La nouvelle politique culturelle canadienne en bref

Le fédéral a obtenu une entente financière avec Netflix, à qui Ottawa n’imposera pas de taxe.
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Le fédéral a obtenu une entente financière avec Netflix, à qui Ottawa n’imposera pas de taxe.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a dévoilé ce midi les orientations de la nouvelle politique culturelle canadienne. Coup d’œil sur ce qui a été confirmé ce matin par les fonctionnaires. 

 

  • Netflix s’est engagé à créer une compagnie de production au Canada et à investir 500 millions sur cinq ans pour produire des émissions ou séries canadiennes. La compagnie sera imposée pour cet investissement, et ne pourra pas toucher de crédits d’impôt. L’argent est injecté selon les règles de la Loi sur Investissement Canada.
     
  • La division vidéo en continu (streaming) de Netflix n’est pas touchée par les changements. Donc pas de taxe sur les produits Netflix, pas d’impôt pour la maison mère, et pas de redevances à verser pour financer la production locale.
     
  • L’argent investi par Netflix peut inclure le coût d’une production déjà confirmée (comme Anne). On ne connaît donc pas la valeur réelle du nouvel engagement.
     
  • Netflix investira aussi 25 millions pour le développement du marché francophone. Quant aux 500 millions, on ne sait pas comment ils seront dépensés.
     
  • Les autres géants du Web (Facebook et Google, par exemple) ne se font rien imposer en vertu de la nouvelle politique culturelle. Comme pour Netflix, le gouvernement a choisi de négocier des ententes bilatérales pour tenter de les faire contribuer à l’écosystème culturel canadien.
     
  • Le gouvernement a aussi annoncé un investissement de 125 millions dans une stratégie d’exportation pour l’industrie créative canadienne.
     
  • Sans donner de détails, les fonctionnaires ont indiqué qu’un plan visant à aider l’industrie des médias écrits sera dévoilé au courant de 2018. Cela passera par des changements au Fonds du Canada pour les périodiques. L’aide qui viendrait serait pour accompagner la mutation numérique, a-t-on précisé.
     
  • Pour pallier la diminution de la valeur du Fonds des médias du Canada (de 400 millions à 350 millions en trois ans), le gouvernement s’est engagé à « maintenir » la valeur du fonds. Puisque les câblodistributeurs y contribuent de moins en moins (parce que leurs revenus baissent), c’est donc dire qu’Ottawa viendra pallier la contribution du secteur privé.

 

D’autres détails suivront.

6 commentaires
  • Luc Le Blanc - Abonné 28 septembre 2017 12 h 21

    Netflix investira dans les productions diffusées sur sa plateforme...

    Ne pas taxer Netflix en échange d'un investissement dans ses propres productions, c'est comme si on m'évitait l'impôt contre la promesse que j'investisse mon argent dans la rénovation de ma maison ou dans mes loisirs... j'embarque!

    • Jacques Patenaude - Abonné 28 septembre 2017 14 h 10

      Ce que vous dites est tellement vrai.

    • Réjean Boucher - Abonné 28 septembre 2017 16 h 18

      Moi aussi j'embarque M. Le Blanc. Merci pour l'idée. Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est que s'ils renégocient ainsi l'Aléna, on risque de perdre pas mal de plumes, si ce n'est la totalité de notre plumage. En plus, l'équipe de Trudeau se fait conseiller par l'homme de trois cent mille piastres et le Québec est représenté par John James Charest! Je ne suis pas du tout rassurer. Misère de misère qu'on est mal barrés.

  • André Labelle - Inscrit 28 septembre 2017 14 h 02

    VICTOIRE DU NÉOLIBÉRALISME

    C'est fait : le fédéral remet au privé son pouvoir de percevoir taxes et impôts. Cette abdication du fédéral permettra à l'entreprise privée de décider où et comment elle agira en matière culturelle au Canada.

    Mélanie Joly devient dans les faits la sous-ministre culturelle du géant américain Netflix. Quelle absurdité !

    «Malheureusement, nos politiciens sont soit incompétents, soit corrompus. Quelquefois les deux en même temps, le même jour. »
    [Woody Allen]

  • Nicole Delisle - Abonné 28 septembre 2017 15 h 26

    Et que faites-vous de l'iniquité fiscale, Madame la ministre?

    D'autres compagnies du même genre voudront sûrement le même traitement de faveur que Netflix? Pourquoi payer des impôts si je peux investir dans mes propres
    Productions? Pouvait-on s'attendre sérieusement à autre chose de Madame Joly? Elle
    n'arrive pas à structurer sa pensée et à l'énoncer clairement! On est en train de favoriser un sytème pour que les citoyens soient perdants sur toute la ligne, gracieuseté libérale. Message envoyé à tous: certains doivent payer leurs impôts et d'autres en sont exemptés! Une compagnie américaine vient de faire la leçon au Canada. On a l'art de vous avoir comme Boeing vient de le faire hier! Trudeau est-il vraiment fier de son amie la ministre? Nous, on est complètement révoltés! Le milieu de la culture québécoise francophone est pénalisé et c'est une francophone québécoise qui vient de leur donner cette gifle! Aucune fierté chez cette femme. Elle s'aplatit et se fait manipuler assez facilement. Netflix doit sabrer la champagne en pensant qu'ils viennent de gagner des millions en ne s'acquittant pas de leur responsabilité sociale et avec quelle facilité ils ont réussi à berner Mme Joly!

  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 28 septembre 2017 15 h 32

    J'embarque itou!

    Tiens!v'là ti pas que la Jolie Mélanie et son escorte savent,subitement et comme par
    miracle,parler le langage des assoiffés de mainmises sans borne:la sempiternelle né-
    vrose aliénée du capitalisme quoi!?

    Maître Le Blanc (salut donc!)nous fait succinctement comprendre le joli "deal" de la
    ministre et de son escorte...ne les oublions pas!
    Elle leur propose,en somme et tout simplement,ce qui suit:vous rechignez à être taxé,vous grognez,râlez et rouspétez à être imposé...alors réinvestissez vos énormes
    profits dans notre idéologie culturelle gouvernementale du partage.
    ......guil@yahoo.ca