L’argentier du PLC Stephen Bronfman avait des avoirs dans un paradis fiscal

Stephen Bronfman en compagnie du premier ministre Justin Trudeau, en 2013
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne Stephen Bronfman en compagnie du premier ministre Justin Trudeau, en 2013

Ottawa — Le milliardaire Stephen Bronfman, responsable de la collecte pour le compte du Parti libéral canadien lors de la campagne électorale en 2015, avait des avoirs dans un paradis fiscal, selon des médias ayant collaboré à une enquête à partir de documents financiers.

Ami du premier ministre Justin Trudeau, Stephen Bronfman est aussi le filleul de Leo Kolber, ancien sénateur qui avait également été en son temps responsable de la collecte de fonds pour Pierre Elliott Trudeau, ancien premier ministre et père de l’actuel chef de gouvernement.

Stephen Bronfman, petit-fils de Samuel Bronfman à la tête de l’ex-société de vins et spiritueux Seagram, et Leo Kolber « sont impliqués ensemble dans une structure complexe » qui a amassé 60 millions de dollars américains placés dans une société offshore aux Îles Caïmans, un paradis fiscal, selon Le Toronto Star et la télévision publique CBC, médias membres du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ).

Les sociétés de type fiducie dans un paradis fiscal « sont parfaitement légales » et utilisées de longue date par les plus fortunés à des fins d’optimisation fiscale au Canada, rappelle le Toronto Star qui a eu accès à des milliers de documents dits des « Paradis papers ».

C’est en 1991 qu’a été créé le Kolber Trust aux Îles Caïmans, et liquidé l’an dernier après les resserrements des législations fiscales à la fois au Canada et en Israël où certains fonds atterrissaient pour le compte de Jonathan Kolber, fils de Leo.

Selon les médias, les services fiscaux canadiens pourraient s’intéresser à une potentielle évasion fiscale si, comme certains documents le laissent penser, des décisions auraient été instruites et prises directement par la société Claridge, propriété de la famille Bronfman, depuis son siège de Montréal.

Le Parti libéral du Canada a souligné auprès du Toronto Star que le rôle de Stephen Bronfman était cantonné « au soutien de la collecte de fonds, pas aux décisions politiques ».

Interrogé, le cabinet du premier ministre Justin Trudeau n’avait pas réagi dimanche en fin de journée.

3 commentaires
  • Simon Pelchat - Abonné 5 novembre 2017 17 h 58

    Vraiment

    Ce riche citoyen canadien n'est pas le seul à se prévaloir des paradis fiscaux pour ne pas assumer ses devoirs envers la société qui lui donne une identité et les privilèges qui viennent avec. Je comprends pourquoi le PM Trudeau et les politiciens de ce beau pays sont toujours inactifs et complices de ces échappatoires qui alimentent les coffres des partis politiques. Comment respecter ces politiciens affairistes qui disent travailler pour le peuple.

  • Gilbert Troutet - Abonné 5 novembre 2017 22 h 50

    Une véritable oligarchie

    On comprend pourquoi libéraux et conservateurs ont voté en 2016 contre une motion d'un député du Bloc québécois, qui invitait le gouvernement à mettre un terme à ce recours « légal » aux paradis fiscaux. Même pas une petite gêne.

  • Denis Paquette - Abonné 5 novembre 2017 23 h 56

    quel cachotier

    quel cachotier qui se croit tout permis, parce qu'ils sont puissants, quand allons nous les mettent en prison, n'est ce pas de l'abus de pouvoir