Chris Alexander propose une version canadienne de l’Académie française

S’il devient chef du Parti conservateur, Chris Alexander créerait une institution fédérale chargée de faire la promotion du français dans plusieurs sphères de la société.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne S’il devient chef du Parti conservateur, Chris Alexander créerait une institution fédérale chargée de faire la promotion du français dans plusieurs sphères de la société.

Le message a été martelé aux conservateurs du Québec toute la semaine dernière : Chris Alexander veut davantage entendre la langue de Molière au Canada. L’aspirant-chef du Parti conservateur promet de favoriser l’immigration francophone aux quatre coins du pays, appuyé carrément d’une toute nouvelle agence fédérale de promotion du français.

« Il ne suffit plus de faire la promotion du bilinguisme. Le gouvernement fédéral doit augmenter ses efforts de façon décisive pour faire la promotion de l’utilisation du français partout au Canada », stipule le communiqué de presse de cet ancien ministre de l’Immigration.

S’il devient chef du Parti conservateur, Chris Alexander créerait une institution fédérale chargée de faire la promotion du français dans plusieurs sphères de la société. « Ce ne serait pas exactement comme l’Académie française, blague-t-il en entretien avec Le Devoir. Mais une version canadienne de cela. Avec l’objectif de faire la promotion de l’utilisation du français partout au Canada, de renforcer la qualité du français utilisé au Canada et de renforcer le statut du français comme langue internationale, comme langue du commerce et de l’innovation. » En encourageant par exemple les anglophones ou les Canadiens bilingues à s’exprimer en français, de même qu’en concevant la planification urbaine et communautaire afin de favoriser la langue de Molière.

M. Alexander souhaiterait en outre  augmenter le taux d’immigration francophone hors Québec. Il a l’objectif — ambitieux — de voir jusqu’à 20 000 immigrants de langue française s’établir ailleurs au pays chaque année.

En 2015, ils n’étaient que 4000 francophones à refaire leur vie dans le reste du Canada. Le Commissariat aux langues officielles plaide depuis des années qu’il faudrait voir au moins 4 % des 260 000 immigrants d’expression française accueillis chaque année s’installer ailleurs qu’au Québec — mais cette proportion ne frôle toujours que les 2 %. La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada note toutefois que le nombre répertorié d’immigrants francophones hors Québec ne compte que ceux qui se déclarent francophones — et non ceux qui pourraient par exemple se dire bilingues. M. Alexander bonifierait aussi les cours de français offerts aux immigrants.

Cet ancien ministre bilingue prend toujours soin de noter qu’il est l’un des rares candidats à la chefferie conservatrice qui puisse s’exprimer aisément dans les deux langues officielles — contrairement aux meneurs Kevin O’Leary ou Kellie Leitch, martèle-t-il.

 

Qui sont les candidats et les potentiels aspirants-chefs ?

 

2 commentaires
  • James R Godin - Inscrit 24 avril 2017 13 h 25

    Boîte à surprise que...

    ... cette course à la chefferie du PC.

    Vous êtes sérieux monsieur Alexander, alors voici une suggestion.

    Persuader le PC d'arrêter de dénigrer Radio Canada et quand vous en avez la chance de l'affamer. Essayez de convaincre vos membres de soutenir($$$) la Société afin qu'elle puisse mieux faire rayonner la langue el la culture françaises à travers le pays; celà non pas en grossissant sa bureaucratie mais éliminant le besoin de commandites qui exigent "popularité", qui engendre médiocrité. On pourrait alors retrouver la "qualité" à laquelle on nous avait habitué.

  • Robert Beauchamp - Abonné 24 avril 2017 13 h 28

    Équité

    Il faudrait avoir les mêmes exigences de bilinguisme envers les anglophones et le meilleur moyen serait d'appliquer la loi sur le bilinguisme dans la fonction publique fédérale. Cette mesure devrait s'étendre également à la fonction de ministre, autrement comment être conséquent et prétendre que ce pays est bilingue?