Le conservateur Brad Trost poursuit son propre parti en justice

Brad Trost lors d'un débat en novembre 2016
Photo: Liam Richards La Presse canadienne Brad Trost lors d'un débat en novembre 2016

Le Parti conservateur est poursuivi en justice par nul autre que son propre député et ancien candidat à la chefferie Brad Trost. L’élu de Saskatoon déplore que son parti l’ait injustement accusé d’avoir partagé la liste des membres conservateurs avec l’Association canadienne des armes à feu.

Plusieurs conservateurs s’étaient plaints, le printemps dernier, d’avoir été contactés par l’Association des armes à feu et que cette dernière avait probablement obtenu leurs coordonnées par le biais des listes de membres du PC fournies aux candidats à la chefferie. Le parti avait alors lancé une enquête et avait conclu que la liste partagée provenait du camp de Brad Trost. L’équipe de M. Trost le nie et conteste le blâme du Parti conservateur. Car le parti n’a mené qu’un « simulacre d’enquête », déplore le directeur de campagne Joseph Ben-Ami.

Brad Trost argue, dans son avis déposé à la Cour supérieure de l’Ontario mardi, que l’enquête du PC a été menée par le directeur et des membres de la direction du parti, plutôt que par le président du comité électoral, un poste impartial, tel que le prévoient les règles de la course. Le blâme est en outre tombé avant même que le camp Trost ne soit informé de l’enquête ou des preuves retenues contre lui, déplorent ses avocats. Ces « fausses allégations » ont « nui à sa réputation », stipulent-ils.

M. Trost réclame que la cour annule la décision du PC et l’amende de 50 000 $ dont il a écopé, ou qu’elle ordonne au parti de mettre en place un processus équitable chargé de mener une nouvelle enquête.

Réglement à l’interne ?

Le Parti conservateur était avare de commentaires mardi, mais un porte-parole a invité M. Trost à contester la décision en ayant recours au processus d’appel du parti. Or, celui-ci est tout aussi arbitraire, selon l’équipe de Brad Trost, puisqu’il est composé des membres du parti qui ont porté le premier blâme.

Le Parti conservateur avait fourni à chaque campagne à la chefferie une liste de membres du parti en y ajoutant chaque fois quelques noms fictifs différents — ce qui lui permettait de savoir quelle liste avait été fournie à quel candidat.

Joseph Ben-Ami note que des employés du PC ont dressé cette liste et y ont eu accès eux aussi. Ce qui rend la décision du directeur du parti d’autant moins crédible à ses yeux, car il aurait pu accuser le camp Trost pour protéger ses propres employés, selon M. Ben-Ami. La preuve citée par le PC « établit simplement que la liste divulguée était la liste de Trost », mais « elle ne démontre pas raisonnablement que M. Trost ou son équipe sont ceux qui l’ont partagée », argue leur contestation judiciaire.

1 commentaire
  • Denis Miron - Abonné 6 septembre 2017 08 h 18

    Encore une preuve...

    que les conservateurs ne sont pas Trostable, et qu'il est inutile d'être Ben-Ami avec eux car même entre eux, ils n'hésitent pas à se faire des coups bas