Une députée libérale reproche à un conservateur des commentaires «humiliants»

La députée libérale fédérale de Longueuil, Sherry Romanado
Photo: Justin Tang La Presse canadienne La députée libérale fédérale de Longueuil, Sherry Romanado

La députée libérale fédérale de Longueuil allègue qu’un député conservateur a fait à son endroit des commentaires « humiliants » et de « nature sexuelle ». Et les excuses offertes par le député James Bezan ne suffisent pas à sa collègue.

Sherry Romanado, députée de Longueuil — Charles-LeMoyne, a semé la consternation à la Chambre des communes lorsqu’elle s’est levée pour faire ces allégations peu après la période des questions, lundi.

« En mai, le député de Selkirk-Interlake-Eastman m’a fait, publiquement, des commentaires inappropriés, humiliants et non sollicités, des commentaires de nature sexuelle. Ces commentaires m’ont causé beaucoup de stress et ont nui à mon environnement de travail », a déclaré Mme Romanado.

En matinée, toujours aux Communes, le député Bezan s’était levé pour faire sa propre déclaration. « J’ai fait un commentaire inapproprié et insensible, en présence de la députée de Longueuil », avait-il dit, en offrant ses « excuses sincères ».

Manifestement, ces excuses n’ont pas suffi à Mme Romanado.

En fin de journée, lundi, M. Bezan a donc donné plus de détails sur l’incident.

« Le 2 mai, à un événement public à l’hôtel de ville d’Ottawa, je posais pour une photo avec la députée et un autre individu. Pendant que je posais pour la photo, j’ai fait un commentaire inapproprié et désinvolte et j’ai dit » Ce n’est pas ma conception d’un ménage à trois «. Ceci se voulait un commentaire partisan à propos du fait de paraître dans une photo avec un membre du caucus libéral », a-t-il raconté dans une déclaration publique.

Le député ajoute dans sa déclaration qu’il a tenté de s’excuser dès le lendemain, mais on ne lui en aurait pas offert l’occasion. M. Bezan a ensuite eu à répondre à une plainte officielle. La plainte a conduit à des excuses par écrit, à des excuses en personne et à une participation à une séance de formation pour sensibiliser le député.

Au bureau de Mme Romanado, on dit que l’élue ne veut rien ajouter à son commentaire en Chambre.

2 commentaires
  • Maxime Parisotto - Inscrit 4 décembre 2017 18 h 52

    Un commentaire de nature sexuelle et humiliant...sérieusement...c'est pas très drôle, certes et maladroit, peut être même pas très approprié, mais c'est ni humiliant ni de nature sexuelle. À un moment faut quand même apporter des nuances, il y a une grosse coche entre un agresseur sexuel ou un harceleur et un gars qui fait une blague un peu lourde. On ne peut plus rien dire à personne! On ne peut plus faire une blague, plaisanter. Ça finit par rendre la société complètement asceptisée, plus personne n'ose rien dire, ni exprimer une opinion etc...il y a toujours quelqu'un qui prétend être offensé ou qui se sent agressé.
    Va falloir avoir ce débat là, ou est-ce qu'on met la ligne rouge entre acceptable et inacceptable. En ce moment la ligne rouge est pas à la bonne place. À une époque ou tout le monde se trouve victime de quelque chose ou de quelqu'un, on est tous coupables de quelque chose envers quelqu'un. Soit-disant culture du viol qui rend tout les hommes moralement coupables, soit disant "racisme systémique" qui fait de chaque Québécois blanc un raciste qui s'ignore. Prétendue islamophobie généralisée. Si on s'inspire des améridiens on a toujours le risque de se faire accuser d'appropriation culturelle. On se fait accuser d'homophobie si on ose questionner la pertinence de l'enflure rhétorique prétencieuse du terme LGBTQI2+ (j'en oublie, non? Je suis un discriminateur!). Pauvre Guy Nantel qui se fait critiquer, voire menacer, par de nombreux "censeurs auto-proclamés" qui décrètent ce qui est permis de faire/de dire ou pas (exemple: Alice Paquet qui se fend d'une lettre ouverte à Guy Nantel sans avoir vu son numéro sur le consentement sexuel).

    • Luc Fortin - Abonné 5 décembre 2017 09 h 19

      « Va falloir avoir ce débat là, ou est-ce qu'on met la ligne rouge entre acceptable et inacceptable. En ce moment la ligne rouge est pas à la bonne place. »

      Nous sommes en 2017. Il y a une ligne très simple. Au travail, les blagues douteuses de « mononc » qui a un peu trop bu, c'est non merci! Bien des entreprises et organismes ce sont dotés de politiques très claire à ce sujet.

      Allez-vous faire campagne pour protéger ce genre de blagues de mauvais goût?

      Pour ce qui est de Guy Nantel, on invoque souvent Yvon Deschamps pour le défendre. Selon moi, il y a une énorme différence avec Yvon Deschamps. Yvon Deschamps ne ciblait pas une personne spécifiquement n'ayant pas un travail qui en faisait une personnalité publique. Il utilisait une caricature, un personnage qui servait à dénoncer des comportements et les travers d'une culture.