Couteaux dans les avions: inquiétudes chez les pilotes et les agents de bord

Plus tôt cette semaine, le syndicat représentant quelque 10 000 agents de bord a écrit une lettre au ministre fédéral des Transports lui enjoignant de faire marche arrière.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Plus tôt cette semaine, le syndicat représentant quelque 10 000 agents de bord a écrit une lettre au ministre fédéral des Transports lui enjoignant de faire marche arrière.

Après les agents de bord, c’est au tour des pilotes d’Air Canada de s’inquiéter de la décision d’Ottawa autorisant les lames de six centimètres ou moins à bord des avions.

« L’Association des pilotes d’Air Canada croit que la précédente interdiction sur les couteaux dans la cabine était une mesure de sécurité prudente et responsable, écrit dans un courriel au Devoir la porte-parole Kym Robertson. Il est important de se rappeler que les pilotes sont encore très touchés par les événements qui ont mené à leur interdiction. »

Transports Canada a annoncé il y a deux semaines que les petites lames seraient acceptées en cabine à compter de lundi, ce qui inclut les petits kirpans sikhs, mais exclut les lames de rasoir et les lames rétractables (de type X-acto).

Mme Robertson reconnaît que cette nouvelle règle s’harmonise « avec la plupart des autres juridictions », mais ajoute que les nouvelles règles « ne sont maintenant plus harmonisées avec celles des États-Unis, ce qui risque de créer de la confusion et des complications pour les voyageurs transfrontaliers ».

Déjà autorisés

La règle s’appliquera pour tous les vols en partance du Canada, sauf ceux à destination des États-Unis.

Les petits couteaux sont déjà autorisés à bord des vols arrivant au Canada s’ils proviennent de juridictions qui les autorisent, comme la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Australie ou encore la Russie.

Plus tôt cette semaine, le syndicat représentant quelque 10 000 agents de bord travaillant notamment pour Air Canada, Air Transat, Sunwing, CanJet, Cathay Pacific et First Air a écrit une lettre au ministre fédéral des Transports lui enjoignant de faire marche arrière.

Ce changement, est-il écrit, « a soulevé des préoccupations auprès de nos membres ».

« Nous croyons que ce changement ratisse trop large et expose nos membres ainsi que le public voyageur à un grand risque », écrit Marie-Hélène Major, la secrétaire-trésorière de la division du transport aérien du Syndicat canadien de la fonction publique. Il n’a pas été possible d’obtenir une entrevue.

La lettre ne s’inquiète cependant pas des kirpans sikhs, mais plutôt des karambits, de petits couteaux de combat à lame recourbée originaires d’Indonésie.

Le Bloc québécois, qui a le premier soulevé cette question à la Chambre des communes, croit que le gouvernement fédéral a adopté ce changement pour satisfaire la communauté sikh. Le lobby sikh demandait depuis plusieurs années déjà au Canada d’adopter les règles en vigueur ailleurs dans le monde.

1 commentaire
  • Raynald Rouette - Abonné 25 novembre 2017 10 h 47

    Ils ont raison


    Voilà un accommodement religieux. Les libéraux courtisent la clientèle NPD.

    La sécurité se doit d'être non négociable, même pour des motifs religieux!

    Toute brèche doit être colmater!

    Les passagers doivent avoir confiance en prenant l'avion. Aucun doute ne doit subsister!