Le ministre Morneau dépose un budget frugal

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau

Après la valse des milliards, place à la retenue. Que doit-on retenir du budget 2017-2018 déposé mercredi par le ministre des Finances, Bill Morneau ? La réponse en sept points.

1. Le déficit se creuse
Le deuxième budget du gouvernement Trudeau ne prévoit pas de retour à l’équilibre budgétaire dans les cinq prochaines années.

Ottawa anticipe aujourd’hui un déficit de 28,5 milliards de dollars pour l’exercice financier 2017-2018, alors qu’il prévoyait un solde négatif de 27,8 milliards lors de la mise à jour économique de novembre dernier. Pour 2021-2022, la prévision la plus lointaine, le déficit devrait reculer à 18,8 milliards, davantage que les 14,6 milliards estimés lors de la mise à jour de l’automne.



Quant à la dette fédérale, elle devrait se situer en légère baisse, à 31,5 % du PIB.
  À partir de 2017-2018, chaque budget comprend un montant de 3 milliards de dollars pour tenir compte de l’incertitude des prévisions économiques et budgétaires.

2. Peu d’argent frais
Plusieurs mesures budgétaires bénéficient de sommes déjà annoncées dans le budget 2016-2017, de sorte que seulement 5,1 milliards de dollars sur six ans constituent de l'« argent frais ».

Parmi les secteurs qui recevront une importante part de ces nouvelles dépenses, on compte notamment les peuples autochtones et les vétérans.
 
3. Du nouveau pour les familles
Ottawa instaure des changements aux prestations parentales d’assurance-emploi pour offrir la possibilité de toucher 33 % de son salaire pendant 18 mois, plutôt que 55 % de ses revenus pendant 12 mois.

Les prestations de maternité pourront quant à elles s’échelonner sur douze semaines plutôt que huit, une mesure qui devrait coûter 43,1 millions de dollars sur cinq ans dès cette année, et 9,2 millions annuellement par la suite.

Le budget 2017-2018 crée par ailleurs une nouvelle prestation à l’intention des proches aidants plus flexible, qui peut atteindre 15 semaines.


4. Des fonds dilués en environnement
Le budget rappelle les pas franchis l’an dernier concernant la tarification du carbone, mais il dilue des fonds consacrés à la lutte contre les changements climatiques.

Le premier budget du ministre Morneau prévoyait 2,9 milliards sur cinq an, à partir de 2016-2017, pour lutter contre les changements climatiques et la pollution de l’air. De ce montant, 2 milliards devaient être dépensés sur deux ans à compter de cette année, pour établir le Fonds pour une économie à faibles émissions de carbone. Cette somme sera plutôt étalée sur cinq ans.


5. Une volonté d’innover
Le gouvernement Trudeau consacre une bonne partie de son budget à détailler sa vision de l’innovation et des moyens que l’économie canadienne doit prendre pour faire face aux changements technologiques.

Les intentions d’Ottawa sont nombreuses, mais pas les nouveaux fonds. Le Plan pour l’innovation et les compétences du Canada vise notamment à faire doubler d’ici 2025 le nombre d’entreprises canadiennes à forte croissance dans l’industrie numérique ou les technologies propres.

Le budget met l’accent sur la formation continue des travailleurs et propose d’instaurer la plateforme Innovation Canada, qui deviendrait à terme un guichet unique pour permettre aux entreprises d’avoir accès aux programmes de soutien. Entre temps, le gouvernement veut entamer un « examen pangouvernemental des programmes d’innovation en entreprise ».


6. De grands absents
Plusieurs rumeurs entourant ce budget se sont avérées non fondées. Il n’y aura pas d’augmentation de la portion imposable du gain en capital, qui aurait pu passer de 50 % à 75 %. Le document budgétaire est avare de détails sur le fonctionnement de la Banque de l’infrastructure du Canada et il ne répond pas à la demande des PME qui espéraient une baisse d’impôts.

Difficile également de connaître le montant des dépenses militaires du Canada, au moment où Donald Trump met de la pression sur ses alliés pour délier les cordons de leur bourse. Le gouvernement indique qu’il déposera sous peu une nouvelle politique de défense, qui comprendra « un niveau d’investissement nécessaire pour redonner aux Forces armées canadiennes une position durable sur le plan des finances ».


7. Prévisions de croissance en baisse
Le gouvernement Trudeau révise légèrement à la baisse ses prévisions de croissance du PIB à 1,9 % pour 2017, alors qu’il misait sur une augmentation de 2,2 % dans son budget 2016. Ses attentes sont également abaissées de quelques points de pourcentage pour les années à venir.
 

1 commentaire
  • Marie Nobert - Abonnée 22 mars 2017 22 h 44

    Les finances «ludiques» !!!

    Ce qui a été présenté aujourd'hui n'est pas un «budget». Tout au plus, on pourrait dire que c'est une «farce»(!). Un attentisme «trompeur» (ouille!). M'enfin.

    JHS Baril