Non à un débat sémantique sur la Constitution, dit Trudeau

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Le Canada ne peut à la fois mener de front ses combats économiques et environnementaux tout en s’embourbant dans de stériles débats sur la Constitution, a plaidé lundi Justin Trudeau.

Le premier ministre a soutenu qu’en élisant un gouvernement libéral, les Canadiens avaient signalé qu’ils avaient d’autres priorités que les négociations constitutionnelles.

La population canadienne, comme celle du Québec, préfère se concentrer sur la croissance de la classe moyenne plutôt que de « s’enliser » dans des débats sur « le libellé » du texte fondateur, a-t-il dit en anglais. 

 
Il n’est pas allé aussi loin lorsqu’il a répété sa réponse en français, n’abordant pas le volet sémantique de la Loi constitutionnelle de 1982.
 

Le premier ministre s’est contenté d’offrir que face aux défis auxquels le pays est confronté, il fallait « se concentrer sur ce qui compte vraiment et ne pas se laisser distraire par une ronde de négociations sur la Constitution ».
 

Il n’a par ailleurs pas spécifié, en marge de cette conférence de presse conjointe avec la présidente du Chili, Michelle Bachelet, s’il avait lu la brique de 200 pages qu’a publiée il y a quelques jours son homologue québécois Philippe Couillard.

« Comme nous avons dit lorsque le document a été rendu public la semaine dernière, nous allons prendre le temps de bien analyser le document », a écrit lundi soir dans un courriel son attaché de presse, Cameron Ahmad.

Justin Trudeau avait réagi à la publication du document avant d’en prendre connaissance, jeudi dernier. « Vous connaissez mes opinions sur la Constitution. On ne rouvre pas la Constitution », avait-il laissé tomber à son arrivée au parlement en matinée.


Offensive 
 

Dans son volumineux essai, le premier ministre Couillard suggère de lancer une offensive à travers le pays pour convaincre les Canadiens de la justesse des revendications du Québec.

Il souhaite, au terme de cette démarche essentiellement pédagogique, créer les conditions favorables à la reprise d’éventuelles négociations constitutionnelles, le moment venu.

La prompte réaction de Justin Trudeau a été critiquée par l’opposition à Ottawa et à Québec.

7 commentaires
  • Jacques Patenaude - Abonné 5 juin 2017 18 h 39

    Bref...

    L'oeuvre la plus fondamentale de son père ne fut qu'une oeuvre sémantique?

    • Yves Mercure - Inscrit 5 juin 2017 19 h 59

      Non...
      ...je veux dire, oui. E... E... Un nom veut dire un oui, comme son illustre géniteur nous le disait il y a 35 ans.
      Bref, la sémantique agressive du père devient la sémantique défensive de sauvegarde de la mémoire de l'autre. Ouais, je pense que le Nom veut dire quelque chose... Qui se passe de nuit, sous couverture et que le gouvernement n'a rien à faire dans cette pièce.
      À moins que ce soit une nouvelle manifestation du vide sidéral de notre selfieman par excellence.

    • Marc Therrien - Abonné 5 juin 2017 20 h 30

      Et sûrement que Justin n'a pas les habiletés de son père pour jouer de la sémantique.

      Marc Therrien

    • Daniel Faucher - Inscrit 5 juin 2017 22 h 26

      Excusez-le... Il ne connaissait pas la signification de ce mot en français...

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 5 juin 2017 21 h 10

    Faussement légale et Illégitime

    Dans la plupart des pays, la Constitution est un objet de fierté. Dans le cas du Québec, la Constitution est un objet de mépris, car elle a été enfoncée dans la gorge des Québécois sans leur consentement.

    La Constitution de 1982 a été imposée au Québec contre sa volonté, et est carrément illégitime. Elle doit être combattue sur la scène internationale comme étant l’asservissement d’un État sur un autre État. Cette camisole de force doit tomber.

    Il faut que le Québec s’affirme et exerce lui-même sa dévolution en se donnant une Constitution québécoise identitaire, une Loi 101 réanimée, une Charte de laïcité, un Contrat de citoyenneté québécoise, en exigeant par la Cour (oui, celle qui penche toujours du même côté) le respect intégral des prérogatives exclusivement provinciales (québécoises).

    La "gouvernance souverainiste" devra comporter l'adoption d'une Constitution québécoise et d'une Charte de la laïcité. Identité nationale et citoyenneté. Et fierté d’être Québécois.


    Il faut protéger l’identité québécoise francophone, de culture chrétienne mais laïque dans ses institutions publiques. Cela par des mesures comme une Constitution québécoise, un renforcement de la Loi 101, une Charte de la laïcité, une immigration plus raisonnable qui s’intègre à la majorité et non contre.

    Il nous faut une concertation entre les partis souverainistes et autonomistes pour d’abord prendre le pouvoir, et ensuite pour mettre ces mesures en place. Dans cette optique, le rôle du Parti québécois est crucial.

  • Yvon Bureau - Abonné 5 juin 2017 21 h 32

    Pas un autre débat

    sur l'aide médicale à mourir.
    Demandez simplement à la Cour suprême son avis sur C-14/Aide médiclale à mourir.

    Sans cela, vous continuerai à ouvrir la porte à la maltraitance des Souffrants rendusà la fin de leur vie.

    Faites cette demande avant la fin de cette cession. Votre coeur est assez grand pour cela.

  • Gilles St-Pierre - Abonné 5 juin 2017 22 h 07

    C’est précisément...

    pour des raisons analogues que le Québec ne doit pas demeurer dans le marasme constitutionnel que représente pour lui le fédéralisme canadien; c'est pourtant pas si difficile à comprendre ça. C'est que voyez-vous, ce qui fait l'affaire du Canada, bien trop souvent le Québec doit en faire les frais et ce que le Québec désire, et bien le Canada s'en préoccupe même pas car ce n'est jamais le temps ou encore ce n'est jamais ce que les canadiens désirent ou bien ne les avantage pas.

    À force de n'être jamais dans le bon "timing" c'est à se demander pourquoi rester dans leur Canada. Pourquoi nous ont-ils voler ainsi notre dernier référendum alors? Ils semblaient tellement nous aimer lors de nos deux référendums, où est donc passer cette grande passion pour le Québec une fois que le Non l'a remporté. Le père PET nous avait promis un fédéralisme renouvelé en 80, aurait-ce été une duperie? Un cruel mensonge fait sur notre dos? Poser la question c’est d’y répondre. Aujourd’hui ce qu’on connaît c’est plutôt du « Quebec bashing » et on ne se gène pas, dans ce domaine ils excellent. Cessez donc alors de nous voler comme en 95 et faites donc face à la réalité pour une fois, peut être réussirions-nous enfin à obtenir un pays qui a de l’allure plutôt que ce semblant de fédéralisme qui n’en n’est pas un du tout et que le Québec n’a jamais signé d’ailleurs et qu’il ne signera jamais car il n’est pas acceptable pour nous pas plus que le statut quo qui perdure et qui fini par être passé date . Quand on ne signe pas un contrat c’est qu’on ne fait pas parti d’un contrat; ce Canada n’est pas fait pour le Québec, il ne l’a jamais été et ne le sera jamais et nous devrons considérer que nous n’en faisons pas parti. Le plutôt que nous proclamerons notre Québec souverain, plus ce sera avantageux pour nous.

    Alors vivre le Québec libre au plus tôt et quand les canadiens seront prêts, ils sauront bien où nous trouver et nous parlerons d’égal à égal et non de l’étage d’en dessous.