Trudeau contredit Couillard et réitère son refus

Selon le premier ministre Philippe Couillard, une relation de gouvernement à gouvernement avec les communautés autochtones nécessite une modification constitutionnelle.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Selon le premier ministre Philippe Couillard, une relation de gouvernement à gouvernement avec les communautés autochtones nécessite une modification constitutionnelle.

Philippe Couillard pensait avoir trouvé une poignée pour forcer Justin Trudeau à causer constitution, mais le premier ministre canadien a fermé la porte à nouveau. Bien que Justin Trudeau souhaite renouveler la relation avec les Premières Nations, il estime qu’il y parviendra au sein du système fédéral actuel. Le premier ministre canadien nie qu’une relation de gouvernement à gouvernement avec les communautés autochtones nécessite, comme le plaide Philippe Couillard, une modification constitutionnelle.

Justin Trudeau réitérait, il y a dix jours, sa promesse phare de réconcilier la couronne et les communautés autochtones en faisant notamment de leur relation « une relation renouvelée de nation à nation, de gouvernement à gouvernement ». Ce qui a fait dire à Philippe Couillard la semaine dernière que le premier ministre Trudeau s’était ainsi engagé à créer un « nouvel ordre de gouvernement », ce qui « a un lien avec le texte constitutionnel ».

« Il y a énormément qu’on peut faire pour améliorer la gouvernance, le partenariat, le travail ensemble, la réconciliation de façon tangible et concrète avec les outils dont on dispose actuellement, a répliqué Justin Trudeau mardi. Je ne trouve pas que ça exige un débat constitutionnel. »

Début juin, M. Trudeau avait déjà rejeté le projet de pourparlers constitutionnels de Philippe Couillard, qui souhaite convaincre les Canadiens des revendications québécoises dans le but de reprendre éventuellement des négociations qui permettraient à terme au Québec d’adhérer à la Loi constitutionnelle. La réplique du premier ministre canadien avait été on ne peut plus claire : « On ne rouvre pas la Constitution. »

Le gouvernement québécois espérait néanmoins pouvoir plaider que la Constitution aurait à être modifiée pour permettre à Ottawa de parler d’une nouvelle relation de gouvernement à gouvernement avec les Premières Nations, les Inuits et les Cris. Des juristes de l’État québécois s’affairaient même à étayer cet argument, avait appris Le Devoir. Justin Trudeau ne partage toutefois pas leur lecture, a-t-il tranché en point de presse au Parlement mardi.

22 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 26 juillet 2017 04 h 35

    Vaudeville

    Ne soyons pas dupes de ce vaudeville politique où nos deux PM canadiens se servent de manière manichéenne des portes qui s'ouvrent et se ferment de manière tapageuse, qui s'ouvrent et se ferment par leur action mais surtout par celle de d'autres, pour donner aux spectateurs que nous sommes la leçon du bonheur et de l'harminie finale.
    Réouverte ou pas, affirmons tous que la Constitution de 82 est depuis et restera innacceptable pour tout Québécois qui se respecte.
    Ne serait que pour être le résultat concret d'une des nombreuses tricheries du Canada à l'endroit du Québec, celle-là venant du PET en une version remaniée de la Nuit des Longs Coûteaux et préparant déjà les Canadiens à accepter cette entourloupe honteuse qui suivra une décennie plus tard lors du Référendum de 1995.

    "-Salut-Hi Philippe-Phillip !
    -Bonjour-GoodDay mon Pit !
    Qu'est-ce qu'on se joue aujourd'hui pour cette assistance qui en restera médusée ?
    Ah tiens, j'ai une idée ! Et si aujourd'hui on jouait au jeu des deux "lonesome cowboys" justiciers devant les indociles Indiens ? On pourrait en profiter pour passer un Québec à tout le monde pour pousser définitivement dans le gosier des uns et des autres la Costitution de ton illustre et valeureux father ? Hein !?
    -Là je te reconnais-I recognise you my dear Ph'lip. Un beau périlleux avant et pi ensuite, oui-yes, un sale-tour arrière... Et ainsi : flip-flap mon Flip. Ce sera pas just for fun, je te le dis my genial old friend !
    -Oui-bon, on peut pas rester jeune toute sa vie après tout. Toi et moi, jeunesse qui sait et viellesse qui peut : kings of the world.
    -Ouin, pourvu que la Queen t'entende pas... Alors pas de temps à perdre, let's go with that !
    Comedy hour, here we are : both brothers in playing !"

