Trudeau et son homologue irlandais vantent le libre-échange

Justin Trudeau et Leo Varadkar en conférence de presse à l’issue de leur entretien, mardi
Photo: Paul Faith Agence France-Presse Justin Trudeau et Leo Varadkar en conférence de presse à l’issue de leur entretien, mardi

Dublin — Le premier ministre Justin Trudeau et son homologue de l’Irlande, Leo Varadkar, ont fait l’éloge de l’accord de libre-échange entre le Canada et les pays de l’Union européenne (UE), mardi, lors de leur conférence de presse conjointe tenue à Dublin à l’issue de leurs entretiens.

M. Trudeau a répété que l’Accord économique et commercial global (AECG) stimulera la croissance économique et créera des emplois des deux côtés de l’Atlantique, au bénéfice de tous les travailleurs. Les gens d’affaires auront un meilleur accès aux marchés, selon lui. « L’AECG permettra aux entreprises canadiennes et irlandaises de se donner mutuellement un meilleur accès à leurs marchés, a expliqué le premier ministre canadien. Cela permettra de renforcer la croissance économique, le genre de croissance qui avantage tous les citoyens et non uniquement les plus riches. »

« Plus important encore, il permettra de créer davantage de bons emplois payants pour les travailleurs des deux côtés de l’Atlantique. » En 2016, la valeur du commerce entre le Canada et l’Irlande s’est élevée à environ 2,4 milliards.

Pour sa part, le premier ministre Varadkar a établi une similitude entre les deux pays : ils ont de puissants voisins qui semblent vouloir faire bande à part. Pour le Canada, il s’agit des États-Unis, devenus plus protectionnistes, et dans le cas de l’Irlande, le Royaume-Uni, qui entame son divorce de l’Union européenne.

Il y a des possibilités immenses pour des pays comme le Canada et l’Irlande, à un moment où nos alliés principaux et nos partenaires commerciaux que sont les États-Unis et le Royaume-Uni se referment sur eux-mêmes

 

Les deux dirigeants ont mentionné l’importance d’être inclusif. « Les Canadiens et les Irlandais comprennent qu’il n’est pas suffisant de tolérer nos voisins. Nous devons apprécier les choses qui rendent chacun de nous unique, qu’il s’agisse de notre genre, de la langue que nous parlons à la maison, de notre lieu de culte ou de la personne que nous aimons », a souligné M. Trudeau.

« Il y a des possibilités immenses pour des pays comme le Canada et l’Irlande, à un moment où nos alliés principaux et nos partenaires commerciaux que sont les États-Unis et le Royaume-Uni se referment sur eux-mêmes, ou au moins prennent une autre direction », a souligné le premier ministre canadien. La semaine dernière, Justin Trudeau avait déploré la décision des États-Unis d’imposer des taxes antidumping sur le bois d’oeuvre. Outre le bois, la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada touche des entreprises comme le constructeur aéronautique Bombardier, présent à Belfast, visé par une enquête antidumping réclamée par le groupe américain Boeing.

Justin Trudeau et Leo Varadkar ont aussi fait part de leurs engagements en faveur de la lutte aux changements climatiques, de la diversité sociale et de l’équilibre des sexes au sein des gouvernements. M. Varadkar a lancé à la blague qu’il avait reçu de bons conseils de la part de Justin Trudeau pendant leur rencontre, puisqu’il est au pouvoir depuis 18 jours seulement, tandis que son homologue canadien est premier ministre depuis environ 18 mois. Justin Trudeau est le premier visiteur international de Leo Varadkar et il s’agissait de la première rencontre entre les deux hommes.

La prochaine étape du séjour en Europe du premier ministre Trudeau sera une rencontre en Écosse avec la reine Elizabeth II. Il se rendra ensuite en Allemagne pour prendre part au sommet du G20, où l’on s’attend à un bras de fer entre la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président américain, Donald Trump, au sujet d’enjeux comme l’isolationnisme et le protectionnisme.

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