Trudeau fustige Boeing dans un appel avec le gouverneur du Missouri

Le premier ministre a fait valoir que le Canada est le principal partenaire commercial de l’État du Missouri, lors d'un échange téléphonique avec le gouverneur Eric Greitens.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Le premier ministre a fait valoir que le Canada est le principal partenaire commercial de l’État du Missouri, lors d'un échange téléphonique avec le gouverneur Eric Greitens.

Le premier ministre Justin Trudeau a porté la bataille du gouvernement fédéral contre Boeing à l’attention du gouverneur du Missouri, l’État où le géant américain de l’aéronautique fabrique ses avions de combat Super Hornet.

Lors d’un échange téléphonique apparemment très franc avec le gouverneur Eric Greitens, M. Trudeau a dit souligner le nombre d’emplois au Missouri qui dépendent de ces avions à réaction. Le premier ministre a aussi fait valoir que le Canada est le principal partenaire commercial de l’État du Missouri.

M. Trudeau n’a pas écarté l’achat d’appareils Super Hornet par le Canada, mais a fustigé Boeing pour sa plainte contre son rival québécois Bombardier, qui accuse l’entreprise établie à Montréal de recevoir des milliards de dollars du gouvernement fédéral et du gouvernement du Québec.

Un résumé laconique de l’appel a été fourni par le bureau du premier ministre, mardi. Le bureau du gouverneur Greitens n’a pas donné suite à une demande de commentaires de La Presse canadienne.

En soulignant les relations commerciales entre le Canada et le Missouri et le nombre d’emplois liés aux Super Hornet, les libéraux espèrent manifestement que M. Greitens fera pression sur Boeing pour qu’il revienne sur sa décision.

L’usine de Boeing à Saint-Louis, au Missouri, qui est axée sur les secteurs de la défense et de l’espace, emploie quelque 15 000 personnes, dont environ 5000 qui travaillent sur les Super Hornet. L’usine principale d’assemblage des avions de ligne de Boeing est située à Everett, dans l’État de Washington.

Le gouvernement libéral avait annoncé en novembre son intention d’acheter 18 Super Hornet « par intérim » pour combler le manque d’avions de chasse en attendant de mener un appel d’offres en 2019 afin de remplacer toute la flotte de CF-18. À l’époque, il expliquait que les Super Hornet étaient les seuls appareils à satisfaire ses besoins immédiats.

Mais c’était avant que Boeing ne formule une plainte commerciale contre Bombardier, alléguant que l’entreprise québécoise vend ses appareils de la CSeries à des prix « dérisoires » en raison de subventions du gouvernement fédéral. Les autorités américaines enquêtent sur la plainte et devraient présenter leurs résultats préliminaires le 25 septembre, ce qui pourrait mener à des amendes ou des tarifs douaniers contre Bombardier.

2 commentaires
  • Philippe Hébert - Inscrit 6 septembre 2017 08 h 32

    Le fait que Trudeau décide de s'en mêler, en faisant du chantage, donne de la légitimité à Boeing avec sa plainte contre Bombardier.

    S'il n'y a pas de dumping, l'enquête des autorités américaines ne devraient rien trouver.

  • Bernard Terreault - Abonné 6 septembre 2017 09 h 00

    Super Hornet

    Depuis au moins 30 - 40 ans, le Canada a toujours acheté par solidarité des armements made in USA. Mais il y a aussi la France et la Grande Bretagne dans cette business (sans compter Russie et Chine!). On peut même argumenter que nous n'avons pas vraiment besoin de ces armements sophistiqués et coûteux pour nos missions de paix en Afrique ou protéger notre territoire des immigrants irréguliers. Pensez-vous que notre Air Force résisterait longtemps à une attaque d'un de nos deux voisins, les USA ou la Russie?