Jean Chrétien ne veut pas assister à la relance du débat constitutionnel

Jean Chrétien et son épouse lors d'un passage à New York, en mars dernier
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Jean Chrétien et son épouse lors d'un passage à New York, en mars dernier

L’ancien premier ministre du Canada Jean Chrétien ne cache pas sa réticence à rouvrir l’épineux dossier de la Constitution, même s’il salue la volonté du gouvernement québécois à renouer avec le reste du pays.

Avant d’occuper le 24 Sussex, Jean Chrétien avait pris part au rapatriement de la Constitution sans l’adhésion du Québec, en tant que ministre de la Justice sous Pierre Elliott Trudeau.

Aujourd’hui âgé de 83 ans, M. Chrétien estime que la situation demeure inchangée depuis 1993, rappelant qu’il avait alors invité les électeurs canadiens à ne pas le porter au pouvoir s’ils souhaitaient poursuivre ce débat.

Pour un rapprochement

M. Chrétien, qui avait également rallié les forces du « non » à l’occasion du référendum sur la souveraineté du Québec de 1980, se réjouit de l’initiative des libéraux provinciaux de tenter un rapprochement entre les Canadiens anglais et français — dépeints par l’auteur Hugh MacLennan comme « deux solitudes ».

Plus tôt ce mois-ci, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a présenté une « politique d’affirmation » en vue de faire adhérer la Belle Province au texte fondateur canadien.

La brique de quelque 200 pages intitulée « Québécois, c’est notre façon d’être Canadiens » revendique la reconnaissance formelle du caractère distinct de la société québécoise, et ce, d’un océan à l’autre.

« Ce qui est intéressant, c’est qu’il voudrait qu’on fasse plus partie du Canada anglais. C’est un très bon message », a applaudi M. Chrétien, qui se décrit lui-même comme « un drôle de Québécois » en raison de ses origines américaines et canadiennes-anglaises.

Pas en «exil»

« Mais ouvrir la Constitution à ce moment-ci ? J’aime autant ne pas être là. Je l’ai fait en 1982 et je ne suis pas un candidat pour participer », a-t-il objecté.

L’actuel premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s’était lui aussi empressé d’écarter la possibilité d’une nouvelle ronde de discussions constitutionnelles, qualifiant le débat de « sémantique ».

Interrogé sur les propos du ministre québécois de la Santé, Gaétan Barrette, selon lesquels les Québécois se trouvent en « exil », Jean Chrétien a rejeté l’idée que les événements de 1982 ont fragilisé leur appartenance au Canada.

« On n’est pas en exil. Moi, je vis à Ottawa et regardez comme je suis en santé », a raillé celui que l’on surnomme « le p’tit gars de Shawinigan », en marge du Forum économique international des Amériques, à Montréal.

3 commentaires
  • Pierre Beaulieu - Abonné 12 juin 2017 19 h 44

    Chrétien.

    Est-ce quelqu'un va lui dire qu'on n'a pas besoin de lui pour quoi que ce soit.

  • Gilles St-Pierre - Abonné 12 juin 2017 20 h 04

    Plus en santé que ça...

    ... tu meurs. Mais enfin, le voilà sorti des boules à mites pour dire quelque chose d'intelligent qu'on ne peut qu'endosser à 100%; qu'il ne soit pas là lors de nos prochaines négociations avec le Canada.

    Il nous a assez saboté comme c'est là, pas nécessaire d'en rajouter.

    "Je me souviens".

  • Pierre Asselin - Abonné 12 juin 2017 20 h 24

    La trahison

    Serait-ce le monsieur qui a trahi le Québec , deux fois plutôt qu'une et que ne se sent aucunement responsable de la situation actuelle