Les réfugiés bienfaiteurs de Snowden cognent à la porte du Canada

Les trois familles originaires du Sri Lanka et des Philippines sont sans le sou, mais ont tout à perdre depuis qu'elles sont venues en aide à Edward Snowden.
Photo: Friso Gentsch dpa/AP Les trois familles originaires du Sri Lanka et des Philippines sont sans le sou, mais ont tout à perdre depuis qu'elles sont venues en aide à Edward Snowden.

Menacés d’expulsion de Hong Kong pour avoir hébergé Edward Snowden, un groupe de réfugiés cogne à la porte d’Ottawa, dans l’espoir d’éviter l’expulsion vers leurs pays d’origine.

Leur rôle crucial a été révélé dans le Snowden d’Oliver Stone, film hollywoodien sur l’ancien employé de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA) qui, en 2013, a dévoilé d’un appartement anonyme de Hong Kong les détails de programmes de surveillance américains et britanniques. Trois familles, réfugiées du Sri Lanka et des Philippines, identifiées comme les « anges gardiens » de Snowden, sans le sou, mais ayant tout à perdre depuis que leur rôle dans cette affaire internationale est connu.

Depuis, leur situation ne cesse d’empirer. Elles ne peuvent travailler et sont persécutées autant par les autorités hongkongaises que par celles de leurs pays d’origine pour avoir hébergé le lanceur d’alerte, soutiennent leurs avocats, dont certains tenaient mercredi une conférence de presse à Montréal.

Le 9 mars, le ministère de l’Immigration de Hong Kong informait ces individus que leurs audiences d’expulsion auraient lieu de mercredi à vendredi, cette semaine. « Même si leurs demandes ont été déposées séparément, les avis de convocation les concernant ont tous été envoyés simultanément et les audiences ont toutes été fixées pour cette semaine », explique l’avocat Marc-André Séguin.

« Cela démontre une chose : nos clients sont spécifiquement visés par les autorités d’immigration de Hong Kong, qui tentent sciemment de les renvoyer dans leurs pays d’origine, où ils seront appréhendés, torturés ou tués. Il est clair que Hong Kong tente d’expulser nos clients de façon expéditive. »

Me Séguin affirme que ce cas est exceptionnel et nécessite une réponse tout aussi exceptionnelle d’Ottawa. Au cours des dernières semaines, les avocats des quatre réfugiés et de leurs trois enfants ont demandé au ministre de l’Immigration, M. Ahmed Hussen, d’accélérer le traitement des demandes. « Nous avons également demandé au ministre d’autoriser nos clients, de façon exceptionnelle, à venir au Canada en attendant le traitement de leur demande de réfugié », précise l’avocat.

Ils sont toujours en attente d’une réponse du gouvernement fédéral.

Par vidéoconférence de Hong Kong, l’une des demandeuses d’asile, Vanessa, a dit souhaiter que Justin Trudeau « ouvre son coeur » et étudie sérieusement cette demande. « Je sais que mon audience à Hong Kong va mener à notre expulsion vers les Philippines, où ma vie et celle de ma fille seront en danger. »

Le bureau du ministre Hussen s’est abstenu de tout commentaire, affirmant vouloir « protéger la vie privée » des demandeurs.

3 commentaires
  • Pierre Robineault - Abonné 22 mars 2017 17 h 35

    En attendant

    Qui veut parier sur la décision canadienne qui sera prise? Notre mon'onc Donald du pays d'en bas salive sûrement déjà. En attendant cette décision, il ne nous reste plus qu'à espérer, minimalement, que quelqu'un qui sait vraiment comment s'y prendre décide d'entrer en communication avec Oliver Stone pour l'informer des effets secondaires de ses révélations!

  • Jean Lefebvre - Inscrit 22 mars 2017 19 h 10

    Et ensuite?

    Il doit me manquer de l'information, mais où ira Snowden si ses bienfaiteurs quittent le pays et viennent au Canada.

    • Gilles St-Pierre - Abonné 22 mars 2017 22 h 10

      Edward Snowden n'est plus à Hong Kong et depuis juillet 2013 il a obtenu asile politique en Russie et est toujours inculpé d'espionnage et vol par nos voisins du Sud.