Deux autres provinces refusent l’invitation de Philippe Couillard

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a aussi refusé de rouvrir le débat constitutionnel. 
Photo: Stephen MacGillivray La Presse canadienne Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant, a aussi refusé de rouvrir le débat constitutionnel. 

Au tour de deux autres provinces canadiennes de fermer la porte à l’idée, mise de l’avant par Philippe Couillard, de parler Constitution. Le Nouveau-Brunswick et Terre-Neuve ne sont tout simplement pas intéressés.

Les premiers ministres des deux provinces maritimes étaient de passage à Ottawa vendredi pour s’entretenir avec Justin Trudeau. Interceptés tour à tour dans les corridors du Parlement, ni un ni l’autre n’a paru enthousiaste à l’idée de rouvrir le débat constitutionnel.

« Nous, en ce moment, on est concentrés sur l’économie, l’éducation et la santé », a répété en boucle Brian Gallant, du Nouveau-Brunswick. Ce premier ministre libéral est un proche de Justin Trudeau et de son ministre Dominic Leblanc. Dans une déclaration écrite transmise par l’entourage de M. Gallant et lui étant attribuée, la fin de non-recevoir a été encore plus claire. « Le Nouveau-Brunswick est concentré sur les principales priorités du gouvernement et la création d’emplois, le renforcement de l’économie et l’aide aux familles. Dans ce contexte, la réforme constitutionnelle n’est pas une priorité pour le moment. »

De son côté, le Terre-Neuvien Dwight Ball s’est caché derrière le refus de Justin Trudeau, exprimé la veille. « Le premier ministre [Justin Trudeau] a fait connaître sa volonté à propos de la Constitution », a répété M. Ball. Jeudi, alors que le document de Philippe Couillard n’avait pas été officiellement dévoilé (bien qu’il ait fait l’objet d’une fuite médiatique), Justin Trudeau avait laconiquement déclaré : « Vous connaissez mes opinions sur la Constitution. On n’ouvre pas la Constitution. »

Ces refus de deux provinces maritimes s’ajoutent à ceux de l’Alberta et de la Saskatchewan. Dans une déclaration envoyée au Devoir jeudi en soirée, la première ministre néodémocrate Rachel Notley a indiqué que « toute discussion constitutionnelle ne devrait être entreprise qu’avec beaucoup de précaution et que si elle est susceptible d’être fructueuse. Ce ne semble pas être le cas aujourd’hui. » Brad Wall avait indiqué pour sa part que si le débat devait être rouvert, alors il demanderait que soit revu le programme de péréquation, qu’il juge trop généreux pour le Québec et pas assez pour sa Saskatchewan.

11 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 3 juin 2017 05 h 19

    Frisson

    Mais c'est qu'elles sont déterminées les provinces !
    Mais ah! qu'il est courageux, notre Philippe ! Demain, victorieux, ne sera-t-il pas glorieux...?

    Misère de misère !
    Mais c'est que le loustic est en train de nous refaire le coup monté d'un Bourassa menaçant dangereusement le Canada de faire un référendum sur l'indépendance du Québec !!!
    Alors j'ai peur.

    Bon, allez les grands-pères et grands-mères du Québec qui ont un minimum de mémoire, au travail avec la génération des jeunes d'aujourd'hui !
    Faut leur expliquer que notre seigneurie pm du Québec et son ami Pit, le beau, le dynamique et très à la mode PM of Canada, ne sont pas en train de mettre les Canadiens au goût des Québécois mais bien au contraire, qu'ils sont à modeler les apparences pour que notre prochaine élection si "très provinciale", qu'on s'en retrouve encore une fois "pognés" avec un gouvernement gagnat dont on ne veut pas. Et cela, parce que les indépendantistes (dont je suis) sont si émerveillés d'eux-mêmes qu'ils refusent de mettre de côté leurs petites chicanes de clôture de fonds de cours, tantôt trop ou pas assez à gauche, trop ou pas assez à droite, trop ou pas assez au centre, trop ou pas assez haute, etc. pour unir leurs forces. Alors que forces nous avons pour un pays à venir qui respectera la liberté des opinions. Dans la mesure bien entendu où elles ne servent ni à détruire notre voisin, ni aucun de ces autres plus lontains et qui donnent néanmoins l'utilité salvatrice à notre société d'être équilibée pour tout humain. Sauf contre son gré...

    Oui, je frissonne lorsque je vois et j'entends la mise en place par les premiers ministres de leurs "exigences". Mais pas d'angoisse existentielle, parce qu'en dépit des emberlificotages verbaux des uns et des autres, de mon côté je sais la véritable et unique signification de ce qu'être Québécois ou pas.
    Non, je le fais de la négligeance cultivée que j'observe de plusieurs à exiger l'espace politique essentiel qu'il faut à notre libert

    • Brigitte Garneau - Abonnée 3 juin 2017 19 h 29

      N'oubliez surtout pas Monsieur Côté, que Philippe Couillard est "notre SAUVEUR"! Nous (le troupeau) allons suivre notre valeureux BERGER...mouton un jour, moutons toujours.

  • Gilles Théberge - Abonné 3 juin 2017 08 h 04

    Couillard a-t'il pensé à la réaction de son électorat anglophone en lançant cette "conversation" ?

    Pour moi, c'est un soliloque qui attend Philippe.

  • Micheline Dionne - Inscrite 3 juin 2017 08 h 41

    En tant que francophone...mais pas que...

