Des sénateurs déconseillent l’achat de chasseurs «temporaires»

Un CF-18 sur la base militaire de Trapani, en Italie
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Un CF-18 sur la base militaire de Trapani, en Italie

Un comité sénatorial presse le gouvernement d’annuler l’acquisition, sans appel d’offres, de dix-huit nouveaux avions de chasse qui viendraient soutenir temporairement l’armée de l’air en attendant le remplacement de tous les vieux CF-18.

Le Comité permanent de la sécurité nationale et de la défense conclut que le coût d’acquisition de ces dix-huit chasseurs Super Hornet « temporaires » dépasse les bénéfices escomptés. Les sénateurs soutiennent que le gouvernement devrait plutôt amorcer immédiatement le mécanisme d’appel d’offres pour le remplacement des CF-18.

Cette recommandation est contenue dans un rapport sur le financement des Forces armées canadiennes publié lundi. Les sénateurs pressent notamment le gouvernement libéral de doubler d’ici dix ans les budgets de la défense, qui atteindraient la barre des deux pour cent du produit intérieur brut, comme le souhaite ardemment l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

« C’est la seule manière de protéger efficacement les Canadiens, de respecter nos engagements envers l’OTAN et le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord [NORAD], et envers notre propre défense nationale », a fait valoir le sénateur conservateur qui préside le comité, Daniel Lang.

« Augmenter les dépenses à 2 % permettrait au Canada de cesser de dépendre de son voisin du sud en ce qui a trait à sa propre sécurité », a-t-il ajouté.

Le comité sénatorial dresse par ailleurs une liste du matériel que le gouvernement devrait acquérir alors que les libéraux s’apprêtent à dévoiler la nouvelle politique de défense du Canada, attendue la semaine prochaine.

Le ministre Sajjan se défend à nouveau

Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, soutenait la semaine dernière que l’armée canadienne avait dû composer avec le sous-financement chronique imposé par les divers gouvernements qui se sont succédé récemment à Ottawa. Il a répété ce message lundi aux Communes.

M. Sajjan a fait ces commentaires alors que l’opposition conservatrice met en doute sa crédibilité — elle a même déposé lundi une motion de censure. Lors d’une récente visite officielle en Inde, le ministre s’est attribué un trop grand mérite pour une opération militaire canadienne qui avait été couronnée de succès en Afghanistan, en 2006.

M. Sajjan refuse de se laisser distraire par ce débat, préférant plutôt concentrer ses efforts sur la nouvelle politique de défense.

« J’ai dit ce que j’avais à dire. J’ai dit aussi ce que j’avais à dire en Chambre et j’ai répondu aux questions », a affirmé le ministre, faisant référence à ses excuses formulées sur Facebook et à la Chambre des communes la semaine dernière.

« Je m’attarde à faire le nécessaire pour qu’on soutienne nos hommes et nos femmes des Forces armées canadiennes », a dit M. Sajjan.

3 commentaires
  • Michel Fortier - Abonné 9 mai 2017 01 h 54

    Des sénateurs "bon cop bad cop".

    L'achat de dix-huit Boeing F-18E Super Hornet, sans appel d'offre, comme mesure temporaire avant le remplacement des CF-18 n'est pas une bonne affaire et les sénateurs font bien de le souligner. Toutefois, suggérer que le F-35A de Lockheed Martin devrait être le gagnant d'une compétion pour l'achat de cent-vingt appareils(soit 50% de plus que la flotte actuelle) est irresponsable. En effet, les coûts de ce dernier sont faramineux et, tout comme le F-18E, ses performances sont inférieures à celles des compétiteurs Européens(Typhoon, Rafale et Gripen). De plus, une étude de l'agence de Recherche & développement pour la défense Canada a démontré que les forces de l'air n'ont pas besoin de plus de soixante-cinq avions de combat pour les roles qui leur sont assignés.

  • Christian Debray - Abonné 9 mai 2017 07 h 25

    Mauvaise sollution

    Les chasseurs ne sont pas une priorité, tant s’en faut. Pour les Canadiens, la défense est la seule option, les chasseurs sont des armes à tendance offensive. Nous devrions construire nous même des avions à usage multiple, tel que des bimoteurs turbopropulsés pouvant servir à la fois de transport, d’avion de surveillance, de plateforme de tir de missiles (défense contre avions), et bien d’autres. Bombardier (nom bien choisi) a toutes les connaissances et les capacités de construire de tels avions pour un prix très inférieur à ceux des chasseurs américains. Ces avions en plus grands nombres demanderaient des coûts d’entretien moins élevés et permettraient de donner du travail à nos citoyens du Grand Nord. De plus, les mises à jour techniques et les modernisations seraient entre nos mains, donc pas de changements avec facture salée après 20 ans plus ou moins.
    Je crois aussi qu’il serait le moment d’augmenter nos ressources militaires, car nous vivons dans une période dangereuse, Trump, Poutine et la Corée du Nord sont de très grave indicatif de danger de guerre majeure, si vis pacem, para bellum.

  • Bernard Terreault - Abonné 9 mai 2017 08 h 49

    En a-t-on besoin?

    Les États-Unis possèdent la quincaillerie miltaire la plus impressionnante du monde, des avions dont la performance me faisait rêver, petit gars, et pourtant ils n'arrivent pas à imposer leur volonté à des pays du Tiers Monde! La Corée, le Vietnam, le Moyen-Orient ont tous démontré que c'est le combat des soldats sur le terrain, au prix de milliers, sinon de millions, de morts, qui fait gagner, pas le bombardement aveugle du haut des airs. Si les USA n'arrivent pas à le faire, pensez-vous que le Canada va faire mieux avec sa petite quincaillerie aérienne, qu'elle soit made in USA, France, United Kingdom, Deutschland ou Rossiya. Mieux vaut consacrerer nos impôts à l'éducation, la santé, les infrastructures, ici et dans le Tiers Monde.