Rencontre en catimini entre Trudeau et Nétanyahou à Davos

Les rencontres bilatérales du premier ministre à Davos sont précédées de séances photo auxquelles participent quelques journalistes, mais cela ne fut pas possible avant l’entretien Trudeau-Nétanyahou.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les rencontres bilatérales du premier ministre à Davos sont précédées de séances photo auxquelles participent quelques journalistes, mais cela ne fut pas possible avant l’entretien Trudeau-Nétanyahou.

Après s’être abstenu de voter sur une résolution concernant Jérusalem aux Nations unies, le gouvernement libéral s’est abstenu de mentionner aux médias qui accompagnent le premier ministre Justin Trudeau en Suisse que celui-ci avait eu une rencontre bilatérale avec le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou.

Le bureau du premier ministre canadien, qui a nié avoir voulu garder la rencontre secrète, a envoyé tôt mercredi matin un courriel aux médias qui couvrent le Forum économique mondial à Davos pour annoncer qu’une rencontre organisée à la « dernière minute » avait eu lieu entre les deux hommes.

Le premier ministre Trudeau et le premier ministre Nétanyahou ont discuté des liens économiques entre leurs pays

Or, la tenue de l’entretien avait été rapportée plusieurs heures auparavant dans les médias israéliens.

Et en matinée, une attachée du bureau du premier ministre disait ne pas être en mesure de confirmer qu’une quelconque rencontre bilatérale était à l’agenda lorsque la question lui a été posée.

Lorsque cette situation a été portée à l’attention du bureau du premier ministre, on s’est dit « désolé » pour cet avis tardif et on a promis de fournir un compte rendu de la rencontre. Le service de presse du gouvernement israélien, de son côté, avait déjà publié une vidéo, des photos et un résumé de l’échange entre les deux leaders.

Le bureau du premier ministre a finalement mis six heures à publier le compte rendu. On y apprend que les deux dirigeants « ont discuté de la sécurité régionale au Moyen-Orient, et notamment de la situation concernant le processus de paix », tout particulièrement « de la position de l’Iran » dans la région.

« Le premier ministre Trudeau et le premier ministre Nétanyahou ont discuté des liens économiques entre leurs pays » et soulevé « l’importance de moderniser l’Accord de libre-échange Canada-Israël, ce qui serait avantageux à la fois pour les entreprises canadiennes et israéliennes », est-il écrit.

Les rencontres bilatérales du premier ministre se déroulent derrière des portes closes, mais en règle générale, elles sont précédées de séances photo auxquelles participent quelques journalistes qui ne posent normalement pas de questions lors de ce type d’exercice. Cela ne fut donc pas possible avant l’entretien Trudeau-Nétanyahou.

Cette rencontre se déroule quelques semaines après que le gouvernement du Canada eut choisi de s’abstenir de voter sur une résolution condamnant la décision du président Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y déménager l’ambassade des États-Unis.

Le premier ministre Trudeau a défendu cette prise de position il y a quelques jours en entrevue avec La Presse canadienne. Il a plaidé qu’Ottawa n’appréciait pas que certains pays mettent aux voix des résolutions pour « isoler » et « condamner » l’État hébreu aux Nations unies à des fins politiques.

« Ce n’est pas productif dans les relations internationales. Et le Canada évite de prendre parti là-dedans », a-t-il expliqué.

« Nous sommes moins désireux de rouspéter et de jouer de la politique. Nous sommes plus désireux de trouver des solutions et d’avancer à un niveau substantiel. Et c’est pour ça qu’on fait les choix qu’on fait en matière de vote », a-t-il argué.

6 commentaires
  • Pierre Robineault - Abonné 24 janvier 2018 10 h 10

    Pire que son père

    Mais je ne suis pas convaincu que s'il vivait encore, il aurait été vraiment fier de son fils!

  • Michel Lebel - Abonné 24 janvier 2018 12 h 43

    Prendre fermement position!


    Il y a des fois qu'il faut fermement prendre position. C'etait certainement le cas pour le statut de Jérusalem. Le gouvernment canadien n'a pas été ici à la hauteur en ne s'associant notamment pas avec le Royaume-Uni et la France pour s'opposer à la démarche américaine quant à Jérusalem. Ce n'est pas non plus cette façon de faire qui facilitera l'obtention d'un siège au Conseil de sécurité de l'ONU. Faire le pleutre est rarement une bonne politique.

    M.L.

    • Hélène Somma - Abonnée 25 janvier 2018 12 h 22

      Vous avez parfaitement raison. C'était l'occasion de montrer que le Canada pouvait avoir le courage d'être du côté du Droit et non de la Force. Sinon, le monde va à la dérive. Merci pour votre commentaire. Hélène Somma

  • Colette Pagé - Inscrite 24 janvier 2018 20 h 43

    Attention danger !

    Se pourrait-il qu'à l'instar du PM Harper que le PM jovialiste canadien fraternise avec le PM d'Israël jusqu'à soutenir en douce, comme il semble l'avoir fait pour sa rencontre, le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem sans oublier l'extension des colonies le tout contrairement aux multiples résolutions de l'ONU.

    Bien évidemment pour ne pas froisser le voisin américain le PM préfère de ne pas faire de vagues et se tenir à carreau.

  • Stephen Aird - Inscrit 24 janvier 2018 20 h 52

    Pour la classe moyenne

    Il faut souligner que Justin est à Davos pour soutenir les droits et privilèges de la classe moyenne. Que faites-vous sombres journaleux à souligner les liens entre juifs orthodoxes et la machine électorale Montréalo-Canadienne? Honte sur vous!

  • Hélène Somma - Abonnée 25 janvier 2018 12 h 17

    honte à Trudeau

    Nous avions confiance en la jeunesse de M. Trudeau pour finalement avoir un Premier Ministre qui aurait le courage de prendre la défense du Droit contre la Force concernant l'occupation sauvage israélienne des territoires palestiniens. Notre déception est de plus en plus grande et le Canada n'a plus sa vocation d'antan. Il serait temps pour lui de changer sa politique internationale avant les élections, sinon il finira comme m.Harper. Hélène Somma