Un premier pas d’Ottawa

Le budget souligne une dizaine de mesures à l’égard des défis associés aux sexes, dont l’Allocation canadienne pour enfants.
Photo: La Presse canadienne Le budget souligne une dizaine de mesures à l’égard des défis associés aux sexes, dont l’Allocation canadienne pour enfants.

Parce qu’on est en 2017 ? Pour une première fois, le gouvernement Trudeau a soumis un exercice budgétaire à une « analyse comparative entre les sexes » (ACS), en plus de s’engager à poursuivre l’exercice dans tous les budgets à venir.

Une ACS permet de « mieux adapter la conception et l’exécution des programmes du gouvernement », et Ottawa espère ainsi relever « la barre en matière d’ouverture et de transparence ».

Le budget souligne une dizaine de mesures à l’égard des défis associés aux sexes, dont l’Allocation canadienne pour enfants et des investissements dans l’apprentissage et la garde des jeunes enfants.

« Je crois que ça mérite des félicitations. Avoir implanté l’analyse comparative entre les sexes dans un budget, c’est plutôt historique, a dit au Devoir Kate McInturff, chercheuse senior au Centre canadien de politiques alternatives.

« On y trouve plus d’analyses que je pensais, c’est un bon début. L’analyse comparative entre les sexes, c’est quelque chose que plusieurs organismes en dehors du gouvernement fédéral ont fait depuis un bon bout de temps, alors c’est bien de voir Ottawa faire ça. Et je pense que ça va avoir un impact réel sur les femmes au fur et à mesure qu’ils vont réfléchir leurs politiques avec cette grille. »

Mais Mme McInturff n’a pas que des fleurs pour ce budget Trudeau. Elle souligne d’abord que ce sont les mesures de 2016 qui sont le plus analysées, et déplore ensuite que les femmes soient absentes du grand portrait économique. « Quand le gouvernement parle des grands secteurs où il compte investir pour stimuler la croissance, la majorité de ceux-ci engagent surtout des hommes, explique Mme McInturff.

L’idée n’est pas de ne pas investir dans ces secteurs, mais on n’a pas vu d’investissements équivalents dans les secteurs à prédominance féminine. » La chercheuse souligne également que ce budget n’intègre pas tout à fait la notion que les femmes ne travaillent pas le même nombre d’heures que les hommes, qu’elles n’ont pas les mêmes types d’emplois et le même salaire que les hommes. Elle ajoute du même souffle que les emplois créés par le gouvernement dans le domaine de la petite enfance sont souvent des emplois peu rémunérés, voire sous le seuil de la pauvreté.« Ce n’est pas encore là dans le portrait global. »

In vitro pour gais et parents célibataires

Les couples de même sexe et les parents sans conjoint auront droit eux aussi, à compter de cette année, à un crédit d’impôt s’ils ont recours à la procréation assistée. Plus besoin de démontrer que la fécondation in vitro ou l’insémination artificielle leur est nécessaire en raison d’une infertilité médicale. Ils pourront à leur tour avoir recours au crédit d’impôt de 15% sur leurs frais médicaux au-delà de 2270$ ou 3% de leur revenu net. Le Devoir

1 commentaire
  • Philippe Hébert - Abonné 23 mars 2017 13 h 17

    parents célibataires ???

    Mon commentaire va probablement sucité beaucoup de réaction, et vu la très grande suceptibilité de mon peuple québécois, je désire présicer à l'agence que ce n'est pas ici pour pointer du doigt, ou réducteur, ou machisme envers les femmes. C'est un commentaire sur le côté financier et pragmatique de la chose.

    "Les couples de même sexe et les parents sans conjoint auront droit eux aussi, à compter de cette année, à un crédit d’impôt s’ils ont recours à la procréation assistée."

    Quelqu'un peut m'expliquer ce qu'est un parent célibataire qui désire avoir un enfant? On parle d'une femme qui veut un enfant à tout prit sans avoir de relation de couple? On parle d'une femme ayant déjà des enfants et désirant en avoir un de plus, mais sans retourner en couple? Ou encore, une femme célibataire ne désirant pas être en couple et ayant beaucoup d'argent?

    Dans notre société on ne peut pas faire de discrimination sur la base du revenu d'une personne. Si on est pour offrir un crédit d'impôt aux femmes qui désirent avoir un enfant sans avoir de conjoint(e), on ne peut donc pas s'assurer qu'elles ont les reins financiers suffisement solides. Il n'y a pas de conjoint(e) pour aider dans les finances, et il n'y a pas de panssion alimentaire non plus si le conjoint(e) se pousse.

    Les centres jeunesses débordent de jeunes qui ont besoin de parents qui les aime, pourquoi ne pas en adopter un plutôt que de s'en manufacturer un. Si l'on veut absolument un enfant avec notre génétique, mais qu'on ne veut pas partager sa vie avec quelqu'un pour l'élever, on est dans l'égoïsme et l'individualisme à un tout autre niveau.

    Notre société de consommation individualiste est rendue là? Si oui, légalisons les mères porteuses ainsi que la vente d'ovule et de sperme.