Le vote néodémocrate s’est effondré lors des élections partielles

Le chef du NPD, Thomas Mulcair
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le chef du NPD, Thomas Mulcair

Tout va très bien, Madame la Marquise. Le chef du NPD, Thomas Mulcair, ne veut pas tirer un mauvais augure des résultats décevants pour sa formation aux cinq élections partielles fédérales de lundi soir. Il se rabat sur la seule circonscription où le parti a amélioré son score pour se réjouir.

« On a tout à fait le droit de se réjouir de notre performance dans Ottawa-Vanier, où on a réussi à augmenter de manière considérable notre performance par rapport à l’élection de 2015 », a déclaré M. Mulcair.

Dans trois des cinq circonscriptions appelées aux urnes lundi, le vote néodémocrate s’est effondré tandis qu’il a diminué dans une quatrième.

Dans Calgary-Heritage, l’ancien fief de Stephen Harper, le candidat Khalis Ahmed n’a obtenu que 2,9 % du suffrage. À l’élection générale de 2015, le NPD avait plutôt obtenu 7,3 % du vote.

Dans Calgary-Midnapore, laissée vacante par l’ex-ministre Jason Kenney, la néodémocrate Holly Heffernan a obtenu 2,5 % des voix contre 6,7 % en 2015. Dans Markham-Thornhill, le NPD a chuté de 10,7 % à 3,5 %.

La chute s’est aussi manifestée, quoique de manière moins prononcée, dans Saint-Laurent. Mathieu Auclair a récolté 7,8 % des voix, soit moins que les 11,5 % obtenus en 2015. Malgré une diminution moins abrupte, le NPD s’est quand même retrouvé en quatrième position, derrière… le Parti vert. Là, le candidat connu Daniel Green a arraché 8 % des voix, une forte augmentation par rapport aux 2,4 % des verts en 2015.

« Je ne vous cacherai pas que les résultats peuvent apparaître décevants, mais il faut savoir que M. Green est quand même le chef adjoint du Parti vert et a une certaine notoriété au Québec », a rappelé le député Alexandre Boulerice.

Ottawa-Vanier

La seule circonscription où le NPD a amélioré son sort est celle d’Ottawa-Vanier, mentionnée par M. Mulcair. Là, la candidate Emilie Taman, sorte de vedette locale qui faisait campagne depuis des mois, a augmenté son score par rapport à l’élection de 2015, passant de 19,2 % à 28,7 %. Cela a néanmoins été nettement insuffisant pour arracher la circonscription des griffes libérales.

M. Boulerice a voulu lui aussi tempérer le résultat en rappelant que les cinq circonscriptions en jeu étaient des « forteresses » libérales ou conservatrices. « On aurait pu espérer de meilleurs résultats, c’est vrai. Mais il faut savoir qu’on est au début d’une course au leadership du NPD […]. Il y a beaucoup de temps, d’énergie et de ressources consacrées à la course et ça divisait peut-être un peu les forces aussi. »

Le député Nathan Cullen s’est montré un peu plus candide, admettant que les résultats démontrent « qu’on a du travail à faire ». « On doit refaire notre travail, retourner vers nos électeurs d’Alberta et d’ailleurs. »

Par ailleurs, le Bloc québécois a, dans Saint-Laurent, à peine maintenu le statu quo. Son candidat, William Fayad, a seulement obtenu 4,9 % du suffrage, contre 4,7 % en 2015. La nouvelle chef bloquiste, Martine Ouellet, avait bien dit qu’il n’était « pas sérieux » de lui demander de s’y présenter pour faire son entrée à la Chambre des communes le plus vite possible.

Notons que les cinq châteaux forts étaient auparavant occupés par cinq hommes. Quatre femmes y ont été élues lundi : Emmanuella Lambropoulos, Mona Fortier, Mary Hg et Stephanie Kusie.

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