Malala Yousafzai devient citoyenne d'honneur du Canada

Malala Yousafzai a officiellement reçu la citoyenneté canadienne honorifique qui lui avait été décernée en 2014.
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Malala Yousafzai a officiellement reçu la citoyenneté canadienne honorifique qui lui avait été décernée en 2014.

La jeune militante pakistanaise Malala Yousafzai a livré un vibrant discours sur la tolérance, l’égalité des chances et l’importance de l’éducation au Parlement, mercredi, en venant recevoir sa citoyenneté canadienne honorifique.

L’allocution de la lauréate du prix Nobel de la paix a été ponctuée de nombreuses ovations bien senties dans une Chambre des communes bondée pour accueillir celle qui est la sixième personne à devenir citoyenne d'honneur du Canada.

Voyez l’allocution de Malala à la Chambre des communes.

   

La jeune femme âgée de 19 ans a rappelé qu’elle avait dû tourner les talons, le 22 octobre 2014, en apprenant à son arrivée à Toronto qu’un homme était entré, armé, au parlement canadien.

« L’homme qui a attaqué cet endroit se disait musulman, mais il ne partageait pas ma foi », a-t-elle déclaré, suscitant de longs applaudissements dans la salle, où se trouvaient notamment ses parents.

« Il partageait plutôt la haine de l’homme qui a attaqué la mosquée de Québec, a-t-elle encore dit. La même haine de l’homme qui a tiré sur moi et sur deux de mes amies écolières. »

Elle a fait référence à la politique d’accueil des réfugiés syriens mise en place par le gouvernement canadien. « J’espère que vos voisins suivront votre exemple », a affirmé celle qui a été ciblée par des talibans pour avoir défendu le droit aux filles de fréquenter l’école.

La militante a prié les décideurs d’aujourd’hui à agir sans plus tarder pour qu’il y ait plus d’écolières derrière des pupitres dans les salles de classe aux quatre coins du monde.

« Lorsque les prochaines générations liront à notre sujet [...], je ne veux pas qu’ils soient choqués qu’il y ait eu 120 millions de filles qui ne pouvaient fréquenter l’école et que nous n’ayons rien fait », a-t-elle plaidé.

Le premier ministre Justin Trudeau, qui avait précédé Malala Yousafzai au lutrin, a présenté celle-ci comme l’une des citoyennes « les plus courageuses » du Canada et comme « un exemple de bonté ».

Il a longuement salué son « incroyable humilité » et son acharnement à défendre la cause de l’accès des filles à l’éducation, même si elle a failli y laisser sa peau en 2012, alors qu’elle était âgée de seulement 14 ans.

« Une balle de fusil ne fait pas le poids face à une idée », a-t-il lâché.

Avant ces discours au parlement, Justin Trudeau avait remis à la jeune femme son certificat de citoyenneté canadienne honorifique qui lui avait été décerné en 2014 lors d’une cérémonie qui s’est déroulée à la bibliothèque du parlement.

Après avoir reçu le document, elle a souligné son excitation de serrer la main du premier ministre.

 

« Tous ceux que je rencontrais au Royaume-Uni et aux États-Unis me demandaient : “Vas -tu rencontrer Trudeau ?” », a-t-elle raconté, sourire en coin. « J’ai serré sa main. J’ai rencontré Trudeau. C’est finalement fait », s’est-elle amusée à dire.

Puis, sur un ton plus sérieux, elle a remercié le Canada pour l’honneur et pour l’amitié qu’il lui manifeste, disant encore du premier ministre canadien qu’il était « une inspiration ».

Un honneur rare

Malala Yousafzai deviendra la plus jeune dignitaire étrangère à prononcer un discours lors d’une séance conjointe du Sénat et de la Chambre des communes.

 

Voici les six personnes qui l’avaient fait avant elle:

 
  • l’Aga Khan, imam héréditaire des musulmans chiites ismaéliens (en 2014);
  • Kofi Annan, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (en 2004);
  • Nelson Mandela, vice-président du Congrès national africain (en 1990);
  • Javier Perez de Cuellar, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (en 1985);
  • U. Thant, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (en 1964);
  • Soong Mayling, femme du leader de la République chinoise Chiang Kai-shek (en 1943).


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