    En tant que francophone ayant vécu au Nouveau-Brunswick jusqu'à l'âge de 20 ans et vivant au Québec depuis plus de 40 ans, je lis avec grand intérêt le plaidoyer très instructif qui déclare que notre façon d'être Canadien, c'est d'être Québecois. On peut reprocher, si on veut, certaines choses à M. P. Couillard, mais c'est quelqu'un de réfléchi, de capable, qui possède une solide culture et ce n'est pas un cynique. Je suis à la page 50 environ du document et je poursuis ma lecture dès que je me serai exprimée ici. Les rappels historiques méritent d'être lus par tous et puis les différentes discussions et les traités successifs sont bons à rappeler aussi. Le concept de fédéralisme à géométrie variable: combler les besoins des provinces sachant que ces provinces ne sont pas les mêmes. La participation à la nomination des juges de la Cour Suprême du Canada, les juridictions qu'il vaudrait mieux maitriser localement. Allez lire le texte. Justin Trudeau ne l'avait pas lu et il devrait le faire et s'excuser de son attitude cavlière en l'occurence.

    • Guy O'Bomsawin - Abonné 3 juin 2017 09 h 39

      Chimère que tout ça, quand on sait que c'est systématiquement l'Ontario qui décide de tout en raison du poids considérable de sa représentation au Parlement situé en ses terres. Ottawa n'est qu'une illusion. Jamais une décision des députés de la Chambre des Communes n'a fait perdre quoi que ce soit l'Ontario, dont son obsession à envoyer ses jeunes au front pour défendre les présumées valeurs de la monarchie britannique, alors que les pertes des autres provinces, entraînées par leurs positions, ont été considérables en un siècle et demie, et même catastrophiques pour le Québec. Le nouveau Canada de 1967, il ne faut jamais l'oublier, a été inventé pour permettre aux Britanniques de relier l'Atlantique au Pacifique par voies ferroviaires... en faisant totalement fi du petit peuple, autochtone ou non.

    • Jean-Paul Carrier - Abonné 3 juin 2017 13 h 20

      Un commentaire rafraîchissant.

      Je retiens un mot "cynique". Un adjectif qui colle bien à tous ceux qui sans avoir lu le document en condamnent la teneur et l'objectif réel.

      Je suis à le relire, car il mérite que l'on s'y attarde afin d'en dégager les lignes directrices qui transcendent les mots. Avant tout une ouverture au dialogue pour mieux faire connaître qui nous sommes collectivement et notre contribution passée, présente et future à la société canadienne. La nécessité d'une ouverture d'esprit qui exigera d'être apprivoisée de parts et d'autres. Ainsi se faire connaître et par retour de même le RDC contemporain et les besoins de ses constituants. Le monde change, la société évolue et les enjeux auxquels nous faisons face aujourd'hui n’ont rien d'analogue aux anciens. Malheureusement pour plusieurs il est plus facile de se retrancher dans les batailles perdues que de capitaliser et célébrer celles gagnées en amont qui ont fait progresser le Québec depuis 1791. Le dialogue est et sera toujours la seule source de progrès lorsqu'on accepte le compromis dans le respect mutuel.

  • Jean Lapointe - Abonné 3 juin 2017 08 h 50

    Le document de Couillard a au moins un avantage

    «Au tour de deux autres provinces canadiennes de fermer la porte à l’idée, mise de l’avant par Philippe Couillard, de parler Constitution. (Hélène Buzzetti)

    Et cet avantage est de nous montrer encore une fois que tous ces gens n'ont que mépris pour nous. Et pourtant il me semble que ça ne peut dépendre que de nous. Nous ne pouvons pas quand même être aussi méprisables qu'ils le pensent. Et tous ces gens-là sont sans doute des hommes et des femmes respectables dans la vie de tous les jours.

    Est-ce que Philippe Couillard et tous les fédéralistes québécois, comme par exemple François Legault, ne s' illusionnent pas quand ils pensent pouvoir engager des négociations constitutionnelles pour que le Québec soit reconnue comme une nation par exemple?

    Pourquoi le font-ils? Sont-ils vraiment sérieux? On dirait plutôt qu'ils ne veulent pas voir la réalité. On dirait qu' ils font partie de ces Québécois qui ont toujours plié l'échine devant les descendants des conquérants par manque de courage.

    Il n' y a pas de quoi être fiers d'eux.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 3 juin 2017 10 h 30

    Date de péremption

    M. Couillard sort son document à l'intention, dit-il, du ROC qui, les uns après les autres, lui diront comme prévu : «Non merci!»

    On comprend donc que c'est pour la galerie québécoise qu'il le fait... pour les raisons que M. David mentionne dans sa chronique.

    Pendant ce temps, il y en a comme moi qui considère avoir déjà donné ad nauseam dans les négociations, toutes abouties en cul-de-sac.

    Cette approche, passée la date de péremption, a fait, en moi, place depuis plusieurs années à l'approche : faire l'indépendance puis mettre le ROC devant le fait accompli pour ensuite négocier les tenants et les aboutissants d'un bon voisinage, mutuellement respectueux, complémentaire et convivial.

    Nous n'avons pas de permission à demander à quiconque pour devenir responsable de nous-même en tant que peuple ayant choisi de faire démocratiquement notre cheminement vers la liberté.

    L'indépendance est l'aboutissement d'un processus de maturation que le peuple québécois fera, je l'espère bientôt. Sinon, comme dit Bernard Émond, son indifférence et sa peur l'entraineront vers sa disparition.