Les commissaires doivent regagner la confiance des familles, croit Michèle Audette

Mme Audette croit que les commissaires devront communiquer directement avec le public «sur une base continue», et faire preuve de plus de transparence.
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Mme Audette croit que les commissaires devront communiquer directement avec le public «sur une base continue», et faire preuve de plus de transparence.

Si les chefs autochtones ont jugé bon de ne pas réclamer la démission des commissaires de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, du chemin reste à parcourir pour regagner la confiance des familles, croit Michèle Audette.

« J’apprécie que les chefs aient pris cette décision, mais pas pour moi, car je suis remplaçable : pour les Canadiens et Canadiennes [qui] vont pour la première fois entendre toutes ces familles raconter ce qui est arrivé », confie la commissaire.

Mme Audette croit que les commissaires devront communiquer directement avec le public « sur une base continue », et faire preuve de plus de transparence. « On doit expliquer ce qu’on fait, où on s’en va, les gens n’en ont aucune idée. »

La commissaire dit avoir hâte de discuter avec ses collègues lors de leur rencontre la semaine prochaine à Vancouver. Ce sera l’occasion de faire le point et d’analyser la motion adoptée par l’APN demandant au gouvernement d’élargir le mandat de la commission afin « d’inclure les pratiques politiques et policières ».

Elle rappelle que la commission a déjà le pouvoir de « contraindre une institution, un corps policier, qu’il soit fédéral, provincial, municipal ou même d’une communauté autochtone, à répondre à [ses] questions ».

Mandat incompris

À ses yeux, son mandat reste incompris. « Notre travail n’est pas de faire celui de la police, et ça déçoit. Beaucoup pensaient qu’on allait rouvrir des dossiers. Nous, on enquête sur le travail des policiers, comment ils ont fait leurs protocoles, leurs enquêtes, comment ils ont répondu aux familles. »

Mais elle reconnaît que les commissaires devraient pendre une partie du blâme. « On n’a pas articulé [le mandat] de façon répétée depuis le départ. »

Durant leur rencontre, les commissaires finaliseront aussi leur demande de prolongation de l’enquête, le rapport final devant être remis le 1er novembre 2018 au gouvernement Trudeau. « On est capable de rendre quelque chose en deux ans, mais il y aura moins d’enjeux couverts. Pour formuler des recommandations de qualité, il va falloir une prolongation. »

Elle espère d’ici là que le rapport préliminaire qui doit être déposé en novembre cette année sera bien accueilli par le gouvernement.

2 commentaires
  • Robert Bernier - Abonné 29 juillet 2017 09 h 49

    Pauvre Madame Audette

    Madame Audette dit: "« Notre travail n’est pas de faire celui de la police, et ça déçoit. Beaucoup pensaient qu’on allait rouvrir des dossiers. " Le problème, c'est qu'il s'agissait là de la seule chose à faire.

    Je crains bien que Madame Audette n'ait sacrifié sa grande crédibilité sur l'autel de Justin Trudeau pour qui il ne s'agit pas ni ne s'est jamais agi de régler des problèmes, des problèmes bien connus, mais seulement de faire passer du temps en orchestrant une énième entreprise de théâtralisation des émotions vives et légitimes des autochtones.

    Une autre madame qui a aussi perdu sa crédibilité sur le même autel, c'est notre actuelle ministre à l'environnement, Madame McKenna, qui a joué le rôle de "cheer leader" à la COP21, poussant même à l'objectif qu'elle savait irréalisable de garder la hausse de température à 1.5 degré C, mais Madame McKenna qui sert maintenant de porte-parole à l'industrie pétrolière.

    Robert Bernier
    Mirabel

  • James R Godin - Inscrit 29 juillet 2017 14 h 32

    Excuses, excuses quand tu nous tien...

    On nous a présenté la nécessité d'une telle enquête avec la certitude d'un théorême résolu.

    Est-ce qu'une seule explication de la part des Commissaires vous a satisfait du pourquoi cette Commission en est encore à balbusier?

    On parle de contraintes administratives. A quoi s'attendre d'autre, c'est une "institution" gouvernementale? On parle de lois coloniales créant des obstacles. Réellement, quoi de nouveau à ce chapitre? On évoque d'une part le besoin d'une recherche exhaustive et d'autre part on blame le volumne d'information déjà disponible. Etc.

    Sur quoi en fait s'est on basé pour établir la nécessité de cette Commission si autant de temps est requis à tailler un mandat à la hauteur du "problême" ? Et quels critères ont présidé au choix des Commissaires? N'avaientt-ils/elles aucune connaissance dans ce qu'on leur demandait de s'embarquer?

    Nous avons des commissions d'enquête depuis plusieurs lunes au Canada; de plus les Américains sont allés sur la lune en 1968. Alors pourrait-on nous informer pourquoi en sont-ils encore au point de départ?

    La question: est-ce que les gens choisis sont purement et simplement incompétents dans les circonstances; venant du milieu des spécialistes de la critique plustôt que que de l'action?