Sondage: les conservateurs reprennent du galon

Andrew Scheer
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Andrew Scheer

Le gouvernement Trudeau entame la deuxième moitié de son mandat avec un adversaire ragaillardi dans le rétroviseur : un sondage pancanadien Léger-Le Devoir confirme la progression des conservateurs dans les intentions de vote, notamment en Ontario.

Mené en ligne la semaine dernière, le coup de sonde souligne aussi que les Québécois estiment que le dossier de la légalisation de la marijuana est celui où le gouvernement fédéral a le moins bien réussi jusqu’à maintenant.

Dans les intentions de vote au national, le sondage accorde 40 % au Parti libéral du Canada (PLC), en baisse de 2 points par rapport au dernier sondage Léger (octobre). Le Parti conservateur du Canada (PCC) gagne pour sa part 4 points, pour se situer à 34 %. En mai dernier, les libéraux détenaient une avance de 21 points sur les conservateurs.

Loin derrière, le Nouveau Parti démocratique (NPD) est aujourd’hui crédité de 13 % d’appuis, et cela, alors que la formation a élu un nouveau chef, Jagmeet Singh, le 1er octobre. En octobre, Léger accordait 15 % au NPD.

À quelques inflexions près, ces résultats sont cohérents avec ceux répertoriés par le Poll Tracker de CBC — qui cumule la moyenne des derniers sondages nationaux. En date du 28 novembre, les libéraux y pointaient à 38,2 %, les conservateurs à 31,8 % et le NPD à 17,2 %.

En filigrane, le sondage Léger semble indiquer que la dynamique politique du pays revient à un cadre connu : deux formations dominantes, une dans l’Est (les libéraux), l’autre dans l’Ouest (les conservateurs), avec un NPD réduit au rang de tiers parti. « Pour le NPD, c’est de l’ordre de la catastrophe », dit Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage. Qui précise quand même que les prochaines élections sont encore loin…

L’Ontario bouge

Au Québec et dans les Maritimes, les libéraux demeurent champions incontestés des intentions de vote : 50 % d’appuis dans les Maritimes, et 47 % au Québec, devant les conservateurs et les bloquistes (18 %). Le souvenir de la vague orange de 2011 commence ici à se délaver sérieusement : les néodémocrates sont crédités de 12 % d’appuis.

À l’heure actuelle, les libéraux détiennent 40 sièges au Québec, contre 16 pour le NPD, 12 pour les conservateurs et 10 pour le Bloc québécois.

C’est en Ontario qu’on note le mouvement le plus marqué. Avec 41 % d’appuis, les libéraux sont en recul de 6 points par rapport à octobre. Les conservateurs font pour leur part un bond spectaculaire de 11 points. Les troupes d’Andrew Scheer sont premières au Manitoba/Saskatchewan et en Alberta, alors que les libéraux demeurent en avance en Colombie-Britannique.

Mis à part pour le Québec et l’Ontario, la petitesse des échantillons régionaux incite à considérer ces résultats avec prudence.

Au chapitre du taux de satisfaction par rapport au gouvernement de Justin Trudeau, Léger enregistre pour la première fois plus d’insatisfaction (48 %) que de satisfaction (46 %). Toutefois, « après deux ans de mandat, être au-dessus de 40 % de satisfaction, c’est très rare, note Jean-Marc Léger, président de la firme de sondages. Mais on voit qu’il y a de la critique ».

Il y en a notamment beaucoup pour le ministre des Finances, Bill Morneau, sous le feu des attaques de l’opposition depuis plusieurs jours dans le dossier qui concerne la gestion de ses avoirs personnels.

Performance

Léger a aussi sondé la perception des Canadiens par rapport à 12 enjeux politiques, pour déterminer où le gouvernement Trudeau a le mieux réussi depuis son entrée en fonction, en novembre 2015. Les résultats font ressortir trois thèmes : rétablir la place du Canada sur la scène internationale (20 %), légaliser la marijuana (16 %) et accueillir plus de réfugiés (15 %).

Avec le même bassin de 12 enjeux, les répondants ont aussi sélectionné les moins coups des libéraux. Réduire les impôts et les taxes (18 %), assurer une meilleure gestion des programmes gouvernementaux et du budget (13 %), assurer un meilleur partage de la richesse (11 %) et légaliser la marijuana (10 %) ont été les dossiers les plus cités en contre-exemple.

