N’oubliez pas les réfugiés toujours en Irak, dit l’ONU

Le représentant canadien du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, Jean-Nicolas Beuze
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le représentant canadien du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU, Jean-Nicolas Beuze

Le Canada fait partie des plus importants pays d’accueil des réfugiés qui ont fui le groupe armé État islamique, reconnaît le représentant canadien du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU. Mais Jean-Nicolas Beuze somme les élus canadiens de ne pas oublier ceux qui se trouvent toujours en Irak et qui ont vivement besoin d’aide. Ottawa est invité à bonifier son aide humanitaire pour leur venir en aide.

Car quatre millions de personnes se sont enfuies des violences du groupe EI sans pour autant quitter l’Irak vers un camp de réfugiés dans un pays étranger. Le budget du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) pour leur venir en aide est cependant insuffisant : sur les 557 millions prévus, le HCR n’en compte que moins de 100.

« Bien que l’on apprécie d’avoir pu réinstaller des réfugiés, nous avons aussi besoind’aider ceux qui se trouvent toujours en Irak », a fait valoir Jean-Nicolas Beuze au comité parlementaire de l’immigration mardi.

« On a besoin d’argent pour ces personnes qui sont encore en Irak et qui ne sortiront jamais de l’Irak — parce qu’elles ne le veulent pas, elles veulent rester chez elles, et parce que si l’on devait reloger toutes les personnes qui sont déplacées, c’est 66 millions de personnes qu’on devrait reloger à travers le monde. C’est impossible », a-t-il expliqué par la suite au Devoir.

Aux déplacés qui se trouvent toujours en Irak, le HCR veut pouvoir offrir des services médicaux, du soutien psychosocial, de l’eau et de la nourriture, l’éducation, leur donner un toit temporaire ou améliorer leurs maisons de fortune en les isolant ou en y fixant fenêtres et portes.

Le HCR ne chiffre pas sa demande. Il appelle toutefois le gouvernement canadien à bonifier son aide. Car le cas de l’Irak n’est pas unique. Le HCR manque aussi d’argent pour aider les personnes déplacées au sein même de leur pays en Afrique et au Mexique, note M. Beuze.

La ministre du Développement international, Marie-Claude Bibeau, n’avait cependant pas de nouvel argent à promettre au HCR. « Il faut se rappeler qu’il y a un an et demi, on a annoncé un plan sur trois ans », a-t-elle noté à sa sortie des Communes.

Ainsi, 840 millions ont été promis en aide humanitaire et 270 millions pour le développement, pour venir en aide aux réfugiés et aux déplacés qui se trouvent au Moyen-Orient. De cette somme, 158 millions ont été promis pour l’Irak. Le HCR fait partie des partenaires qui auront eu droit à une partie de l’enveloppe.

Le ministère des Affaires mondiales a versé 107 millions au HCR cette année pour l’ensemble de ses programmes (dont 900 000 $ pour la crise au Myanmar) et celui de l’Immigration lui a consacré 4 millions pour soutenir ses efforts de réinstallation de réfugiés de diverses crises qui ont fui vers un pays tiers.

2 commentaires
  • Lise Gauvreau - Abonnée 8 novembre 2017 08 h 56

    Nous pouvons faire mieux!

    Un pays riche comme le nôtre peut faire beaucoup plus. Le budget de l'aide internationale ne représente que 0,26% du revenu national brut (RNB) canadien, ce qui se situe bien en dessous de l'objectif de 0,7% du RNB fixé par les Nations Unies.

  • Michel Lebel - Abonné 8 novembre 2017 10 h 08

    À petits pas!

    Le Canada pourrait sans doute en faire beaucoup plus. Mais malgré tout, notre Humanité progresse. À petits pas. Mais pensons au progrès depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pensons à tous les organismes onusiens et autres créés depuis 1945.

    M.L.