Une motion embarrassante pour Andrew Scheer en vue?

Le nouveau leader conservateur, Andrew Scheer
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le nouveau leader conservateur, Andrew Scheer

Les libéraux ont été « profondément déçus » par l’annonce du retrait américain de l’Accord de Paris, mais ils semblent avoir l’intention d’en tirer le maximum à la Chambre des communes.

Dans les heures ayant suivi l’annonce de Washington, les libéraux ont déposé une motion stipulant que « malgré le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, le Canada demeure résolu à mettre en oeuvre l’Accord, car cela est dans l’intérêt de tous les Canadiens ».

Au moment où ils seront invités à se prononcer sur cette motion, la semaine prochaine, les conservateurs et leur nouveau chef devront décider s’ils se rangent du côté des États-Unis, a indiqué la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna.

À son entrée à la période des questions, vendredi matin, elle a dit espérer que « tous les députés » l’appuieront, puisqu’elle permettra selon elle de « démontrer le leadership du Canada et son soutien au monde entier pour notre planète ».

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’un vote en défaveur de la part du nouveau leader conservateur, Andrew Scheer, enverrait comme message, elle n’a pas répondu directement, mais a signalé que cela placerait le chef de l’opposition officielle en porte à faux avec le reste du monde.

« On va attendre de voir qui va voter pour l’Accord de Paris. J’espère que tout le monde votera pour », a-t-elle dit lors d’une mêlée de presse.

Réactions

Le nouveau dirigeant des troupes conservatrices a affirmé dimanche dernier lors d’un entretien avec La Presse canadienne que « si les États-Unis se retiraient de l’accord, on doit avoir une conversation », et que « comme opposition, ce sera notre rôle à ce moment-là ».

Andrew Scheer avait aussi signalé lors de cette entrevue accordée quelques heures après sa victoire électorale qu’il y avait selon lui « des aspects dans l’accord qui placent le Canada en désavantage et qu’on doit regarder ».

Quelques députés conservateurs croisés vendredi dans le foyer de la Chambre ont réitéré qu’ils étaient pour l’entente internationale, mais ont dit vouloir étudier attentivement la motion avant de déterminer s’ils allaient voter pour ou contre, sentant un piège.

« S’ils [les libéraux] ont joué » selon les règles, « s’ils ont présenté une motion raisonnable, je ne vois pas de problème à appuyer une motion pour appuyer l’Accord de Paris. Mais je suis toujours un peu méfiant par rapport aux libéraux », a indiqué le député Luc Berthold.

« Je pense que l’Accord de Paris est un bon accord pour le Canada et pour le monde, donc je ne comprends pas la position des États-Unis de s’être retirés unilatéralement comme ils l’ont fait », a ajouté l’élu de Mégantic — L’Érable.