Le protectionnisme n’est pas la voie à suivre, tranche Chrystia Freeland

La ministre Chrystia Freeland a livré un véritable plaidoyer en faveur du multilatéralisme et du libre-échangisme.
Photo: Adrian Wyld Archives La Presse canadienne La ministre Chrystia Freeland a livré un véritable plaidoyer en faveur du multilatéralisme et du libre-échangisme.

« Mettre le Canada en premier » ou critiquer les « manoeuvres diaboliques d’étrangers » n’est pas la voie à suivre pour répondre aux défis auxquels le Canada et le monde entier font face, tranche la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland.

Dans un premier long discours élaboré sur la politique étrangère canadienne en Chambre, mardi matin, la diplomate en chef du pays y est allée de ce qui semble être la réponse du Canada à la rhétorique du président des États-Unis, Donald Trump.

Alors que le locataire de la Maison-Blanche se retire des accords internationaux et menace de briser l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), la ministre Freeland y est allée d’un véritable plaidoyer en faveur du multilatéralisme et du libre-échangisme.

Il existe en effet un « sentiment généralisé que trop de gens ont été oubliés ou trahis » par les mutations économiques, mais ce n’est pas pour autant au commerce international « qu’il faut s’en prendre », a-t-elle offert.

Car si des « solutions simples existaient, tout le monde les mettrait en pratique » — et il est « tout à fait erroné d’attribuer les difficultés économiques de notre classe moyenne aux manoeuvres diaboliques d’étrangers », a soutenu la ministre des Affaires étrangères.

Elle a par ailleurs réitéré l’importance, pour le Canada, de s’impliquer pleinement dans des institutions internationales comme les Nations unies et l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), entre autres.

La ministre a aussi souligné que sa collègue au Développement international, Marie-Claude Bibeau, dévoilerait bientôt « la première politique féministe d’aide internationale du Canada qui mettra l’accent sur les droits des femmes et des filles ainsi que l’égalité entre les sexes ».

Et à la veille de l’annonce de la nouvelle politique de défense du Canada par son autre collègue, Harjit Sajjan, elle a insisté sur l’importance d’investir pour « maintenir des forces armées canadiennes qualifiées, professionnelles, bien financées et bien équipées ».

Parce que se fier « uniquement au bouclier protecteur des États-Unis ferait de nous un État client. Même si nous avons une excellente relation avec nos amis et voisins américains, une telle dépendance ne serait pas dans l’intérêt du Canada », a insisté Chrystia Freeland.

Le Canada tente depuis des mois de trouver le ton juste pour réagir à l’élection du président Trump. La ministre Freeland a offert le sien mardi à la Chambre des communes avec un discours lourd de sous-entendus.

4 commentaires
  • Colette Pagé - Inscrite 6 juin 2017 11 h 50

    Les États- Unis Great again !

    Mais seul et isolé avec un Président ignorant et dangereux.
    Telle est la voie malheureuse empruntée par ce Président que le Canada a raisond e dénoncer.

    Car imposer des taxes au frontière entraînera par voie de conséquence les autres pays à faire de même.

    Ce qui ne fera qu'augmenter les prix à la consommation ajoutant un fardeau supplémentaire à cette classe moyenne que le Présient prétend défendre.

    • Jacques Patenaude - Abonné 6 juin 2017 12 h 48

      Si le protectionnisme n'est pas une solution, le maintien de la situation actuelle ne l'est pas plus. Ce qui m'inquiète dans ce compte-rendu du discours est la suivante:
      "Il existe en effet un « sentiment généralisé que trop de gens ont été oubliés ou trahis » par les mutations économiques, mais ce n’est pas pour autant au commerce international « qu’il faut s’en prendre », a-t-elle offert."
      Ça laisse supposer que la situation actuelle lui conviens. Pourtant les traités actuels doivent à mon avis être corriger car oui ils ont des effets pervers dont celui d'avoir créé une classe économico-politique qui échappe à tout contrôle démocratique. Sans correctifs les gens ont raison de penser qu'il y a trop de gens oubliés ou trahis. elle ne semble avoir rien dit sur cela.

  • André Mainguy - Inscrit 6 juin 2017 15 h 15

    Politiques internationales du droit des femmes et de l'égalité des sexes

    Le projet de politiques internationales canadiennes du Droit des femmes et de l'égalité des sexes, ne devra pas oublier le sort des enfants de ces femmes.

    Actuellement, des femmes canadiennes vivant dans un pays étranger avec un homme de ce dit pays, souffrent de violences, de même que ses enfants sans soutien du Canada.

    Je ne peut qu'espérer que cette nouvelle politique qui sera annoncée par une femme, la ministre Marie-Claude Bibeau, du cabinet Trudeau, aura des dents afin que les Ambassades du Canada de mettent pas à la porte une femme et ses enfants qui s'y présentent, comme c'est le cas dans certains pays, dont le gouvernement sait très bien que ce n'est pas une vue de l'esprit, mais bel et bien d'une réalité.

    J'espère que Le Devoir sera l'un des quotidiens qui suivra avec soin le dépôt de cette loi et de ses enjeux.
    Peut-être que dans certaines Ambassades canadiennes où le machisme prévaut, il serait utile de nommer une femme qui sait ce qu'est d'avoir l'obligation de se protéger et de protéger ses enfants.

  • Cyril Dionne - Abonné 6 juin 2017 16 h 59

    Chère Mme Freeland,

    Ce ne sont pas les multiculturalistes « of Canada » qu'il faut convaincre, mais bien les Américains. Ils n'ont pas besoin de personne, surtout des anciens loyalistes au nord du 45e parallèle. L’ALENA, c’est terminé tout comme le COP 21.

    L'isolationnisme et le protectionnisme est la voie à suivre. Parlez-en aux millions de gens qui perdent leur emploi grâce à la mondialisation et aux libre-échangistes qui sont qu’en fait, des néolibéralistes.

    En passant, je préfère de loin être aligné avec les Russes qu’avec les Ukrainiens d'extrême droite.