Jouer de politique même en cas de catastrophes naturelles

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Trop tôt ? Trop tard ? Le dilemme est toujours le même pour les premiers ministres, lorsqu’une catastrophe naturelle frappe au pays : se montrer présent, une fois que la situation sera stabilisée, sans attendre trop longtemps. Justin Trudeau s’est arrêté à Vaudreuil pour constater une partie des dégâts, en catimini dimanche sans en aviser les médias. De retour à Ottawa depuis, il n’a pas traversé la rivière des Outaouais pour aller rencontrer les sinistrés de Gatineau. Et une telle sortie «n’est pas planifiée» pour l’instant, selon son bureau. C’est que le premier ministre ne voudrait pas déranger le travail des autorités, a fait valoir son député de Gatineau Steven MacKinnon.

Et dans le passé, les élus ont attendus combien de temps ? Tour d’horizon des récentes crises :

2011, Saint-Jean sur Richelieu. Quelque 3000 personnes avaient dû être évacuées dans la région du bassin du Lac Champlain, en raison d’inondations historiques. Stephen Harper avait mis environ 45 jours à aller constater les dégâts.

2011, Saskatchewan et ouest du Manitoba. Là encore, des inondations plus sévères qu’à l’habitude dévastent la région. Stephen Harper s’y rend 20 jours après le début des évacuations.

2011, Slave Lake. Des dizaines de feux de forêt font rage au nord d’Edmonton, en Alberta. Stephen Harper y va six jours après le début de la crise.

2013, Calgary. Le sud de l’Alberta et Calgary sont complètement inondés. La catastrophe fera cinq morts et 100 000 déplacés. L’armée sera déployée en renfort. Stephen Harper n’attend que deux jours avant de visiter sa ville de résidence.

2015, La Ronge. Près de 8000 personnes abandonnent la région de la réserve autochtone de La Ronge, en Saskatchewan, pour fuir des feux de forêt. Stephen Harper y va 10 jours plus tard.

2016, Fort McMurray. Des feux de forêt ravagent pendant des semaines la région de Fort McMurray et forcent l’évacuation de milliers d’Albertains. Justin Trudeau se rend sur place dix jours après le début de la crise.