Martine Ouellet ne tentera pas de se faire élire dans Lac-Saint-Jean

Martine Ouellet, chef du Bloc québécois
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Martine Ouellet, chef du Bloc québécois

Martine Ouellet ne profitera pas du départ du conservateur Denis Lebel pour rejoindre ses députés à la Chambre des communes. La chef du Bloc québécois rejette l’idée de briguer la circonscription de Lac-Saint-Jean que laissera vacante M. Lebel, à la suite de son retrait de la vie politique cet été.

« Moi, je suis de la Rive-Sud, de Longueuil. C’est là que j’ai évolué, c’est là que j’ai fait toute mon action politique », a fait valoir la chef bloquiste en écartant l’idée de se présenter à l’éventuelle élection partielle au Saguenay-Lac-Saint-Jean puisqu’elle habite la région de Montréal. De l’avis de Mme Ouellet, c’est une question de « respecter les régions » en leur offrant un représentant fédéral qui connaît le terrain et leurs préoccupations locales. « Moi, j’adore le Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais ce n’est pas une région que je connais beaucoup. Et donc je pense qu’il faut être respectueux des citoyens de ce comté-là et travailler avec les gens qui vont le mieux représenter cette région », a-t-elle insisté.

Pourtant, d’autres chefs fédéraux, comme Jean Chrétien, Joe Clark et Brian Mulroney, s’étaient quant à eux fait élire une première fois loin de leur coin de pays afin de siéger aux Communes en début de mandat à la chefferie, pour ensuite retrouver leur port d’attache en représentant leur circonscription locale [voir l’encadré].

Martine Ouellet avait aussi refusé de briguer l’élection partielle dans Saint-Laurent, à Montréal, à la suite du départ du ministre libéral Stéphane Dion, en expliquant que la circonscription était quasi imprenable pour le Bloc québécois.

Or, la circonscription de Lac-Saint-Jean risque d’être témoin d’une lutte entre les conservateurs et les bloquistes puisque le comté a été représenté par le Bloc québécois sans relâche à compter de l’élection de Lucien Bouchard (d’abord élu sous la bannière des progressistes-conservateurs avant de cofonder le Bloc), et ce, jusqu’à l’élection de Denis Lebel en 2007.

Mme Ouellet préfère demeurer députée indépendante et terminer son mandat à l’Assemblée nationale, et miser ainsi sur son « action transparlementaire » – en siégeant à Québec tout en représentant le Bloc à Ottawa. « Ç’a trop fonctionné en vase clos dans les dernières années, où les gens de Québec ne regardaient pas ce qu’il se passait à Ottawa et les gens d’Ottawa ne regardaient pas ce qu’il se passe à Québec », a-t-elle martelé une fois de plus en faisant le bilan de ses efforts transparlementaires au Parlement fédéral lundi.


Des chefs et des partielles

Quelques chefs de partis fédéraux ont profité d’une élection partielle pour faire leur entrée – ou leur retour – à la Chambre des communes… et dans une autre province que la leur, de surcroît !

Jean Chrétien a pris le chemin de la Chambre des communes en se faisant élire dans Beauséjour, au Nouveau-Brunswick, le 10 décembre 1990, six mois après avoir été élu chef du Parti libéral du Canada. À l’élection générale de 1993, il est retourné à son port d’attache de Saint-Maurice, qu’il avait représenté de 1963 à 1986.

Joe Clark a été élu à l’élection partielle du 11 septembre 2000 dans Kings-Hants en Nouvelle-Écosse – alors qu’il avait toujours occupé un siège de l’Alberta –, après avoir été élu chef du Parti progressiste-conservateur deux ans plus tôt. À peine deux mois plus tard, il fait un retour aux sources lors de l’élection générale en se faisant élire en Alberta.

Brian Mulroney est élu à une partielle le 29 août 1983, quelque temps après avoir été couronné chef du Parti progressiste-conservateur, dans Nova-Centre, en Nouvelle-Écosse. À l’élection générale de 1984, le « p’tit gars de Baie-Comeau » est élu dans Manicouagan, puis passe dans Charlevoix en 1988.
Hélène Buzzetti

Profiter d’une partielle pour entrer aux Communes



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