    Paraît qu'il resterait encore plusieurs bonnes places à acheter dans la fosse et les gradins ?
    Pouvez encore en acheter.
    Mais pas moi. Parce qu'avec mon peuple, j'ai trop à faire pour construire un pays convenant à mes espoirs.

    Tourlou

    • Monique Bisson - Inscrit 26 juillet 2017 11 h 28

      Excellente analyse, M. Côté, et, oui, mettons nos énergies à bâtir notre pays d'est en ouest... À l'ouest, à Hull, nous étions aux premières loges lors de la nuit des longs couteaux et de ses conséquences qui doivent nous mener inexorablement à l'indépendance du Québec, car comme le disait Gaston Miron : « Ça ne peut pas toujours ne pas arriver ».

      Monique Bisson, Douglastown (Gaspé)

  • Michel Lebel - Abonné 26 juillet 2017 06 h 39

    Justin Trudeau a raison.


    On ne joue pas à Constitution comme on joue au yoyo. C'était le sport favori d'un Brian Mulroney: on connaît le résultat. Mieux vaut laisser ce sport à quelqu'un qui a plus d'étoffe que Justin Trudeau.

    M.L.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 26 juillet 2017 09 h 59

      Mais on joue avec le québécois comme avec les grenouilles(frogs)
      enleur faisant avaler de la fumée malsaine et beaucoup de vent et de vide.
      Comme dans "Juste pour rire".

    • René Bourgouin - Inscrit 26 juillet 2017 13 h 10

      Bien sûr M. Lebel. Un libéral, ça a toujours raison.

    • Michel Lebel - Abonné 26 juillet 2017 13 h 25

      @ René Bourgouin,


      Justin Trudeau a raison, parce qu'il me semble incapable de mener à bon port une réforme constitutionnelle. Il n'a pas, libéral qu'il est, l'envergure requise.


      M.L.

  • Léonce Naud - Abonné 26 juillet 2017 06 h 50

    Le Statut autochtone au Canada

    Le Statut légal autochtone au Canada apparaît-il à la fécondation ou à la naissance ?

  • François Beaulne - Abonné 26 juillet 2017 07 h 27

    Passons au vote

    Qu'on soit un supporteur de Couillard ou non, Il devient de plus en plus humiliant de voir le PM du Québec se faire 'revirer de bord' de manière cavalière par Trudeau fils qui se targue de vouloir discuter 'de nation à nation' avec les autochtones, alors qu'il refuse de reconnaître le Québec comme 'nation", de surcroit, 'peuple fondateur' de la fédération canadienne, il y a 150 ans. Anniversaire qu'il souligne d'ailleurs de manière clinquante et artificiellement tapageuse aux frais des contribuables québécois.
    Si Couillard veut vraiment réouvrir le dossier constitutionnel qu'il déclenche un référendum sur l'acceptation par les Québeçois de la constitution de 1982 que nous a imposée sans consultation Trudeau père.
    D'ailleurs, que Trudeau fils ait le courage de consulter les Québécois par référendum sur cette question, comme l'avaient fait les PM Mulroney et Bourassa sur l'Accord de chalrlottetown après l'échec du Lac Meech.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 26 juillet 2017 10 h 12

      Si les québécois avaient de couilles ,nous pourrions nous libérer des
      libéraux.Les experts prédisent la réélection de Philippe comme de raison.

  • Jacques Morissette - Inscrit 26 juillet 2017 08 h 53

    On ne met pas une arme entre les mains d'un aveugle.

    Bien d'accord pour dire que la constitution aurait bien besoin d'une mise à jour. Je me méfie cependant de P. Couillard. Ce dernier met l'enjeu des communautés autochtones sur le table, mais ce n'est que stratégie de sa part. Considérant la manière dont il traite les services publics et la misère humaine, je m'en méfie d'autant plus. Entre autres, envers les communautés des autochtones, si un changement lui donnait des atouts, pour en établir les enjeux.