Une particularité concernant la marijuana, dont le projet de loi est présentement à l’étude au Sénat : par rapport au reste du Canada, les Québécois ont été nettement plus nombreux à montrer du doigt ce dossier dans la catégorie des contre-performances (20 %).

Ce résultat s’inscrit dans le contexte où le gouvernement québécois a beaucoup critiqué le fédéral pour son empressement à aller de l’avant avec la légalisation du cannabis. Récemment, Québec a dévoilé son projet de loi pour encadrer ce changement — le plus restrictif des six provinces ayant fait de même.

Le sondage a été mené en ligne entre le 27 et le 30 novembre auprès de 1609 Canadiens.

10 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 4 décembre 2017 06 h 20

    premier ministre heureusement qu'en attendant, il a des amis riches

    et pourtant ,ce n'est parce que Justin Trudeau nous a fait des cadeaux, il a donné tous les bateaux a construire a la Colombie Britannique pour les quarante prochaines années a venir et presque rien pour le Québec qui a poutant de l'expérience, dans ce domaine le gouvernement québécois n'est il pas traité comme si nous nous ne faisions pas parti du Canada, le dossier des Srilanquais n'est-il pas affreuxse pourrait-il que justin n'ait aucun pouvoir et n'est la, qu'en attendant que les conservateurs se reconsolident

  • Louise Collette - Abonnée 4 décembre 2017 06 h 32

    Attention

    Andrew Scheer c'est Harper avec le sourire, rien de changé...

    • David Cormier - Abonné 4 décembre 2017 09 h 07

      Attention : Trudeau, c'est Harper avec un sourire!

    • Benoit Samson - Inscrit 4 décembre 2017 10 h 03

      Parfaitement d'accord avec vous madame Collette.

      Attention à ce sourire du gars qui rit dans sa barbe après avoir engagé comme directeur de campagne un des dirigeants du site d'extrême droite Canadien ''the Rebel''. Son nom est Hamish Marshall. Monsieur sourire se pousse quand les journalistes le questionnent à propos de Marshall que l'on décrit déjà comme le Steve Banon Canadien.

      Nous aurons donc certainement droit au moment opportun à la rhétorique d’extrême droite de la part des conservateurs pour nous diviser et faire monter la moutarde au nez des xénophobes en moussant la haine et la PEUR de la perte de l’identité Canadienne, la PEUR du terrorisme et de l’autre....et de tout.

  • René Bourgouin - Inscrit 4 décembre 2017 07 h 25

    Et ce n'est qu'un début

    À la place de petit Justin, je ferais attention à ne pas prendre les Québecois trop de haut: il suffirait qu'ils se détournent de lui (au profit des conservateurs ou du Bloc) pour que les libéraux passent derrière les conservateurs...

    Ce n'est qu'un début. Le vernis de «coolitude» de ce comédien imposteur disparaît à vitesse grand V. En 2020, il n'en restera plus rien.

    • David Cormier - Abonné 4 décembre 2017 09 h 09

      Le problème, c'est que les médias ont tellement répété (et je crois qu'ils continueront de le faire) que "le Bloc, c'est fini" que ce concept a été assimilé par une bonne part de la population. Je ne suis pas du tout d'accord pour dire que ce parti "est fini" et j'ai même continué de voter pour lui malgré tout. Cela dit, parlez avec du monde qui ne suit pas trop la politique et voyez ce qu'on pense du Bloc.

    • Serge Lamarche - Abonné 4 décembre 2017 12 h 38

      Appuyer les conservateurs reste toujours la moins «cool» des options.

  • Tristan Roy - Abonné 4 décembre 2017 08 h 46

    Trudeau: plus de force et moins de sensibilité

    Plus personne ne doute que le Premier ministre Justin Trudeau est un homme sensible. En faire moins étalage en public serait de mise à ce moment ci. Faire ressortir sa force et son courage d'avantage consoliderait son électorat en Ontario et dans l'ouest.

  • Colette Pagé - Abonnée 4 décembre 2017 12 h 12

    La précipitation est mauvaise conseillère.

    Manifestement la précipitation du Gouvernement dans le dossier de la marijuana a eu un impact significatif sur la descente dans les sondages du Gouvernement libéral de même que son intention de retirer 59 % des profits de la vente alors qu'il incombera aux Gouvernements des provinces et aux municipalités de vivre avec les dommages collatéraux de cette décision.