Les élus ontariens condamnent la loi québécoise sur la neutralité religieuse

La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne
Photo: Sean Kilpatrick Archives La Presse canadienne La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne

Les députés ontariens ont unanimement condamné jeudi, à l’Assemblée législative, la loi sur la neutralité religieuse adoptée la veille à Québec par le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Dans un geste plutôt inhabituel, les députés ontariens ont pris quelques minutes, jeudi matin, pour dénoncer cette loi qui prévoit notamment que tous les services publics devront être donnés et reçus à visage découvert — notamment dans les transports publics et dans les hôpitaux. La loi permet toutefois des accommodements raisonnables, accordés à la pièce.

La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, a rappelé jeudi que l’Ontario et le Québec entretiennent des rapports très étroits, mais que sur cette question, les deux provinces divergent radicalement d’avis. Mme Wynne a soutenu que chaque citoyen devrait pouvoir vivre sa vie et ses croyances sans crainte ni discrimination. Elle estime par ailleurs que des lois comme celle adoptée mercredi à Québec sont source de divisions dans la société.

La députée progressiste-conservatrice Lisa MacLeod, porte-parole de son parti pour les questions touchant la Direction générale de l’action contre le racisme, a soutenu qu’il n’y avait pas de place au Canada pour deux classes de citoyens. Selon elle, l’expression de la liberté est toujours affaiblie lorsqu’on lui impose des restrictions.

La porte-parole néo-démocrate en matière de condition féminine, Peggy Sattler, a quant à elle plaidé que la loi québécoise n’avait rien à voir avec la laïcité ou la sécurité publique : elle vise d’abord et avant tout les musulmanes qui portent le niqab ou la burqa, a-t-elle soutenu à l’Assemblée législative.

La veille, le procureur général de l’Ontario, Yasir Naqvi, prédisait que la validité de la loi québécoise serait contestée devant les tribunaux, en vertu de Charte canadienne des droits et libertés.

Philippe Couillard a défendu son projet de loi en invoquant des exigences d’identification, de communication et de sécurité publique. Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec souhaitaient une loi plus stricte sur la laïcité de l’État, avec interdiction des signes religieux pour les agents de la coercition, comme le préconisait notamment le rapport de la commission Bouchard-Taylor il y a près de 10 ans.

10 commentaires
  • René Bourgouin - Inscrit 19 octobre 2017 16 h 07

    De quoi je me mêle?

    Il n'y a pas d'autres sujets plus urgents à traiter en Ontario?... Mais bon, un peu de Québec bashing et de clientélisme électoral auprès des "communautés" à la veille des élections provinciales, ça peut juste être payant...

  • François Beaulne - Abonné 19 octobre 2017 16 h 47

    Deux solitudes pour de vrai!

    Qu'ils se mêlent de leurs affaires. Ils n'ont pas de leçons à nous donner. Ça reflète une attitude colonialiste typique du multiculturalisme auquel ils s'abreuvent!

  • Jacques Morissette - Inscrit 19 octobre 2017 16 h 59

    Une loi pour diviser.

    Cette loi adoptée hier par le gouvernement du Québec en est une pour diviser la population.

    • Bernard McCann - Abonné 19 octobre 2017 17 h 33

      Vous voyez juste, et, encore une fois, le Québec tout entier va mordre à l'hameçon.

    • Jacques Patenaude - Abonné 19 octobre 2017 19 h 42

      C'est drôle mais cette fois-ci je crois que les libéraux se sont enfargés dans leur propre piège. La stratégie des libéraux a toujours été de s'assurer que leur politique, souvent une politique de l'inaction stratégique leur permettait de se maintenir au pouvoir. La crise des accommodements les favorisant en divisant l'opposition tout en consolidant leur base électorale. Mais cette fois-ci ils se retrouvent seul et pas en phase avec leur amis politiques. Si on les laissent se dépêtrer avec leur contradiction ils seront dans le trouble et en extra cette fois-ci l'opposition a votée du même côté pour la première fois depuis longtemps. Que les partis d’opposition les laissent se démerder avec leur magouilles c'est la meilleure chose à faire. Peut-être qu'enfin les choses changeront

  • Michel Lebel - Abonné 19 octobre 2017 18 h 04

    Pas de conception uniforme


    Pas de leçon à recevoir de l'Ontario sur le sujet. La conception des droits de la personne et du vivre ensemble peut varier; d'une personne à l'autre, comme d'une province à l'autre.

    Michel Lebel
    Ancien professeur des droits et libertés de la personne

  • Yvon Bureau - Abonné 19 octobre 2017 19 h 27

    Laïcité, ô Laïcité,

    que de paix sociale l'on pourrait bâtir en ton nom!