O’Leary veut mettre les provinces au pas

Kevin O’Leary
Photo: Chris Young La Presse canadienne Kevin O’Leary

S’il est élu chef conservateur, puis premier ministre, Kevin O’Leary entend dicter leur conduite aux premiers ministres provinciaux. Il se réservera le droit de réduire unilatéralement les transferts fédéraux aux provinces qui haussent les impôts ou qui refusent d’exploiter leurs ressources pétrolières.

Vendredi à Toronto, le candidat à la chefferie conservatrice s’est engagé à réduire les taux d’imposition des entreprises et des particuliers. Pour les entreprises, le taux serait abaissé de 15 % à 10 %. Pour les particuliers, les taux envisagés seront annoncés plus tard, de manière à les arrimer aux taux américains que le gouvernement de Donald Trump doit modifier sous peu. L’objectif sera de faire en sorte que le taux combiné fédéral et provincial ne dépasse pas 25 % pour les entreprises et 50 % pour les particuliers. Une province qui aurait le malheur de hausser son taux de sorte que les plafonds dictés par M. O’Leary soient dépassés serait financièrement punie.

« Si vous allez au-delà, je le déduirai de vos paiements de transferts », a expliqué la vedette de téléréalité en entrevue téléphonique avec Le Devoir. Mais il y a légifération en matière de transferts versés par Ottawa aux fins de santé, de services sociaux ou encore de péréquation. Comment procédera-t-il ? « Je vais simplement changer la formule, c’est tout. »

Que répond-il à ceux qui estiment qu’il ne comprend pas le fonctionnement de la fédération canadienne, où les premiers ministres provinciaux ne sont pas subordonnés au premier ministre fédéral ? « Tous les premiers ministres provinciaux sont mes partenaires. […] Mais s’ils ont un programme qui est anti-croissance, anti-emplois, une taxe sur le carbone par exemple, tout ce qui nuit à un mandat de 3 % de croissance, alors ils sentiront tout le poids du gouvernement fédéral. »

Il donne l’exemple du Nouveau-Brunswick, où il a fait campagne. « Le premier ministre d’une province ne représente qu’un seul vote. Moi, j’écoute la population en entier, et elle me dit qu’elle n’est pas contente. » Il n’accepte pas que le Nouveau-Brunswick ait imposé un moratoire sur l’exploitation des gaz de schiste, alors qu’il reçoit de la péréquation parce qu’il est jugé moins riche que la moyenne canadienne.

Kevin O’Leary compare le Canada à une entreprise privée dont il serait, en tant que premier ministre, le grand patron. « Si un premier ministre me propose un autre plan pour atteindre ce 3 % de croissance, je vais l’appuyer. […] C’est ça, la cible. Reviens-moi avec de bonnes idées. C’est exactement comme cela que je gère mes entreprises. Tout le monde a des cibles et tout le monde travaille pour les atteindre. »

11 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 8 avril 2017 09 h 28

    QUEL ESPRIT RÉDUCTEUR

    Avec de pareilles pensées, Kevin O’Leary fait la preuve de son ignorance politique, historique et culturelle.

    On se demande dans quel bassin de décantation bitumineuse le parti conservateur recrute ses candidats à la chefferie...

    • Francois Cossette - Inscrit 9 avril 2017 17 h 49

      Que voulez-vous il est le fruit de la désinstitutionalisation. Fallait bien que cela arrive.

  • André Côté - Abonné 8 avril 2017 09 h 35

    Sur quelle planète...

    Il propose de punir les provinces «qui refusent d’exploiter leurs ressources pétrolières» Sur quelle planète vit ce monsieur Kevin O’Leary? À cause de notre mode de vie actuel, nous sommes en train de détruire notre maison commune et lui propose de poursuivre le travail. Comme si un profit immédiat réalisé au détriment de notre environnement et notre santé faisait perdre toute intelligence.

  • Claude Smith - Abonné 8 avril 2017 09 h 58

    Petit boss de bécosse

    Pour qui se prend-il ? Quand il affirme qu'il écoute la population en entier, je lui réponds qu'il souffre de surdité sélective. J'ajouterais qu'il souffre de cécité sélective quand il ne voit pas les impacts négatifs du développement des hydrocarbures sur notre planète terre.

    Claude Smith

  • Gilles Théberge - Abonné 8 avril 2017 11 h 18

    On est rendu là.

    Où on confie le pouvoir à un premier ministre superficiel, qui joue de la caméra comme d'un pipeau, amenant le peuple dans les abysses de l'insignifiance, ou l'on confie le pouvoir à un être grossier, faisant du Power trip l'essentiel de ses politiques.

    On est tombé bien bas, bien bas...!

    Est-ce qu'on ne mériterait pas mieux...?

  • David Sanschagrin - Inscrit 8 avril 2017 12 h 32

    Fédéralisme impérialiste

    C'est notre petit John A. Macdonald du 21e siècle !