Trudeau n’aura pas à témoigner devant un comité sur ses vacances chez l’Aga Khan

Justin Trudeau a été sévèrement blâmé par la commissaire Dawson dans un rapport intitulé « Le rapport Trudeau ».
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Justin Trudeau a été sévèrement blâmé par la commissaire Dawson dans un rapport intitulé « Le rapport Trudeau ».

Les libéraux dispensent leur chef Justin Trudeau d’une obligation de comparaître devant le comité permanent de l’éthique pour répondre aux questions des élus sur les vacances qu’il a passées sur l’île privée de l’Aga Khan.

Les six députés libéraux du comité permanent sur l’éthique réunis en réunion extraordinaire ont bloqué mardi une motion qui aurait forcé le premier ministre à se présenter au comité à la mi-janvier, avant la reprise des travaux parlementaires.

Une requête «raisonnable»

Le député conservateur Peter Kent, qui avait déposé la motion, a fait valoir aux députés libéraux assis en face de lui que cette requête inhabituelle était complètement « raisonnable ».

Son collègue néodémocrate Nathan Cullen a fait un plaidoyer similaire, arguant que Justin Trudeau avait promis d’être irréprochable sur le plan éthique, et en raison de cet accroc, il devait maintenant rendre des comptes aux parlementaires.

Ce fut en vain : grâce à la majorité dont ils disposent au comité, les libéraux ont empêché l’adoption de la motion conservatrice.

L’élu libéral Nathaniel Erskine-Smith a soutenu que le rapport de la commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique, Mary Dawson, qu’il a dit avoir lu deux fois, « parlait de lui-même ».

Il a affirmé que le premier ministre aurait l’occasion de répondre aux questions des Canadiens dans le cadre de la tournée d’assemblées publiques dont il donnait le coup d’envoi mardi soir à Halifax, puis à celles des élus au retour de la pause des Fêtes.

Blâme sévère

Justin Trudeau a été sévèrement blâmé par la commissaire Dawson dans un rapport déposé quelques jours avant Noël intitulé « Le rapport Trudeau ».

La commissaire y a déterminé qu’il avait enfreint quatre articles de la Loi sur les conflits d’intérêts en acceptant de passer quelques jours avec famille et amis sur l’île privée de l’Aga Khan, aux Bahamas.

Car ces vacances acceptées par Justin Trudeau et sa famille « pourraient raisonnablement donner à penser qu’elles ont été offertes pour l’influencer dans l’exercice de sa charge de premier ministre », a tranché Mme Dawson dans son rapport.

En début de journée, au micro de CBC, le principal concerné avait refusé de dire s’il aurait accepté de témoigner devant le comité s’il avait été contraint à le faire, laissant entendre que l’objectif de cette demande de l’opposition était de marquer des points politiques.

Il a spécifié qu’il était heureux de collaborer avec la commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique à ce sujet, que les Canadiens ne voulaient selon lui pas voir ce débat politisé.


 
6 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 9 janvier 2018 17 h 34

    Il faut espérer.


    J'ose espérer que Justin Trudeau a compris. Nul parlementaire n'est au-dessus des règles éthiques que le Parlement se donne.

    M.L.

    • Jocelyne Bellefeuille - Abonnée 9 janvier 2018 22 h 37

      Vous "osez" espérer?? C'est tout. On efface et on continue comme si de rien n'était? Même pas une petite tape sur les doigts?
      Vous êtes très tolérant Monsieur Lebel

  • André Tremblay - Abonné 9 janvier 2018 18 h 00

    Aussi....

    ...menteur que son père qui avait promis des changements d'attitude envers le Québec lors d'un célèbre référendum.
    Surtout d'une "éthique réprochable".

    • Jacques Patenaude - Abonné 9 janvier 2018 18 h 30

      D'accord pour le menteur mais j'ajouterais un qualificatif qui ne correspnd pas au père : "chicken"

    • Jocelyne Bellefeuille - Abonnée 9 janvier 2018 22 h 33

      Deux poids deux mesures: une pour les grands, les riches et une pour les autres. C'est ça la justice!
      Ce n'est pas d'aujourd'hui et ce n'est pas prêt de changer.

  • Cyril Dionne - Abonné 9 janvier 2018 18 h 46

    Le commencement de la fin

    Avec un « selfie » du « jet-set » au pouvoir et tout le monde est surpris de l'arrogance légendaire qui court dans l'ADN de cette famille. Bien oui, « les Canadiens ne voulaient selon lui pas voir ce débat politisé » tout comme ils ne voulaient pas une réforme électorale. Bien oui, on donne l’argent des contribuables par millions à des groupes musulmans hors frontières. Ce n’est pas « juste pour rire » mais « ben » pour dire.

    Coudonc, est-ce que notre petit prince à la cuillère d’argent, notre Justin dit de « Bieber » Trudeau vit sur la même planète qu’un certain Mit Romney (voir Kolob)?

    Il vient de perdre 10% de son support électoral. Vous allez voir en 2019.