Une approche raciste, déplore la ministre Bennett

La ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne La ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett

La ministre des Affaires autochtones du Canada se dit troublée par une étude selon laquelle des femmes de la région de Saskatoon, en Saskatchewan, auraient été contraintes de subir une ligature des trompes.

Lors d’une entrevue avec La Presse canadienne, Carolyn Bennett a déploré que des médecins soient encore prêts à imposer à certaines patientes leur vision de ce qu’est une « famille de taille optimale ». Selon elle, cette étude constitue une preuve de racisme au sein d’un système de santé qui ne s’est pas départi de ses préjugés contre les femmes autochtones.

Selon Mme Bennett, il s’agissait d’une approche très paternaliste, démontrant que le racisme est encore présent dans les établissements canadiens.

Le rapport a été rédigé par Yvonne Boyer, avocate et titulaire d’une chaire de recherche du Canada à l’Université du Manitoba à Brandon, et la docteure Judith Bartlett, une chercheuse et médecin.

Elles ont documenté la façon dont certaines femmes autochtones de Saskatoon et des environs avaient été forcées de subir une ligature des trompes ou de les resserrer après avoir accouché à l’hôpital.

La plupart des femmes interrogées ne se rappelaient pas non plus avoir consenti à la procédure ou l’ont fait parce qu’elles étaient épuisées et trop accablées pour argumenter plus longtemps, ont découvert les chercheuses.

Leur étude laisse également entendre que des médecins justifiaient la ligature des trompes afin d’aider les femmes autochtones à gérer la taille de leur famille.

« Les docteurs et les infirmières me disaient : “C’est pour votre bien. Vous avez tous ces enfants. Profitez-en pendant que vous les avez” », a raconté une des femmes interviewées.

Regrets

La Saskatoon Health Region a dit qu’elle regrettait profondément ce qui s’était passé, reconnaissant qu’elle n’avait pas réussi à traiter les femmes avec le respect, la compassion et le soutien qu’elles méritent.

Elle a demandé une évaluation externe après que les patientes eurent parlé aux médias dans le but de sensibiliser la population sur ce qu’elles avaient vécu.

4 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 5 août 2017 03 h 00

    Citation, question...

    "Selon Mme Bennett, il s’agissait d’une approche très paternaliste, démontrant que le racisme est encore présent dans les établissements canadiens.", est-il écrit d'une déclaration de la ministre.
    La question crue qu'il faut donc logiquement se poser (et lui poser...) est : Puisqu'elle vient de se rendre compte d'une partie incontournable d'un problème historique rémanant, Madame Bennett persistera-t-elle dorénavant à être ministre d'un pays qui porte en boutonnière un racisme colonial à l'endroit de "ses" peuples pré-britanniques et qu'il présente partout et sans cesse comme une standardisation civilisatrice de normes sociales et culturelles ?
    Vive la Répubilque !

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 5 août 2017 07 h 34

    Fondamentalement, du déjà-vu

    Ce rapport n'est qu'une preuve supplémentaire du génocide racial sur lequel s'est construit le Canada.

    Tout ceci doit nous ouvrir les yeux ; si l'ethnie dominante a imposé au Québec une camisole de force constitutionnelle en 1982, c'est que son article 23 condamne le peuple francoQuébécois à une lente extinction.

    Le même désir suprémaciste est à l'œuvre, mais avec des moyens différents.

  • François Genest - Inscrit 5 août 2017 08 h 26

    C'est un début mais ce n'est pas assez

    Je m'attends à une prise de position sans équivoque au niveau du gouvernement. Si le corps médical s'est rendu jusqu'à la stérilisaton systématique de femmes autochtones - employons les bons mots - c'est parce que cette idée ne choque plus ceux et celles qui empruntent la voie politique. Il faut que cette question soit abordée à la rentrée parlementaire. Voulons-nous vraiment revenir à l'eugénisme? Si oui, je déménage.

  • Michèle Cossette - Abonnée 6 août 2017 20 h 28

    Et ce sont, bien sûr, les Québécois qui sont racistes...