Élections partielles: les néodémocrates perdent du terrain

Le libéral Gordie Hogg a ravi lundi aux conservateurs la circonscription de Surrey-Sud–White Rock, en Colombie-Britannique.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Le libéral Gordie Hogg a ravi lundi aux conservateurs la circonscription de Surrey-Sud–White Rock, en Colombie-Britannique.

Ils ont beau n’avoir remporté qu’un seul des quatre sièges qui étaient en jeu lundi soir aux élections partielles fédérales, les conservateurs y voient matière à se réjouir. Leur part du vote s’est maintenue ou a augmenté partout, fait valoir leur chef, alors que celle du Nouveau Parti démocratique a diminué.

« Il y a beaucoup de raisons d’être optimiste, a soutenu le chef conservateur Andrew Scheer. Nous avons augmenté notre part du vote dans beaucoup de régions. »

Selon M. Scheer, « les libéraux se sont tellement déplacés vers la gauche pour ravir les appuis du NPD que cela offre aux conservateurs l’occasion de tendre la main aux Canadiens qui trouvent que les libéraux ne les représentent plus. »

Des quatre sièges où se tenait une élection lundi, deux étaient auparavant occupés par des libéraux et deux par des conservateurs. Les libéraux ont conservé leurs acquis à Terre-Neuve et en Ontario et ont pris aux conservateurs leur siège en Colombie-Britannique. Andrew Scheer n’a gardé que sa circonscription de Saskatchewan.

Le chef libéral se disait ravi des résultats. « Le message qu’on a à partager avec les Canadiens a été bien reçu et continue d’être bien reçu », a dit Justin Trudeau.

Dans Surrey-Sud–White Rock, en Colombie-Britannique, le libéral Gordie Hogg a réussi à se faire élire avec 48 % des suffrages, juste devant l’ancienne ministre conservatrice Kerry-Lynne Findlay (42 %) qui tentait un retour.

S’il s’agit d’une perte pour le Parti conservateur, sa part d’appuis y est restée presque la même que celle obtenue à l’élection générale de 2015 (44 %). Ce sont surtout les appuis néodémocrates qui ont fléchi, de 10 % à 5 %.

Baisse des appuis néodémocrates

Le scénario s’est répété à travers le pays. Si le Parti conservateur n’a pas gagné dans Bonavista-Burin-Trinity, à Terre-Neuve, ou dans Scarborough Agincourt, en Ontario, sa part du vote dans les deux cas a augmenté par rapport au scrutin de 2015.

À Terre-Neuve, où l’augmentation a été la plus marquée, le conservateur Mike Windsor a obtenu près de 23 % des voix, alors que son parti n’en avait eu que 10 % il y a deux ans. Il faut dire que la députée libérale sortante, Judy Foote, était une vedette qui avait récolté plus de 80 % des suffrages en 2015. Son départ a laissé un peu de marge de manoeuvre à l’opposition.

Par contre, le NPD n’en a pas tiré profit. Il a obtenu 4,7 % des voix, contre 7,3 % en 2015. Même chose dans la circonscription ontarienne, où le parti de Jagmeet Singh a obtenu 5 % des voix, contre 8 % en 2015.

« C’est clair qu’on a une transition en ce moment pour déterminer comment la nouvelle équipe peut s’attaquer aux lacunes auxquelles on a fait face à l’élection de 2015. Il y a encore beaucoup de travail à faire », selon le député néodémocrate Matthew Dubé.

Selon lui, il faut éviter de tirer des conclusions, car le NPD est traditionnellement faible dans ces quatre circonscriptions. Mais l’élection du nouveau chef Jagmeet Singh ne devait-elle pas justement permettre au parti de pénétrer dans la grande région torontoise (dont fait partie Scarborough Agincourt) ou dans des villes multiculturelles (comme Surrey, où 4,5 % de la population est sikhe) ?

« La réalité est que M. Singh a décidé de travailler beaucoup plus le terrain et de bonifier la liste de membres, de faire du financement. Ça ne se reflète pas nécessairement dans les sondages immédiatement. […] Ce sera un marathon plutôt qu’un sprint », a répondu M. Dubé.

1 commentaire
  • Cyril Dionne - Abonné 13 décembre 2017 16 h 55

    Le NPD n'existe plus, Jagmeet Singh oblige. Les travailleurs ne s'y retrouvent plus.