénoncer ceux qui ne sont pas en train de bâtir une société meilleure et plus ouverte à tous ».

Il a argué qu’il y avait « encore des gens intolérants à l’intérieur de notre société », et qu’il en allait de sa « responsabilité » comme premier ministre de « dire clairement quand des propos sont haineux, quand des déclarations ou des gestes sont inacceptables dans cette société ».

Le député conservateur Pierre Paul-Hus ne partage pas cette lecture ; selon lui, de tels propos sont indignes de la fonction qu’occupe Justin Trudeau. « Traiter ces gens-là de nonos, je trouve que ce n’est pas des mots qui devraient sortir de la bouche d’un premier ministre », a-t-il dit.

38 commentaires
  • Solange Bolduc - Inscrite 30 janvier 2018 12 h 15

    Aussi «Nono» les propos de Justin trudeau ?

    Je ne sais pas si Justin Trudeau est aussi «nono» que les gens de la Meute qu'il accuse de l'être, mais chose certaine, il est un «répéteur» sans classe, sans queue ni tête ! N.étais pas l'endroit pour attaquer des Québécois de souche qui défendent leur identité!

    Trudeau, un inconscient, met de l'huile sur le feu, tout le contraire de ce qu'il dit faire: combattre la haine ...????

    Un PM plus qu'offensant...bébêtes ses propos révoltant pour quicomnque a un peu de respect pour son voisin, d'où qu'il vienne, qui qu'il soit!

    • Dominique Vadeboncoeur - Inscrit 30 janvier 2018 15 h 10

      Trudeau: Une extensiosn de Jaggi Singh. Même discours haineux sous de faux prétextes antiracistes.

    • Guy O'Bomsawin - Abonné 30 janvier 2018 16 h 42

      Clair que mini-PET a aussi honte d'être Québécois que l'était son père. Abjecte histoire de famille.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 janvier 2018 17 h 16

      Bien d’accord avec vous Mme Bolduc.

      « On sait c’est qui les racistes, c'est l'autre, c'est les nonos qui se promènent avec des pattes de chien sur le t-shirt. » Justin Trudeau

      Est-ce que ce n’est pas un peu « nono » de croire dans les amis imaginaires? Alors, qui est le plus « nono »? Celui qui se promène avec un t-shirt avec les pattes de chiens ou bien celui qui se prosterne par terre en invoquant des amis extraterrestres de l’espace sidéral?

      C’est « ben » pour dire.

    • Pierre Desautels - Abonné 30 janvier 2018 22 h 20


      Les "nonos" de la Meute ne sont pas contents. Est-ce grave, docteur?

    • Serge Pelletier - Abonné 31 janvier 2018 06 h 19

      Il voulait faire des plaisirs à sa gang de Toronto...

    • Michel Thériault - Inscrit 31 janvier 2018 07 h 19

      Monsieur Dionne, en plein dans le mille !

  • Raynald Rouette - Abonné 30 janvier 2018 12 h 44

    Les Québécois sont frileux mais pas niaiseux


    Ils savent très bien qui les a trompés en 1982...

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 30 janvier 2018 13 h 02

    Visiblement le 1er ministre canadien

    ne sera jamais bien fort en rien."Que voulez-vous"disait un de ses admirateurs et en quelque sorte un de ses parrains.

    • Solange Bolduc - Inscrite 30 janvier 2018 16 h 56

      M. Grisé, vous vous trompez! Trudeau est très fort en quelque chose: les «selfies ambulatoires», faute d'avoir une personnalité propre, ne répétant que son pauvre père !

      C'est dire comme il est fort en peu de chose !

  • Gilles Théberge - Abonné 30 janvier 2018 13 h 03

    C’est assez juste de le traiter de trou de cul.

    En effet on ne peut pas dire qu’il a un grand sens de discernement, lui qui accueille joshua Boyle dans son bureau, et qui prend des selfies avec lui...

  • Marie Nobert - Abonnée 30 janvier 2018 13 h 16

    Il n'a pas dit «Nonos». Il a dit : «no no», «no-no», toutes graphies et acceptions confondues?!

    Misère. Euh! Heu! Au choix du «chef». Il a été élevé en «B.-C.», pas à B.-C. (ouille!)
    Il est là, le problème. Le cannabis a toujours frappé plus fort du côté pacifique. Bref.

    JHS Baril