Défense: deux dossiers chauds rattrapent Ottawa

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan
Photo: Lars Hagberg La Presse canadienne Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan

Bien que le gouvernement Trudeau ait annoncé son plan à long terme pour moderniser l’armée la semaine dernière, les priorités immédiates le rattrapent alors que plusieurs questions restent toujours en suspens.

Le gouvernement libéral continue de jongler avec deux enjeux cruciaux, mais à court terme : les avions de chasse « par intérim » et le rôle du Canada en Afghanistan.

La Presse canadienne a appris que le ministre de la Défense, Harjit Sajjan a rencontré la dirigeante de Lockheed Martin, le géant américain de la défense qui est derrière la flotte de F-35, à Singapour plus tôt ce mois-ci.

La tenue de cette rencontre entre M. Sajjan et Marilyn Hewson est révélée alors que le ministre a dit à l’émission Question Period de CTV que le gouvernement examinait « plusieurs options » pour régler le problème du manque d’avions de chasse.

Conflit avec Boeing

Le gouvernement libéral a annoncé en novembre qu’il achèterait 18 Super Hornets de Boeing « en attendant » de trouver un remplacement aux CF-18. Mais cela, c’était avant que Boeing dépose une plainte au département américain du Commerce selon laquelle Bombardier aurait vendu ses avions de ligne CSeries au rabais avec l’aide du gouvernement fédéral.

Depuis ce temps, le gouvernement Trudeau a menacé de renoncer à acheter les Super Hornets en raison de ce conflit, qui a pris une nouvelle tournure vendredi, lorsque la Commission du commerce international des États-Unis a annoncé qu’elle continuait d’enquêter.

Le porte-parole de M. Sajjan, Jordan Owens, a confirmé que le ministre avait rencontré Mme Hewson lors d’un sommet de la défense, à Singapour, au début du mois de juin, mais il a refusé de dire pour l’instant le contenu de leurs discussions.

Cependant, un représentant de Lockheed Martin a indiqué que Mme Hewson avait dit à M. Sajjan que son entreprise était prête et enthousiaste à l’idée de livrer les F-35 de façon urgente si nécessaire.

Le gouvernement a récemment dépensé 30 millions $ supplémentaires pour rester à la table en tant que partenaire dans le projet des F-35, alors que Boeing pour sa part a souligné l’importance des liens économiques et commerciaux avec le Canada.

Rôle en Afghanistan

Par ailleurs, le bureau de M. Sajjan a affirmé dimanche que l’OTAN avait demandé au Canada d’envoyer plus de policiers en Afghanistan pour aider à former les forces de sécurité du pays encore secoué par les conflits.

« Nous venons de recevoir [cette demande] et nous l’examinons. La porte n’a pas encore été fermée », a soutenu le porte-parole du ministre.

Cette requête arrive alors que les États-Unis et l’OTAN souhaitent accentuer leurs efforts en Afghanistan, où les policiers et les militaires peinent à reprendre le contrôle sur les talibans.

La situation a été compliquée par l’arrivée du groupe armé État islamique, qui a mené plusieurs attaques au pays dans la dernière année.

Selon un responsable de l’OTAN, qui n’était pas autorisé à commenter publiquement ce dossier, les membres de l’alliance militaire se réuniront à Bruxelles plus tard au cours du mois pour annoncer leur plan.

Cela accroît la pression sur le Canada, qui devra choisir rapidement s’il veut retourner en Afghanistan après avoir mis fin à sa mission au pays en 2014.

Toute décision d’envoyer des Canadiens — même des policiers — devrait provoquer des réactions émotives au Canada, en raison du coût élevé de la mission qui s’est étendue de 2001 à 2014.

Des milliers de Canadiens ont servi en Afghanistan pendant cette période continuent de souffrir de blessures physiques et mentales, tandis que 158 soldats, un diplomate et un journaliste y ont perdu la vie.

Le Canada a aussi versé des milliards de dollars en aide de développement au pays — en plus des 150 millions $ qui continuent à être versés annuellement.

Malgré cette intervention coûteuse en sang et en argent, la paix et la stabilité demeurent difficiles à atteindre considérant que les forces afghanes ont récemment perdu du terrain contre les talibans.

3 commentaires
  • Clermont Domingue - Abonné 11 juin 2017 21 h 02

    ???

    Se peut-il que la sympathie des soldats afghans aille davantage aux talibans qu'aux soldats canadiens?

    Combien gagne un soldat afghan en comparaison d'un soldat canadien?Cinq fois moins? Dix fois moins?,,, Ou encore moins??

  • Gilles Théberge - Abonné 11 juin 2017 21 h 47

    Outre le fait que la menace militaire contre le Canada est une illusion, une vue de l'esprit, qui nous menace vraiment....?

    Une autre chose me dérange beaucoup au sujet de cette annonce.

    Le ministre de La Défense parle l'anglais et le sikh, mais est incapable de s'exprimer dan la langue officielle de Canada qui est le français.

    Et donc, il doit recourir à un autre ministre pour s'adresser aux francophones du Canada.

    Je trouve cette situation indigne, et je proteste vigoureusement...!

    • Maxime Bérubé - Abonné 12 juin 2017 10 h 29

      Les langues officielles du Canada sont le français et l'anglais selon la loi sur les langues officielles instaurées en 1969. L'utilisation d'un porte parole qui maîtrise mieux la langue n'est pas hors du commun et, sincèrement, pas un problème qui devrait être un si grande préoccupation.