L’aide à mourir moins populaire dans le reste du Canada

Le rapport d’Ottawa indique que 50% des cas d’aide à mourir ont eu lieu à l’hôpital, 37% à domicile, 6% dans des résidences pour personnes âgées et 7% dans d'autres lieux.
Photo: iStock Le rapport d’Ottawa indique que 50% des cas d’aide à mourir ont eu lieu à l’hôpital, 37% à domicile, 6% dans des résidences pour personnes âgées et 7% dans d'autres lieux.

Question de culture ou d’habitude ? L’aide médicale à mourir est moins populaire, toutes proportions gardées, dans le reste du Canada qu’au Québec, où elle est en vigueur depuis plus longtemps.

Le gouvernement fédéral a rendu public mercredi le premier rapport périodique sur l’utilisation de l’aide médicale à mourir depuis que celle-ci a été légalisée au Canada, le 17 juin 2016. Hors Québec, ce sont 507 personnes qui ont eu recours à cet ultime geste médical entre le 17 juin et le 31 décembre 2016. Au Québec, ce sont 296 malades qui l’ont obtenue pendant la même période, pour un total canadien de 803 décès.

En d’autres mots, 37 % de tous les malades ayant obtenu de l’aide à mourir étaient situés au Québec alors que les Québécois ne forment que 23 % de la population canadienne.

Disparité géographique

Le Québec pratique l’aide à mourir depuis décembre 2015. Au cours de la période antérieure à la légalisation canadienne, 167 Québécois de plus ont ainsi trouvé la mort. Ottawa calcule que l’aide médicale à mourir compte pour 0,6 % de tous les décès enregistrés au pays, ce qui est bien inférieur aux taux en vigueur dans les pays où cette pratique est légale depuis plus longtemps (3,75 % aux Pays-Bas et 1,83 % en Belgique).

La directrice générale de Dying With Dignity, Shanaaz Gokool, ne s’étonne pas de cette disparité géographique.


« Le Québec a fait des consultations approfondies sur le sujet avant de passer sa loi », rappelle-t-elle en entrevue. « Ce que nous voyons, c’est que le reste du pays n’est toujours pas prêt. Il y a des hôpitaux et des hospices qui ne sont pas prêts. »

Elle rappelle qu’ailleurs au pays des institutions religieuses boudent le service. « L’Ontario a même passé une loi autorisant les hôpitaux catholiques à s’exclure. Or, dans certaines communautés, il n’y a qu’un hôpital et il est catholique. »

Le rapport d’Ottawa indique que 50 % des cas d’aide à mourir ont eu lieu à l’hôpital, 37 % à domicile, 6 % dans des résidences pour personnes âgées et 7 % dans d’autres lieux, tels que le bureau d’un clinicien.

Le cancer était la maladie principale dont souffraient les demandeurs (57 %), suivi des dégénérescences neurologiques (23 %). Seuls l’Alberta et le Manitoba ont fourni leur taux de refus de demandes d’aide à mourir, qui s’établit à 29 %.

2 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 27 avril 2017 10 h 35

    Question et recommandation et fierté

    À tord, le Gouvernement a imposé dans la Loi C-14 le suicide médicalement assisté : «de prescrire ou de fournir une substance à une personne, à la demande de celle-ci, afin qu’elle se l’administre et cause ainsi sa mort.»

    Ma question : combien de personnes ont reçu AMM, sans que le médecin (infirmière) soit là avant-pendant-après l'aide active à mourir ?

    Au Québec, le médecin est là avant-pendant-après lors d'une AMM. À raison. La possibilité de dérapage devient nulle, le contrôle et l'évaluation deviennent possibles.

    Dans le reste du Canada ce fut comment? Le % des AMM par prescription uniquement fut quoi?

    Ma recommandation, avec mon expérience de plus de 30 années des droits-libertés-responsabilités de la personne en fin de vie : que le Gouvernement fédéral retire, à l'occasion du 1e anniversaire de C-14, cet article se rapportant au suicide médicalement assisté.

    Ma fierté : notre ministre de la Santé et les 6 ordres professionnels concernés s'y opposent massivement, au SMA.

    J'invite les communautés religieuses à lire :
    Belgique : une congrégation religieuse décide d'autoriser l'euthanasie dans ses hôpitaux
    http://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-fr

  • Yvon Bureau - Abonné 27 avril 2017 13 h 44

    Demain, à Ottawa, les ministres de la Justice

    Ministres de la Justice au Canada,

    Tant qu’à vous réunir ce vendredi,

    pourquoi ne pas prendre quelques minutes pour inviter intensément le Gouvernement fédéral à demander dès ce mai à la Cour suprême du Canada son avis sur la Loi C-14 concernant l’aide médicale à mourir.

    Le Québec harmonisera bientôt sa loi. Les Provinces et Territoires travaillent leurs projets de loi concernant l'aide médicale à mourir.

    Suite à l'avis de la CSC, le brouillard juridique se dispersera, un clarté juridique trouvera davantage ses fondements, un travail clinique œuvra sous des jours plus ensoleillés, enfin.

    Cette demande d'avis à la CSC coûtera si peu et rapportera tellement, et rapidement. La compassion aux finissants de la vie et le soutient aux soignants et aux établissements de soins ne s'en porteront que mieux, beaucoup mieux.

    Chers ministres de la Justice, ce 28 avril, vous prendrez quelques minutes, une heure s’il le faut, pour cette demande vitale. À chaque jour, au Canada, plus de 700 personnes terminent leur vie … Compassion invite. Clarté clinique exige. Le Canada compte sur vous.