GND populaire au NPD malgré lui

Sid Ryan déplore le virage centriste pris par le NPD sous la gouverne de Thomas Mulcair et plaide pour un retour aux idées de gauche.
Photo: The SilentPhotographer / CC Sid Ryan déplore le virage centriste pris par le NPD sous la gouverne de Thomas Mulcair et plaide pour un retour aux idées de gauche.

Gabriel Nadeau-Dubois jouit d’une grande popularité ces jours-ci et certains n’hésitent pas à l’utiliser à leurs propres fins.

Le syndicaliste ontarien Sid Ryan, qui songe à briguer la chefferie du NPD, a mis en ligne ce week-end une vidéo dans laquelle il apparaît en compagnie du leader étudiant portant le carré rouge pendant que sa voix hors-champ affirme que « depuis octobre, une équipe d’activistes néodémocrates d’à travers le Canada, incluant au Québec, m’ont demandé de me lancer dans la course ».

Vérification faite auprès de son adjoint, M. Nadeau-Dubois n’est pas impliqué au NPD et ne connaît M. Ryan que de nom. Il ne lui a pas suggéré de se lancer.

En entrevue avec Le Devoir, M. Ryan confirme. Il explique qu’il s’agit seulement d’une succession de photos et qu’il n’y avait « certainement aucune intention » d’induire le public en erreur. Sid Ryan déplore le virage centriste pris par le NPD sous la gouverne de Thomas Mulcair et plaide pour un retour aux idées de gauche.

Il décidera d’ici « quelques semaines » s’il se lance, à défaut de quoi il appuiera probablement Niki Ashton, qu’il trouve la plus au diapason de ses idées. Sid Ryan ne parle pas français et son site Internet n’est pas traduit.

« Si j'étais élu, je ne serais pas le candidat le plus bilingue, a-t-il admis, mais je serais en mesure d’afficher un niveau assez décent [de français] d’ici un certain nombre d’années. C’est l’engagement que je prendrais. »

2 commentaires
  • Raymond Chalifoux - Abonné 28 mars 2017 07 h 50

    Il n'y a pas eu qu'un certain Trump...

    ... pour bousculer l'échiquier politique du nord de l'Amérique, ces dernières années.

    Il y a certes eu un certain Trudeau, mais aussi, un septuagénaire intarissable nommé Bernie Sanders.

    Et s'il n'avait pas trouvé sur son chemin, de toute l'histoire, "la toute première candidate" réellement présidentiable, qui sait...

    C'est comme être au NDP, ce que K. O'Leary est aux Conservateurs...

    (Les Démoctrates ont juss totalement et fatalement sousestimé l'ampleur du machisme de l'Amérique profonde. Mais oui, ça, c'est effectivement une autre histoire...)

  • Jean Jacques Roy - Abonné 29 mars 2017 15 h 49

    Le NPD pourra-t-il un jour s'accrocher résolument à gauche?

    Et qu'est-ce que "s'accrocher à gauche"?

    On est souvent tenté de croire qu'on reconnaît la gauche par ses écrits, ses critiques et ses prises de position devant la place publique. Oui, sans doutes... en partie. Une gauche silencieuse, ça n'existe pas à moins qu'une dictature ou le poids des medias la baillonne.

    Mais il faut plus qu'une parole ou un discours de gauche pour que celle-ci existe.
    - Il faut qu'elle soit "accrochée" aux mouvements sociaux, aux besoins de la grande majorité formée de gens "salariés" et qui bouclent de peine et misère un budget pour payer mensuellement toutes les factures!
    -La gauche doit aussi être accrochée au contingent des générations montantes et être présente pour que celles-ci soient techniquement, scientifiquement, socialement et politiquement préparées à faire les relais.
    - Enfin, au Québec la gauche doit également être en mesure d'offrir des réponses à la question autochtone, à la question d'intégration des nouveaux arrivants et à la question nationale nationale.

    Si on regarde la déjà longue trajectoire du NPD canadien, il me semble que son problème de faire du sur-place vient en grande partie de son "embourgoiement" si on me permet l'expression! Au lieu d'approfondir et consolider ses liens avec les classes et d'être proches des nations et des groupes opprimés, le NPD a pris l'option d'être au "centre", présentant son programme comme "conciliateur" qui saurait humaniser le capital!

    La figure emblamatique de ce courant NPD est probablement le bon Jack, qui charmait par son sourire populiste. Mulcair disait sensiblement la même chose que Jack... mais sans le sourire détendu de l'autre! L'autre, c'était feu Jack et au présent, Justin. Chacun disant s'adresser à une classe mythique: la classe moyenne!

    La question se pose donc sérieusement au NPD. Aura-t-il le courage et la capacité de se tourner et de s'accrocher sans complexes à ses alliés naturels et les représenter sans réserve!