Denis Lebel quitte la vie politique

Denis Lebel a été député fédéral pour la première fois lors d’une élection complémentaire en 2007.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Denis Lebel a été député fédéral pour la première fois lors d’une élection complémentaire en 2007.

Citant le difficile passage de « ministre senior » à député d’opposition « qui pose des questions », l’ancien lieutenant de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel, a annoncé lundi qu’il tirait un trait sur la vie politique.

Après avoir piloté plusieurs ministères et occupé le poste de chef intérimaire adjoint du Parti conservateur, il ne se voyait pas retourner siéger comme simple député avec le mandat de réclamer des comptes au gouvernement.

Le député Lebel ne s’en cache pas : passer dans l’opposition après environ une décennie au pouvoir a été dur à encaisser.

« Pour moi, personnellement, ç’a été difficile, a-t-il confié au micro de Radio-Canada, lundi midi. Le rôle de l’opposition officielle est extrêmement important dans une démocratie, mais moi qui avais connu l’autre côté de la médaille, j’ai trouvé ça difficile. »

Le rôle de l’opposition officielle est extrêmement important dans une démocratie, mais moi qui avais connu l’autre côté de la médaille, j’ai trouvé ça difficile

 

Un peu plus tôt, en conférence de presse à Roberval, celui qui a notamment été ministre de l’Infrastructure, des Transports et des Affaires intergouvernementales au sein du gouvernement Harper, a dit partir avec le sentiment d’avoir « atteint ses objectifs ».

« J’ai eu 63 ans la semaine passée. Après 17 ans [sept comme maire de Roberval et 10 comme élu fédéral], j’ai donné », a soutenu Denis Lebel, se disant « extrêmement fier » de tout le travail accompli pendant ces années au service du public.

Pas de retour cet automne

Dans sa déclaration d’ouverture devant les journalistes, il a cité le nouveau pont Champlain parmi les réalisations dont il demeurera le plus fier et remercié « de tout coeur » Stephen Harper, qui « aura été, dans l’histoire, un grand premier ministre ».

Le député de Lac-Saint-Jean a ensuite pris la direction d’Ottawa, où il viendra faire ses adieux en cette dernière semaine de travaux parlementaires. Il ne sera pas de retour dans la capitale à l’automne prochain ; les prochaines semaines serviront à boucler des dossiers locaux.

Maire de Roberval entre 2000 et 2007, Denis Lebel a été député fédéral pour la première fois lors d’une élection complémentaire en 2007. Il a remporté les élections subséquentes de 2008, 2011 et 2015.

Le nouveau chef des troupes conservatrices, Andrew Scheer, a salué par voie de communiqué le travail qu’a abattu « Denis, un fier bleuet », pour le rôle qu’il a joué dans la constitution de l’équipe de candidats du Québec aux dernières élections.

« Grâce au travail effectué par Denis avant et pendant la dernière élection générale en 2015, notre parti a connu les meilleurs résultats de son histoire en faisant élire 12 députés conservateurs au Québec », a souligné M. Scheer.

De son côté, le député néo-démocrate Alexandre Boulerice a offert ses meilleurs voeux à ce collègue avec qui il a toujours eu de « bons rapports » et avec qui il « rigolait souvent ». Il a cependant souligné que, partir « un an et demi après une élection générale, c’est un peu tôt ».

Départ d’Ambrose

L’annonce du départ de Denis Lebel survient quelques semaines après que la chef intérimaire qu’il a épaulée depuis novembre 2015, Rona Ambrose, eut confirmé qu’elle raccrochait aussi ses habits de députée fédérale.

Il faudra donc déclencher les sixième et septième élections complémentaires depuis les dernières élections d’octobre 2015. Chacun de ces scrutins coûte « en moyenne 950 000 $», a indiqué lundi Mélanie Wise, porte-parole d’Élections Canada.

Le député Boulerice se dit curieux de voir si, dans la circonscription de Lac-Saint-Jean, les électeurs opteront pour « un député conservateur, si ces gens-là, ça ne leur tente pas de jouer leur rôle dans l’opposition ».

Aux élections d’octobre 2015, Denis Lebel l’avait emporté avec 33,3 % des voix devant la néo-démocrate Gisèle Dallaire, qui avait amassé 28,5 % des suffrages. Les candidats bloquiste (18,4 %) et libéral (18,3 %) les suivaient.

À voir en vidéo