À la reconquête des châteaux forts

Justin Trudeau est venu prêter main-forte à la candidate Emmanuella Lambropoulos ces derniers jours dans la circonscription de Saint-Laurent.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Justin Trudeau est venu prêter main-forte à la candidate Emmanuella Lambropoulos ces derniers jours dans la circonscription de Saint-Laurent.

C’est en quelque sorte la bataille des châteaux forts qui se jouera ce soir à l’occasion de cinq élections partielles fédérales. Conservateurs et libéraux se démèneront pour conserver les bastions qui étaient les leurs, depuis le début de la Confédération dans certains cas.

À Montréal, il s’agira de voir si Emmanuella Lambropoulos pourra garder Saint-Laurent dans le giron de Justin Trudeau. Contre toute attente, celle-ci avait arraché l’investiture des mains de Yolande James. Elle tentera maintenant de se faire élire en remplacement de Stéphane Dion, à qui Justin Trudeau a offert en janvier les postes d’ambassadeur canadien à Berlin et Bruxelles en échange de son siège de ministre.

La jeune enseignante du secondaire, sans expérience politique, avait été la première surprise de sa victoire à l’investiture il y a un mois. « Ça montre que le travail peut apporter beaucoup de choses ! », avait-elle lancé, soutenant avoir fait du porte-à-porte pendant trois heures chaque jour pendant un mois et demi.

Cette investiture avait été d’autant plus suivie que le Parti libéral du Canada (PLC) avait rejeté la candidature du maire d’arrondissement Alan DeSousa sans lui fournir d’explication. Certains observateurs ont supposé que la descente de l’UPAC à sa mairie avait pu rendre le PLC frileux. Le principal intéressé croyait plutôt que le PLC avait voulu ouvrir la voie pour sa candidate de prédilection, Yolande James.

Il faudra voir si le Bloc québécois réussira une performance digne de mention. La nouvelle chef, Martine Ouellet, est venue y effectuer un « blitz » de campagne avec son candidat, William Fayad, au cours du week-end.

Le parti souverainiste n’a historiquement pas fait de grande percée dans cette circonscription du nord-ouest de l’île. Il avait obtenu moins de 5 % en 2015. Outre l’élection de 2004, pendant laquelle son slogan « un parti propre au Québec » avait résonné en plein scandale des commandites, le Bloc québécois n’a jamais dépassé les 15 % dans Saint-Laurent.

D’ailleurs, Mme Ouellet avait déclaré le jour de son couronnement que ce n’était « pas sérieux » de suggérer qu’elle s’y présente pour se faire élire à la Chambre des communes le plus vite possible.

Ottawa-Vanier

Les libéraux batailleront aussi ce soir pour conserver Ottawa-Vanier, devenue vacante au décès du député Mauril Bélanger. M. Bélanger représentait cette circonscription depuis 1995. La libérale Mona Fortier fera la lutte à la néodémocrate Emilie Taman, qui s’était présentée contre M. Bélanger en 2015. Si elle peut se vanter d’avoir terminé en seconde place, elle n’avait néanmoins obtenu que 19 % des voix, loin derrière M. Bélanger à 58 %. Les libéraux détiennent cette circonscription depuis… 1935.

Le seul des trois sièges libéraux en jeu ce soir pouvant potentiellement causer des maux de tête à M. Trudeau est celui de Markham-Thornhill, à Toronto. Il est vacant depuis la nomination de John McCallum comme ambassadeur du Canada en Chine.

M. McCallum y trônait depuis 2000, mais le siège est déjà passé une fois aux conservateurs dans les années 1980 et une autre fois dans les années 1990. En outre, la course avait été plus « serrée » en 2015 : M. McCallum avait obtenu 56 % des voix, mais le Parti conservateur était arrivé en seconde place avec 32 %.

Ce n’est donc peut-être pas un hasard si Justin Trudeau y a fait quelques apparitions au cours des dernières semaines. Mary Ng, son ancienne responsable des nominations, porte la bannière libérale. Elle donne la réplique au conservateur Ragavan Paranchothy et au néodémocrate Gregory Hines.

Deux fiefs albertains

Dans l’Ouest, c’est le Parti conservateur qui devra conserver ses acquis. À moins d’une surprise spectaculaire, la formation, bien que dépourvue d’un chef permanent, devrait remporter haut la main les deux sièges en jeu.

Dans Calgary Heritage, Bob Benzen tente de succéder à l’ancien premier ministre Stephen Harper. En 2015, M. Harper y avait obtenu 64 % des voix. Dans toute l’histoire de cette circonscription, les électeurs n’y ont élu un libéral qu’une seule fois, en 1963.

Enfin, dans Calgary Midnapore, ancien fief de l’ex-ministre Jason Kenney parti pour la scène provinciale où il a été élu chef conservateur, c’est Stephanie Kusie qui tentera de prendre la relève. Encore là, cette région albertaine n’a jamais voté libéral outre en 1963. La circonscription était alors la même que celle devenue Calgary Heritage.

2 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 3 avril 2017 09 h 18

    Cette photo mérite un prix

    Dans ce comté, le candidat n'a pas d'importance, c'est le parti qui compte.

  • Gilles Théberge - Abonné 3 avril 2017 15 h 17

    C'est risible, voir Trudeau en grandes enjambées dans la rue...

    La candidates libérale dans St-Laurent a travaillé bien fort... Pensez-y du porte à porte...

    Pour une Job permanente, garantie à vie... Ha ha ha!